CENDRARSBLAISE (1887-1961). Écrit par Yvette BOZON-SCALZITTI ‱ 1 248 mots ‱ 1 mĂ©dia Blaise Cendrars (pseudonyme de FrĂ©dĂ©ric Sauser-Hall), nĂ© Ă  La Chaux-de-Fonds (Suisse), mort Ă  Paris, est l'Ă©crivain victime de la lĂ©gende qu'il a lui-mĂȘme créée et que ses amis, ses critiques ont enrichie : lĂ©gende de l'homme d'action, de l'aventurier Ă©pris de la vie, et de la vie dangereuse

Download Free PDFDownload Free PDFDownload Free PDF2017Raluca BatranuThis PaperA short summary of this paper37 Full PDFs related to this paperDownloadPDF PackPeople also downloaded these PDFsPeople also downloaded these free PDFsPeople also downloaded these free PDFsLe pouvoir symbolique de la littĂ©rature une exception française ?, ConfĂ©rence Ă  l'universitĂ© de Barcelone, Joseph JurtDownload Free PDFView PDFGenĂšse de la ville imaginaire. Paris au XVIIIe et au XIXe siĂšcleby MICHEL CONDÉDownload Free PDFView PDFCe corps qui n’est pas soi nihilisme, dualisme et autofiction chez Nelly Arcanby Melissa TheriaultDownload Free PDFView PDFL’homme et ses passions aux XIXe, XXe et XXIe siĂšclesby Pierre GlaudesDownload Free PDFView PDFProses du mondeby Nelly WolfDownload Free PDFView PDFNo future forever. L’interartialitĂ© et l’intermĂ©dialitĂ© post-punk dans le roman français contemporainby Eva VoldƙichovĂĄ BerĂĄnkovĂĄDownload Free PDFView PDFLes Annees 80 et L'Epanouissement De L'Autofiction Annie Ernaux et Aliiby Francisca Romeral RoselDownload Free PDFView PDFLe pouvoir symbolique de la littĂ©rature une exception française ?, in Interfaces [Rio de Janeiro], n° 23, vol. II, juillet-dĂ©cembre 2015, p. Joseph JurtDownload Free PDFView PDF Promenades et flĂąneries Ă  Paris du XVIIe au XXIe siĂšcles la marche comme construction d’une identitĂ© urbaine », Marcher en ville. Faire corps, prendre corps, donner corps aux ambiances urbaines. sous la direction de Rachel Thomas, Paris, Ed. des Archives Contemporaines, 2010, p. Laurent TurcotDownload Free PDFView PDFRELATED PAPERSQuelques aventures de l’ekphrasis dans la littĂ©rature contemporaineby Alexandra Vranceanu PagliardiniDownload Free PDFView FLUP 15-18 mars Organisationby fĂĄtima outeirinhoDownload Free PDFView PDFPromenades et flĂąneries Ă  Paris du XVIIIe au XXIe siĂšcles. La marche comme construction d'une identitĂ© urbaine», Marcher en ville. Faire corps, prendre corps, donner corps aux ambiances urbaines. sous la direction de Rachel Thomas, Paris, Ed. des Archives Contemporaines, 2010, p. Laurent TurcotDownload Free PDFView PDFPoĂšme en prose et conte poĂ©tique dans La Jeune Belgique 1881-1897 et La Wallonie 1886-1892by Giuseppe FondacaroDownload Free PDFView PDFBourdieu, vingt ans aprĂšs que reste-t-il des 'RĂšgles de l'art' ?, ConfĂ©rence, SociĂ©tĂ© d'Etudes de BĂąle, 1er Octobre Joseph JurtDownload Free PDFView PDFL'Ă©crivain et les mĂ©diasby David MartensDownload Free PDFView PDFA travers champs. Pour une sociologie de la production culturelle. ConfĂ©rence d'ouverture du IVe SĂ©minaire Interntional de sociologie de culture, ffch, UniversitĂ© de SĂŁo Paulo, 9 dĂ©cembre 2019by Joseph JurtDownload Free PDFView PDFÉcrivains. Modes d’emploi. De Voltaire Ă  bleuOrange revue hypermĂ©diatique, 2012by MusĂ©e royal de MariemontDownload Free PDFView PDF"Chacun de nous est un desert" Ruth Amarby Ruth AmarDownload Free PDFView PDFAu risque du mĂ©tatexte Formes et enjeux de l’autocommentaire littĂ©raireby Genevieve De ViveirosDownload Free PDFView PDF"Au risque du mĂ©tatexte. Formes et enjeux de l’autocommentaire littĂ©raire" avec GeneviĂšve De Viveiros, n° 15 - fĂ©vrier 2015, InterfĂ©rences littĂ©raires texte original d'auteur/preprintby Karin SchwerdtnerDownload Free PDFView PDFLittĂ©rature et sociologie - Sociologie et littĂ©rature de Balzac Ă  Bourdieu, in C. Bastien, S. Borja, D. Naegel Ă©d., Le Raisonnement sociologique Ă  l'ouvrage. Paris, L'Harmattan, 2010, Joseph JurtDownload Free PDFView PDFLois et punitions dans le monde absurde de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perecby Jisa SimonaDownload Free PDFView PDFLA CRITIQUE LITTERAIREby MĂ©gane GraoDownload Free PDFView PDF Petit essai de littĂ©rature appliquĂ©e Ă  l’idĂ©ologie avec Romain Gary », LittĂ©ratures, Les irrĂ©guliers, un autre aprĂšs-guerre », n° 70, 2014, p. Maxime DecoutDownload Free PDFView PDF"Plus immuable et lourd qu'une colonne de diamant" Leopardi entre la noia e l'otiumby Cosetta VeroneseDownload Free PDFView PDFLa poĂ©sie francophone selon Senghorby Adou BouateninDownload Free PDFView PDFUNIVERSITÉ BORDEAUX III – MICHEL DE MONTAIGNE ÉCOLE DOCTORALE MONTAIGNE-HUMANITÉS » THÈSE DE DOCTORAT Le Jeu des objets dans le roman français contemporain Une expĂ©rience de la quotidiennetĂ©by Florence BouchyDownload Free PDFView PDFLe contexte de l OL 1993 page 041by ilyes MeghlaouiDownload Free PDFView PDFLa transmission autobiographique de Simone de Beauvoir une Ă©criture du fĂ©minin entre singulier et universelby Manon PalmaDownload Free PDFView PDF L’immoralitĂ© littĂ©raire et ses juges problĂšmes et perspectives », L’ImmoralitĂ© littĂ©raire et ses juges, dir. Jean-Baptiste Amadieu, Jean-Charles Darmon et Philippe Desan, Paris, Hermann, Des morales et des Ɠuvres, 2019, p. Jean-Baptiste AmadieuDownload Free PDFView PDFElena PRUSby petronela manicaDownload Free PDFView PDFDe l'homme hyperbolique au texte impossible théùtralitĂ©, théùtres, Ă©bauches de piĂšces chez Baudelaireby Ioan Pop-CurßeuDownload Free PDFView PDFMetamorphoses des roles et des statuts par les ecritures femininesby Cecile GouardDownload Free PDFView PDFZola et ses rĂ©seaux l'Ă©crivain entre le champ artistique et le champ scientifique, in Cahiers d'Histoire des LittĂ©ratures Romanes, t. 40, 1-4, 2016, p. 127-148by Joseph JurtDownload Free PDFView PDFLa culture ne s'hĂ©rite pas elle se conquiertby ilyes MeghlaouiDownload Free PDFView PDFEthos d'une transfuge intellectuelle prĂ©sentation de soi dans L’écriture comme un couteau et Les annĂ©es d’Annie Ernauxby BĂ©atrice Lefebvre-CĂŽtĂ©Download Free PDFView PDFJean Cortot. La lettre et le pinceauby Bruno LigoreDownload Free PDFView PDFPanoramas et ,romans vrais de la sociĂ©tĂ© formes et stratĂ©gies de la reprĂ©sentation sociale en France XIXe-XXIe siĂšcle, in Itineraires [En ligne], 3/2017, Robert LukendaDownload Free PDFView PDFPanoramas et romans vrais » de la sociĂ©tĂ© formes et stratĂ©gies de la reprĂ©sentation sociale en France xixe-xxiby Robert LukendaDownload Free PDFView PDFTrains de vies » cycle et collections biographiques dans les annĂ©es 1930by Alexandre GefenDownload Free PDFView PDF2 Auteur / Abdelghani EL HIMANI Titre Jean giraudoux nĂ©o-romantisme ou nouvelle modernitĂ© Publication FacultĂ© des Lettres et des Sciences Humaines SaĂŻs- FĂšs SĂ©rie ThĂšses et monographies Mots clĂ©sby Abdelghani El HimaniDownload Free PDFView PDFDe l'homme de la rue aux rues de l'homme. RĂ©tif de la Bretonne et la manie de l' Christian GaldĂłnDownload Free PDFView PDF"Introduction" Ă  Balzac contemporainby Chantal MassolDownload Free PDFView PDFChamp littĂ©raire et champ artistique en France 1880-1900, in Terceira Margem [Rio de Janeiro], ano VII, n° 8, 2003, p. Joseph JurtDownload Free PDFView PDFLe texte des origines GĂ©rard MacĂ©by Alexandre GefenDownload Free PDFView PDFL’EPANCHEMENT DU SONGE DANS LA VIE REELLE DANS AURELIA DE GERARD DE NERVALby Fuat BoyacioğluDownload Free PDFView PDFLe gentil rĂ©cit littĂ©raire et le grand mĂ©chant storytelling anatomie d’un conte contemporainby RaphaĂ«lle GuidĂ©eDownload Free PDFView PDFLa transgression entre recherche de la vĂ©ritĂ© et punition dans le roman L’attentat de Yasmina Khadraby Jisa SimonaDownload Free PDFView PDFLa GenĂšse sociale de l'individualisme romantiqueby MICHEL CONDÉDownload Free PDFView PDFUNITÉ 1 Le XIX e siĂšcle – approche globaleby Diana GeorgianaDownload Free PDFView PDF

19Dans la sociĂ©tĂ© moderne oĂč « l’ennemi c’est la sociĂ©tĂ© du spectacle, c’est-Ă -dire la sociĂ©tĂ© marchande, la sociĂ©tĂ© asservissant l’homme Ă  la marchandise, le coupant de toute possibilitĂ© de vĂ©cu et de communication authentiques et remplaçant prĂ©cisĂ©ment ceux-ci par le spectacle, cocktail d’apparences, de mensonges, d’aliĂ©nation et de pseudo-communication, voile
Les premiĂšres biographies remontent Ă  l’antiquitĂ©. Les souverains de l'ancienne Égypte, de l'Assyrie et de Babylone faisaient graver leurs hauts faits dans la pierre ou dans l'argile. L'Ancien Testament comporte aussi de nombreux rĂ©sumĂ©s de vies de personnages connus comme les patriarches et de prophĂštes. Dans le monde grĂ©co-romain, les biographies d'hommes cĂ©lĂšbres servent d'exemple, de modĂšle pour faire l'Ă©loge des qualitĂ©s et montrer les vertus utiles pour la sociĂ©tĂ©. Jusqu'au milieu du XVIIe siĂšcle, dans la culture occidentale, la biographie est le plus souvent commĂ©morative, et racontent la vie exemplaire des hĂ©ros et des saints, martyrs et pĂšres de l'Église. De nos jours, les biographies, parfois romancĂ©es, sont des ouvrages dans lesquels le rĂ©cit de la vie d’un personnage historique cĂ©lĂšbre va de pair avec la volontĂ© de reconstituer une Ă©poque. Longtemps cantonnĂ©es aux grands hommes de l'histoire du monde, le genre biographique accorde dĂ©sormais une place aux femmes cĂ©lĂšbres, ainsi qu’aux artistes, aux scientifiques, aux musiciens, aux auteurs .. . LĂ©onard de Vinci 1452-1519 est un artiste et humaniste italien de la Renaissance, qui Ă©tait Ă  la fois peintre, dessinateur, sculpteur, architecte, mais Ă©galement un inventeur de gĂ©nie. Son Ɠuvre la plus connue est La Joconde », un tableau exposĂ© au musĂ©e du Louvre. Outre les peintures oĂč ce grand artiste voulait reproduire la nature comme il la ressentait et les individus vrais » dans une atmosphĂšre harmonieuse, il s’est exercĂ© dans des domaines aussi divers que l’anatomie, la mĂ©canique, la science, la botanique, le vol des avions, machines de guerre et ouvre la voie Ă  Copernic et GalilĂ©e pour la gravitation, le scintillement des Ă©toiles et le mouvement de la terre. A la fin de sa vie, LĂ©onard de Vinci se rend en France ou il est accueilli par le roi François Ier, qui l'installe au Clos-LucĂ©, tout prĂšs du chĂąteau d’Amboise. LĂ©onard de Vinci, biographie d'un gĂ©nie de la Renaissance De son vrai nom Caius Julius Caesar Octavius, Auguste est le premier et le plus cĂ©lĂšbre des empereurs romains. Lorsque son oncle Jules CĂ©sar meurt en 44 avant Octave entame une longue lutte politique afin d’accĂ©der au pouvoir. En 31 avant il gagne la bataille navale d’Actium contre ses principaux rivaux Marc Antoine et la reine ClĂ©opĂątre d’Égypte. De retour Ă  Rome, Octave met en place les bases d’un nouveau rĂ©gime en 27 avant le principat. DĂ©sormais appelĂ© Auguste, il cumule peu Ă  peu l’ensemble des pouvoirs, fondant ainsi les bases de l’Empire romain. MarquĂ©e par la paix et la prospĂ©ritĂ© dans le domaine des arts, sa pĂ©riode de rĂšgne est appelĂ©e le siĂšcle d’Auguste » et sera considĂ©rĂ© comme l'Ăąge d'or du classicisme romain. Octave Auguste, le premier empereur romain Personnage singulier, Talleyrand 1754-1838 est un diplomate et homme d'État français de la RĂ©volution et de la pĂ©riode napolĂ©onienne. ÉvĂȘque d'Autun, dĂ©putĂ© aux États gĂ©nĂ©raux et Ă  l’AssemblĂ©e constituante 1789, il est ensuite ministre des Relations extĂ©rieures du Directoire, puis du Consulat et de l'Empire 1797-1807 ; il inspire notamment le traitĂ© de LunĂ©ville, le Concordat, la paix d'Amiens et le traitĂ© de Presbourg. Grand chambellan d'Empire et prince de BĂ©nĂ©vent, il quitte les Affaires Ă©trangĂšres parce qu'il est opposĂ© Ă  la rupture avec l'Autriche. Vice-Grand Électeur, il est disgraciĂ© en 1809. Chef du gouvernement provisoire le 1er avril 1814, il est ministre des Affaires Ă©trangĂšres sous la premiĂšre Restauration et joue un rĂŽle essentiel au congrĂšs de Vienne 1814-15. Talleyrand, diplomate et prince d'Empire - Biographie Le cardinal de Mazarin 1602-1661 a Ă©tĂ© le principal ministre de la rĂ©gente Anne d’autriche durant les premiĂšres annĂ©es du rĂšgne de Louis XIV. À la mort de Louis XIII, en 1643, il devient le tuteur du jeune monarque, alors ĂągĂ© de cinq ans. AuprĂšs de la rĂ©gente Anne d’Autriche, qui le nomme principal ministre, il dirige les affaires du royaume durant la minoritĂ© du roi. Il doit faire face Ă  plusieurs rĂ©voltes, la plus dangereuse Ă©tant la Fronde menĂ©e par les princes du royaume, entre 1648 et 1653. RenforcĂ© dans son pouvoir, il demeure le principal conseiller de Louis XIV aprĂšs son couronnement, en 1654, et organise son mariage avec l’infante d’Espagne, Marie-ThĂ©rĂšse d’Autriche. Mazarin dĂ©cĂšde en 1661, laissant derriĂšre lui une immense fortune. Mazarin, l'Ă©minence grise d'Anne d'Autriche PĂ©riclĂšs v. 495-429 av. est un homme politique et stratĂšge athĂ©nien de la GrĂšce antique. Réélu stratĂšge sans interruption entre 443 et 431 av. PĂ©riclĂšs est la figure marquante de l'AthĂšnes du Ve siĂšcle et donne son nom Ă  cette fastueuse pĂ©riode. Dans la citĂ©, qui domine politiquement toute la GrĂšce, la dĂ©mocratie fonctionne pleinement, les plus grands artistes et philosophes y sont prĂ©sents. De plus, avec le trĂ©sor de la ligue de DĂ©los, AthĂšnes s'offre de somptueuses constructions, comme le ParthĂ©non, qui font de la citĂ© la plus belle ville de l'AntiquitĂ©. Il meurt en - 429 de la peste, alors que sa citĂ© est assiĂ©gĂ©e par Sparte au cours de la Guerre du PĂ©loponnĂšse. PĂ©riclĂšs, le champion de la dĂ©mocratie athĂ©nienne Ivan IV le Terrible 1530-1584, grand prince de Moscou et tsar de Russie est l'un des fondateurs de l'État russe. Il est un des souverains russes les plus cĂ©lĂšbres en Occident avec Pierre Le Grand, Catherine II et Nicolas II. Si ces derniers sont connus pour leurs rĂ©formes ou pour leur sort funeste dans le cas du dernier Romanov, Ivan Le Terrible Ă©voque un rĂšgne violent mais en dĂ©finitive assez obscur pour le grand public. En effet, le rĂšgne d'Ivan aprĂšs 1560 est plus connu pour le comportement fantasque et la brutalitĂ© gratuite dont il fit maintes fois preuve que pour son habilitĂ© politique. Le tyran russe a Ă©tĂ© immortalisĂ© au cinĂ©ma dans un cĂ©lĂšbre film de SergueĂŻ Eisenstein 1942-1946. Ivan le Terrible, tsar de Russie Roi d'Angleterre de 1509 Ă  1547, Henri VIII est surtout connu pour ses rapports compliquĂ©s avec ses Ă©pouses, puisqu’il en a fait exĂ©cuter deux, et que l’annulation de son premier mariage est Ă  l’origine du schisme avec Rome. NĂ©anmoins, Henri VIII fut aussi le roi d’une Angleterre ayant eu la volontĂ© de se poser en arbitre dans la lutte entre Charles Quint et François Ier dans le contexte, dĂ©cisif pour l’Europe, de la RĂ©forme. La crise avec Rome allait amener Ă  la crĂ©ation de l’anglicanisme, entĂ©rinĂ© sous le rĂšgne de la fille d’Henri VIII, Elisabeth Ire. Enfin c'est sous son rĂšgne que dĂ©buta l'expansion de la marine britannique. Henri VIII, roi d'Angleterre 1509-1547 Abraham Lincoln 1809-1865 est un homme d’État amĂ©ricain et seiziĂšme prĂ©sident des États-Unis de 1861 Ă  1865. L'Ă©lection Ă  la prĂ©sidence de ce dĂ©putĂ© rĂ©publicain et antiesclavagiste militant provoque la sĂ©cession des États du Sud, qui crĂ©ent en fĂ©vrier 1861 les États confĂ©dĂ©rĂ©s d’AmĂ©rique. C’est le dĂ©but de la guerre de SĂ©cession, qui oppose jusqu’en 1865 les nordistes et les sudistes. Sans attendre la fin du conflit, Abraham Lincoln entame le processus d’émancipation des esclaves et le 31 janvier 1865, un amendement antiesclavagiste est intĂ©grĂ© Ă  la Constitution amĂ©ricaine. Réélu prĂ©sident, Abraham Lincoln est assassinĂ© le 14 avril 1865 par un opposant sudiste. Abraham Lincoln, prĂ©sident des Etats-Unis 1861-1865 Catherine II la Grande a Ă©tĂ© impĂ©ratrice de Russie de 1762 Ă  1796. S’installant sur le trĂŽne Ă  la suite d’un coup d’État contre son Ă©poux le tsar Pierre III, elle poursuit le processus d’occidentalisation de la Russie entamĂ© par Pierre le Grand. Despote Ă©clairĂ© » aux mĂ©thodes autoritaires, correspondant avec les philosophes des LumiĂšres, elle agrandit son empire aux dĂ©pens des Turcs et des Polonais, et rĂ©forme l’administration. Son long rĂšgne 34 ans est marquĂ© par le rayonnement culturel de la Russie dans toute l'Europe, mais aussi par un rĂ©el durcissement politique Ă  l'intĂ©rieur du pays. Catherine La Grande dira un jour Je laisse Ă  la postĂ©ritĂ© de juger impartialement ce que j'ai fait ». Catherine II, impĂ©ratrice de toutes les Russies Grande figure de la IIIe rĂ©publique, Georges Clemenceau 1841-1929 est un homme politique français qui a connu une carriĂšre politique d’une longĂ©vitĂ© exceptionnelle. Maniant avec talent la rhĂ©torique et non dĂ©nuĂ© d’humour, celui qui sera surnommĂ© le Tigre » puis le PĂšre la victoire » dĂ©fendait avec fougue sa vision de la sociĂ©tĂ©, combinaison de justice sociale et d’ordre rĂ©publicain. A la tĂȘte du gouvernement dans la derniĂšre phase de la PremiĂšre Guerre Mondiale, il conduit avec intransigeance une politique visant Ă  gagner la guerre pour gagner la paix ». Il jouera un rĂŽle dĂ©terminant dans les nĂ©gociations qui aboutiront au traitĂ© de Versailles. Georges Clemenceau biographie du PĂšre la Victoire Prince de la Renaissance italienne, Laurent de MĂ©dicis surnommĂ© Laurent le Magnifique a gouvernĂ© la rĂ©publique de Florence de 1469 Ă  1492. Issu d’une famille de riches banquiers, les MĂ©dicis, Laurent succĂšde en 1469 Ă  son pĂšre Ă  la tĂȘte de cette citĂ©-État » et rĂ©ussit Ă  faire de Florence le plus puissant des États italiens. PoĂšte de grand talent, mĂ©cĂšne et protecteur des arts et des lettres, il a attirĂ© Ă  sa cour les plus grands artistes de l'Ă©poque, comme Sandro Botticelli ou Michel-Ange. Avec d’autres, comme le duc d’Urbino Federico da Montefeltro, il reprĂ©sente bien le type du prince italien intĂ©ressĂ© par les arts, et qui a permis – avec les artistes eux mĂȘmes- l’explosion artistique qui a menĂ© Ă  la Renaissance. Laurent de MĂ©dicis, dit le Magnifique Winston Churchill 1874-1965 est un homme d’État britannique qui a Ă©tĂ© Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 Ă  1945 en pleine Seconde Guerre mondiale et Ă  nouveau de 1951 Ă  1955. Figure atypique de la vie politique britannique, Churchill a connu une carriĂšre d’une exceptionnelle longĂ©vitĂ©. DĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1930, il considĂšre la montĂ©e du nazisme en Allemagne comme une menace pour l’Europe. Premier ministre entre 1940 et 1945, il a Ă©tĂ© l'un des principaux artisans de la rĂ©sistance du Royaume-Uni et de la victoire des AlliĂ©s contre l'Axe. AprĂšs-guerre, Winston Churchill est l’inventeur en 1946 de l’expression rideau de fer », qui marque l’entrĂ©e dans la pĂ©riode de la guerre froide. Winston Churchill - Biographie Jean-Baptiste Colbert 1619-1683 a Ă©tĂ© l'un des plus importants ministres de Louis XIV. RecommandĂ© par le cardinal Mazarin, Colbert devient rapidement l’un des principaux conseillers du jeune roi. En 1665, aprĂšs avoir participĂ© Ă  la chute de Nicolas Fouquet, il devient Ă  son tour le surintendant des Finances. Promoteur des manufactures royales et des compagnies de commerce, il exerça aussi son influence sur la politique intĂ©rieure et extĂ©rieure du Roi Soleil. Plus illustre des grands commis de l'Etat, Colbert a non seulement marquĂ© son temps sous Louis XIV, mais aussi laissĂ© une empreinte durable sur la politique française, au point de donner son nom Ă  une doctrine le colbertisme, mĂ©lange de protectionnisme et d'intervention de l'Etat dans l'Ă©conomie. Colbert, le puissant ministre de Louis XIV Premier des ministres de Louis XIII de 1624 Ă  1642, le Cardinal de Richelieu occupe une place Ă©minente au sein du panthĂ©on des grands hommes d’état français. Il aura prĂ©sidĂ©, aux cĂŽtĂ©s du roi avec lequel il formera un duo politique mĂ©morable, au grand retour de la France sur la scĂšne internationale aprĂšs les saignĂ©es des guerres de Religion. En accord avec le souverain, Richelieu intervient dans tous les domaines de la vie politique, rĂ©formant les finances, l'armĂ©e, la lĂ©gislation et encourageant le commerce. À sa mort, en 1642, le cardinal n’est pas trĂšs populaire. Souvent perçu comme un apĂŽtre de la raison d’état, il aura incarnĂ© avec talent le projet de renforcement de l’autoritĂ© monarchique des Bourbons et posĂ© les bases de la grandeur du royaume de France au Grand siĂšcle. Le cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII - Biographie RĂ©sumĂ© Joseph Staline 1879-1953 est un homme politique et dirigeant soviĂ©tique qui a dominĂ© Ă  partir de 1924 la vie politique de l’URSS, occupant le pouvoir jusqu'Ă  sa mort en 1953. Par son poids politique et militaire, il fit de l'URSS la seconde puissance mondiale et son action eut une influence dĂ©terminante sur l'expansion territoriale du modĂšle communiste, en particulier en Europe de l'Est. L'homme de fer » fascine aujourd'hui autant qu'il inspirait hier la peur, le mĂ©pris...et l'idolĂątrie. Personnage incontournable de l'histoire contemporaine, les erreurs et les excĂšs du tyran rouge » ont largement contribuĂ© au discrĂ©dit ultĂ©rieur du modĂšle communiste. Joseph Staline, le tyran rouge - Biographie Jules CĂ©sar vers 100-44 avant est un gĂ©nĂ©ral et un homme d’État de la Rome antique. Devenu consul en -59, il s’engage dans la guerre des Gaules et bat VercingĂ©torix lors du siĂšge d’AlĂ©sia, en 52 avant Quatre ans plus tard, Jules CĂ©sar franchit le Rubicon et marche sur Rome avec son armĂ©e. AprĂšs avoir dĂ©fait son rival PompĂ©e, il se fait nommer dictateur. Concentrant la plupart des magistratures civiles et dĂ©sormais seul aux commandes de la Rome, il entreprend de profondes rĂ©formes qui lui assurent des pouvoirs de plus en plus importants et annoncent l'instauration de l'Empire. Il meurt assassinĂ© par un groupe de sĂ©nateurs le 15 mars -44 lors des Ides de mars. Il a laissĂ© les fameux commentaires sur la guerre des Gaules, qui constituent une source historiographique inestimable. Jules CĂ©sar, gĂ©nĂ©ral et dictateur romain - Biographie Fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn, Élisabeth I est reine d’Angleterre et d'Irlande de 1558 Ă  1603. Elle succĂšde Ă  sa demi-soeur Marie et sera la derniĂšre reprĂ©sentante de la maison Tudor. SurnommĂ©e parfois la reine vierge », elle a longtemps bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une image trĂšs positive, Ă©tant considĂ©rĂ©e comme la plus grande reine de l’histoire de l’Angleterre, et l’un de ses plus grands souverains. L’ùre Ă©lisabĂ©thaine est en effet une pĂ©riode exceptionnellement brillante dans l’histoire de l’Angleterre et correspond Ă  une Ă©poque d’intense activitĂ© artistique et littĂ©raire. Le rĂšgne d’Élisabeth Ire voit aussi l’expansion de l’industrie et du commerce, avec la crĂ©ation de la Bourse de Londres 1566 et la fondation de nombreuses compagnies Ă  charte, notamment la Compagnie des Indes orientales. Élisabeth I, reine d'Angleterre 1558-1603 John Fitzgerald Kennedy Ă©tait un homme politique amĂ©ricain originaire du Massachusetts et membre du parti dĂ©mocrate. Elu en 1960 d'une courte majoritĂ© face au rĂ©publicain Richard Nixon, il devient Ă  43 ans le plus jeune prĂ©sident des États-Unis. Kennedy lutte pour plus de justice sociale et propose une sĂ©rie de lois assurant aux Noirs amĂ©ricains davantage d’égalitĂ©. Alors que les crises avec l’Union soviĂ©tique s’aggravent, Il souhaite la fin de la guerre froide. ParallĂšlement, il se montre mĂ©fiant face Ă  la montĂ©e des rĂ©gimes communistes et envoie 16 000 hommes dans le ViĂȘt Nam du Sud. Son assassinat Ă  Dallas le 22 novembre 1963 choquera profondĂ©ment les Etats-Unis, confĂ©rant Ă  sa principale victime le statut d'un symbole, celui d'une Ăšre de prospĂ©ritĂ© et d'optimisme, maniĂšre d'Ăąge d'or prĂ©cĂ©dant les annĂ©es noires de la guerre du Vietnam. John F. Kennedy, prĂ©sident des Etats-Unis 1961-1963 HonorĂ©-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, est un Ă©crivain et une figure politique du dĂ©but de la RĂ©volution française. AprĂšs une jeunesse tumultueuse marquĂ©e par des frasques amoureuses, il est Ă©lu, bien que noble, comme dĂ©putĂ© du Tiers Ă©tat en 1789. Il s'imposa radidement par son Ă©loquence et tentera d'imposer le principe d'une monarchie constitutionnelle sur le modĂšle anglais, avec un partage des pouvoirs entre le roi et l'AssemblĂ©e. Suscitant la mĂ©fiance des dĂ©putĂ©s, il devient pourtant prĂ©sident de l’AssemblĂ©e constituante, mais ne sera guĂšre Ă©coutĂ© par le roi Louis XVI qui payait pourtant grassement ses conseils. Mirabeau, le brillant orateur de la RĂ©volution Jules Ferry 1832-1893 est un homme politique français de la IIIe RĂ©publique, favorable aux idĂ©es rĂ©publicaines hĂ©ritĂ©es de la RĂ©volution française. Ministre de l'Instruction publique durant la IIIe RĂ©publique française, il a fait voter plusieurs lois scolaires entre 1879 et 1882 qui ont instaurĂ© pour la premiĂšre fois en France l'obligation, la gratuitĂ© et la laĂŻcitĂ© scolaires. Jules Ferry est aussi le promoteur de lois aux consĂ©quences fondamentales sur la vie politique et les institutions françaises, puisqu’elles Ă©tablissent la libertĂ© rĂ©publicaine libertĂ© de rĂ©union, libertĂ© de la presse et libertĂ© syndicale. Sa politique coloniale, notament la conquĂȘte du Tonkin, provoqua sa chute. Il restera l'archĂ©type de l’esprit rĂ©publicain et progressiste de la fin du XIXe siĂšcle. Jules Ferry, promoteur de l'Ă©cole rĂ©publicaine Nelson Mandela est un homme politique sud-africain, figure symbolique de la lutte contre l’apartheid. CondamnĂ© Ă  la prison Ă  perpĂ©tuitĂ© en 1964, il est libĂ©rĂ© en 1990 par le prĂ©sident Frederik De Klerk. Les deux hommes reçoivent ensemble le prix Nobel de la paix en 1993. En 1994, Nelson Mandela remporte l’élection prĂ©sidentielle et devient le premier prĂ©sident noir de l’Afrique du Sud 1994-1999. A la tĂȘte d'une nation arc-en-ciel, il est le dernier des gĂ©ants du XXe siĂšcle. AprĂšs la publication de ses MĂ©moires sous le titre Un long chemin vers la libertĂ©, il est devenu en 2005 ambassadeur de bonne volontĂ© de l’Unesco et, en 2006, ambassadeur de la conscience pour Amnesty international. Sa disparition en 2013 donne lieu Ă  des funĂ©railles de portĂ©e internationale. Nelson Mandela - Biographie Mustafa Kemal AtatĂŒrk est le fondateur et le premier prĂ©sident de la RĂ©publique de Turquie de 1923 Ă  1938. Au lendemain de l'humiliante dĂ©faite de l'Empire ottoman lors de la PremiĂšre Guerre mondiale, Mustafa Kemal crĂ©a un État moderne et laĂŻque, se servant de son prestige et de son charisme pour appliquer un vaste programme de rĂ©formes dans le cadre d'un rĂ©gime autoritaire. Le surnom d' AtatĂŒrk qui signifie pĂšre des Turcs lui fut donnĂ© en 1934 par le parlement turc en hommage Ă  son oeuvre politique en Turquie. Son hĂ©ritage est considĂ©rablement remis en cause par le gouvernement islamo-conservateur en place depuis 2003. AtatĂŒrk Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne RĂ©volutionnaire russe, LĂ©nine est l'un des dirigeants de la RĂ©volution russe de 1917 qui a vu la victoire du Parti bolchevique et, en 1922, la crĂ©ation de l'URSS. Adepte intransigeant du marxisme et de l’action rĂ©volutionnaire, il thĂ©orisa lors de son exil la thĂ©orie de la dictature du prolĂ©tariat comme stade intermĂ©diaire pour atteindre le communisme. PersuadĂ© qu’une rĂ©volution est possible en Russie alors engagĂ©e dans la premiĂšre Guerre mondiale, il va prĂ©parer et diriger la rĂ©volution d'octobre 1917. A la tĂȘte du gouvernement, il va imposer la paix avec l’Allemagne au prix d’immenses concessions territoriales et oeuvrer Ă  la mise en place d’un nouvel État de type totalitaire l’Union soviĂ©tique. LĂ©nine Vladimir Ilitch Oulianov - Biographie Francisco Franco 1892-1975 a Ă©tĂ© un gĂ©nĂ©ral et homme d’Etat espagnol. A la tĂȘte d’une junte militaire, il s’engage en 1936 dans une guerre contre le gouvernement rĂ©publicain, la guerre civile espagnole, qui a fait des centaines de milliers de victimes. AprĂšs la victoire des Nationalistes en 1939, Franco a pris le titre de Caudillo le guide » et a dirigĂ© l'Espagne d'une main de fer jusqu'Ă  sa mort en 1975. DĂšs l’annĂ©e suivante, le rĂ©gime franquiste qu’il avait mis en place - autoritaire, conservateur et catholique - fait place Ă  une monarchie parlementaire. Francisco Franco Biographie du dictateur espagnol Maximilien de Robespierre 1758-1794 est de loin le plus connus des rĂ©volutionnaires français. Chef du club des Jacobins, il siĂšge Ă  l'AssemblĂ©e comme Montagnard lorsqu'il vote la mort du roi et la guerre aux monarchies europĂ©ennes. En juin 1793, le ComitĂ© de Salut public dont il est l'un des membres les plus ifluents instaure le rĂ©gime de la Terreur et fait guillotiner tous les suspects de contre-rĂ©volution. Robespierre meurt lui-mĂȘme guillotinĂ© en 1794. Les polĂ©miques Ă  son sujet montrent que s’il continue Ă  dĂ©chainer les passions, il est Ă©galement un personnage incontournable, non seulement de l’histoire de la RĂ©volution française, mais plus largement de l’histoire de France. Maximilien de Robespierre - Biographie Homme politique allemand d’origine autrichienne, Adolf Hitler a Ă©tĂ© chancelier et dictateur du IIIe Reich allemand de 1933 Ă  1945. A la tĂȘte d'un Etat devenu totalitaire, il organise, avec le parti nazi qu'il a fondĂ©, l'embrigadement de la population et la rĂ©pression des oppositions, puis rĂ©alise son projet d'hĂ©gĂ©monie sur l'Europe qu'il plonge dans le chaos et la dĂ©solation. Imposant la "solution finale" de la question juive qui coĂ»tera la vie Ă  plusieurs millions de personnes, Hitler entraĂźnera l'Allemagne dans une fuite en avant dĂ©sespĂ©rĂ©e. Refusant la perspective d'une dĂ©faite, il se donne la mort fin avril 1945 dans son bunker assiĂ©gĂ© par l'ArmĂ©e rouge. L'artiste ratĂ© et complexĂ© devenu l'un des plus grands criminels de l'histoire de l'humanitĂ© Ă©chappe ainsi Ă  la justice des vainqueurs et laisse derriĂšre lui une Europe en ruines. Adolf Hitler 1889-1945 - Biographie Alexandre le Grand 356-323 avant est un roi de MacĂ©doine de l’AntiquitĂ© et a Ă©tĂ© l’un des plus grands conquĂ©rants de l’histoire. ÉduquĂ© par le philosophe Aristote, il devient roi en 336 avant en aprĂšs l'assassinat de son pĂšre Philippe II. AprĂšs avoir rĂ©primĂ© plusieurs rĂ©voltes, en 336 av. Alexandre mĂšne une vaste expĂ©dition contre les Perses. Ses victoires successives ouvrent aux MacĂ©doniens presque tout l'Empire perse. AprĂšs avoir pris Babylone, Suze et PersĂ©polis, Alexandre poursuit sa conquĂȘte vers l'Inde. Il traverse l'Indus puis atteint les contreforts de l'Himalaya, avant de retourner Ă  Babylone pour administrer ses conquĂȘtes. Son empire ne lui survĂ©cut pas, Ă  la diffĂ©rence de l'hĂ©ritage culturel qu'il avait diffusĂ© jusqu'Ă  l'orient. Alexandre le Grand, conquĂ©rant du bout du monde PompĂ©e Cnaeus Pompeius Magnus Ă©tait un gĂ©nĂ©ral et un homme politique de la RĂ©publique romaine pendant l’AntiquitĂ©. Il a Ă©tĂ© l’alliĂ© puis le principal rival de Jules CĂ©sar. TrĂšs jeune, PompĂ©e remporta d’importantes victoires militaires et gagna le titre de Magnus, qui signifie trĂšs grand ». En 60 avant il forme avec Jules CĂ©sar et Crassus un triumvirat, alliance qui renforce son influence. La guerre que mĂšne Jules CĂ©sar en Gaule lui laisse les pleins pouvoirs Ă  Rome mais, au retour de celui-ci, la rivalitĂ© entre les deux hommes entraĂźne une guerre civile. PompĂ©e est battu en 48 avant Il fuit en Égypte, oĂč il sera assassinĂ©. PompĂ©e le Grand, le rival de CĂ©sar Compagnon de route d' Adolf Hitler dĂ©s 1920, Alfred Rosenberg est le principal idĂ©ologue du Parti National Socialiste allemand. Ses Ă©crits, en particulier son journal personnel, dĂ©voilent son rĂŽle majeur dans la conception et la mise en Ɠuvre de l'Holocauste, un rĂŽle qui fut longtemps sous-estimĂ©. Alfred Rosenberg incarne en effet l'un des antisĂ©mites les plus virulents du parti et son soutien indĂ©fectible Ă  la destruction des Juifs perdure jusqu'aux derniers instants de l'Allemagne nazie. Par ailleurs, il organisa activement le pillage des Ɠuvres d'art, en particulier en France. Traduit devant le tribunal de Nuremberg, il fut condamnĂ© Ă  mort et pendu. Alfred Rosenberg, thĂ©oricien du nazisme et de l'Holocauste Joseph FouchĂ© Ă©tait un rĂ©volutionnaire et homme politique français, ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat puis l'Empire. Balzac voyait en lui un singulier gĂ©nie » FouchĂ©, le camĂ©lĂ©on, l'homme de tous les paradoxes, craint par Robespierre, l'ami et l'ennemi, redoutĂ© mais admirĂ© par le consul puis empereur NapolĂ©on. Si les exĂ©crations et les imprĂ©cations dont il fut l'objet furent plĂ©thoriques, toutefois resta-t-il trĂšs longtemps proche du pouvoir, en maniant avec habiletĂ© ruses et perfidie. Traversant, non sans coup fĂ©rir, la RĂ©volution et l'Empire, rĂ©sistant quand les plus grands tombaient, ce fut comme il avait aimĂ© vivre, dans l'ombre, qu'il mourut, oubliĂ© de tous, lui, le ministre de NapolĂ©on, le fusilleur de Lyon et l'un des tombeurs de l'Incorruptible » d'Arras. Joseph FouchĂ©, ministre de la Police 1799-1815 PassĂ© Ă  la postĂ©ritĂ© comme le vainqueur de Verdun durant la PremiĂšre Guerre mondiale, le marĂ©chal PĂ©tain est devenu, aprĂšs la dĂ©faite de 1940, le chef de l’ État français » de Vichy. AprĂšs avoir acceptĂ© un armistice aux conditions trĂšs dures pour la France, il a tentĂ© de promouvoir sa RĂ©volution nationale », tout en laissant son gouvernement mener une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Son destin, qui est associĂ© aux heures de gloire comme aux Ă©pisodes les plus sombres de l’histoire du XXe siĂšcle, explique que, prĂšs de cinquante ans aprĂšs sa disparition, son action continue de faire l’objet de vives controverses. MarĂ©chal PĂ©tain - Biographie VercingĂ©torix 72-46 avant notre Ăšre Ă©tait un aristocrate gaulois et chef de la tribu des Arvernes. A la tĂȘte d'une coalition de peuples gaulois, il tient tĂȘte aux armĂ©es romaines avant de devoir capituler lors du siĂšge d’AlĂ©sia. VercingĂ©torix, vaincu par CĂ©sar, incarne presqu’à lui tout seul un mythe national remontant aux Gaulois », un symbole de rĂ©sistance et de caractĂšre face Ă  l’occupant. Mais mythe est bien le mot, puisque VercingĂ©torix a en partie Ă©tĂ© construit » depuis deux siĂšcles par les politiques et certains historiens pour servir de base Ă  un roman national. En effet, on sait finalement peu de choses sur lui, et faire sa biographie a longtemps Ă©tĂ© une gageure pour les spĂ©cialistes. VercingĂ©torix, le chef gaulois qui s'opposa Ă  CĂ©sar Mao Zedong ou Mao TsĂ©-toung a Ă©tĂ© le fondateur et le principal dirigeant de la RĂ©publique populaire de Chine de 1949 Ă  1976. AprĂšs avoir vaincu les partisans du nationalisme, Mao prend le pouvoir et, en 1949, instaure un rĂ©gime communiste en Chine. Progressivement, il isole le pays du reste du monde. À partir de 1965, il lance en Chine une Grande RĂ©volution culturelle du prolĂ©tariat. C'est le combat contre les quatre anciennes » anciennes coutumes, anciennes habitudes, ancienne culture et anciennes maniĂšres de penser. À partir de cette date, chaque Chinois est tenu de connaĂźtre et de se soumettre aux pensĂ©es du "Grand Timonier", exposĂ©es dans le Petit Livre rouge. Responsable de plusieurs millions de morts en Chine, il quitte la vie politique au dĂ©but des annĂ©es 70. Mao Zedong - Biographie du Grand Timonier chinois Georges Danton 1759-1794 est un homme politique français et l’une des grandes figures de la RĂ©volution française. Tout Ă  la fois idĂ©aliste et bon vivant sensible aux avantages de l’argent, Danton a longtemps Ă©tĂ© opposĂ© Ă  Robespierre le vertueux, dĂ©crit comme froid et psychorigide. VĂ©ritable force de la nature, avec un visage d’une laideur puissante qui le fit surnommer le Mirabeau de la canaille, Danton trouva dans la pĂ©riode rĂ©volutionnaire l’occasion d’épanouir son tempĂ©rament dĂ©bordant d’énergie et s’imposa rapidement comme un tribun populaire. ConsidĂ©rĂ© comme le sauveur de la France rĂ©volutionnaire menacĂ©e par les monarchies europĂ©ennes, il anima la rĂ©sistance patriotique Ă  la tĂȘte du gouvernement. DĂ©passĂ© par les excĂšs de la Terreur et accusĂ© de corruption, il appellera Ă  la raison et Ă  la rĂ©conciliation mais perdra son ultime duel face Ă  Robespierre. Georges Danton biographie d'un rĂ©volutionnaire atypique Benito Mussolini Ă©tait un homme politique et dictateur italien, fondateur et dirigeant du parti fasciste. En 1922, il organise la fameuse marche des chemises noires sur Rome, ou le roi le charge de former un gouvernement. Ayant obtenu du parlement les pleins pouvoirs, il met en place un rĂ©gime autoritaire et prend le titre de "Duce". Maniant habilement la propagande, Mussolini transforme l'Italie en Etat totalitaire qui intervient dans tous les secteurs de la sociĂ©tĂ©. Il s'engage tardivement aux cotĂ©s d'Hitler et des nazis dans la Seconde Guerre mondiale, conflit dans lequel il s'avĂšrera un piĂštre chef militaire. Il sera excĂ©cutĂ© par des rĂ©sistants iatliens le 28 avril 1945. Benito Mussolini - Biographie Charles Quint 1500-1558 est cĂ©lĂšbre pour avoir Ă©tĂ© l’un des souverains les plus puissants d’Europe, rĂ©gnant sur les Pays-Bas, l’Espagne et sur le Saint Empire romain germanique. MaĂźtre d’un immense empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais », l’histoire de Charles Quint ne ressemble Ă  aucune autre. Non seulement il fut le premier monarque Ă  disposer d’un empire colonial situĂ© sur le nouveau continent amĂ©rindien, mais il fut Ă©galement l’heureux bĂ©nĂ©ficiaire d’une cascade d’hĂ©ritages qui le plaça Ă  la tĂȘte d’un immense domaine en Europe. Durant tout son rĂšgne, Charles Quint dĂ» lutter Ă  la fois contre la France lors des guerres d'Italie, contre l'Empire ottoman qui envahit l'Europe de l'Est et contre le protestantisme qui Ă©merge en Allemagne. Charles Quint, roi d’Espagne et empereur germanique Nikita Khrouchtchev a Ă©tĂ© le principal dirigeant de l'URSS et du parti communiste de l'Union soviĂ©tique de 1953 Ă  1964. De "Monsieur K", l’histoire retiendra son fameux son coup d’éclat Ă  la tribune de l’ONU en 1960 et son bras de fer avec Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba deux ans plus tard. Le successeur de Staline dĂ©noncera les excĂšs du tyran rouge lors du XXe congrĂšs du Parti communiste de l’Union soviĂ©tique et engagera une "normalisation" et une pacification du rĂ©gime soviĂ©tique, ouvrant la voie Ă  une "coexistence pacifique" avec l'Ouest. Ses rĂ©formes Ă©conomiques resteront par contre sans lendemain. Khrouchtchev est dĂ©mis de ses fonctionsl en octobre 1964 et remplacĂ© par Leonid Brejnev. Nikita Khrouchtchev 1894-1971 - Biographie Fondateur du journal L'HumanitĂ© en 1904 et du Parti socialiste SFIO un an plus tard, Jean JaurĂšs incarnera le socialisme pacifique jusqu’à son assassinat la veille de la premiĂšre Guerre Mondiale. Critiquant la conception marxiste de la prise du pouvoir, il s'opposera toute sa vie au recours Ă  la violence, que ce soit dans le domaine social comme en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre. Grande figure morale de la gauche aurĂ©olĂ©e par l’idĂ©al du socialisme humaniste, il deviendra, avec LĂ©on Blum et Pierre MendĂšs-France une source d’inspiration pour plusieurs gĂ©nĂ©rations d’hommes politiques. Devenu prĂ©sident, François Mitterrand ira s'incliner devant sa tombe et inaugurera le musĂ©e Jean JaurĂšs de Castres. Jean JaurĂšs - Biographie Jefferson Davis Ă©tait un homme politique amĂ©ricain, dĂ©fenseur des droits des États et de l’esclavage avant la guerre de SĂ©cession, et unique prĂ©sident des États ConfĂ©dĂ©rĂ©s d’AmĂ©rique de 1861 Ă  1865. Les grandes figures de l’histoire se voient souvent opposer un antagoniste – parfois aussi cĂ©lĂšbre qu’elles, et parfois condamnĂ© Ă  une relative obscuritĂ©. Celui d’Abraham Lincoln fut le suddiste Jefferson Davis. À leur naissance, les deux futurs dirigeants majeurs de la guerre de SĂ©cession auraient pu avoir des destins similaires. Et pourtant, leurs existences allaient ĂȘtre diamĂ©tralement opposĂ©es. Jefferson Davis, prĂ©sident des États ConfĂ©dĂ©rĂ©s d’AmĂ©rique Elisabeth II Elizabeth II en anglais, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande du nord depuis 1952, est aussi le chef d’Etat en titre de quinze autres pays issus de l’ancien Empire britannique, comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-ZĂ©lande. Au cours de son long rĂšgne, la reine Elisabeth II a vu dĂ©filer au palais de Buckingham quinze premiers ministres, dont Winston Churchill, Margaret Thatcher et Tony Blair. Contrainte par la tradition Ă  une stricte neutralitĂ© politique, elle a essentiellement un rĂŽle de reprĂ©sentation et parcourt le monde lors de voyages officiels. HĂ©ritiĂšre d’une longue tradition, elle a dĂ» s’adapter de plus ou moins bon grĂ© aux contingences de la modernitĂ© pour maintenir l’adhĂ©sion de son peuple Ă  la monarchie britannique. Elisabeth II du Royaume-Uni - Biographie LĂ©on Blum Ă©tait un homme politique et figure du socialisme français de l’entre-deux-guerres. AprĂšs la scission du congrĂšs de Tours de 1920, il incarne le socialisme dĂ©mocratique et lĂ©galiste. Suite Ă  la victoire du Front Populaire aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1936, il devient prĂ©sident du conseil et lance un vaste programme de rĂ©formes sociales. ConfrontĂ© Ă  un contexte international incertain et Ă  des difficultĂ©s financiĂšres, il est contraint Ă  la dĂ©mission un an plus tard. EmprisonnĂ© par le rĂ©gime de Vichy, on lui imputera la responsabilitĂ© de la dĂ©faite de 1940 lors du procĂšs de Riom, sur fond d’antisĂ©mitisme. LĂ©on Blum - Biographie LĂ©onard de Vinci 1452-1519 est un artiste et humaniste italien de la Renaissance, qui Ă©tait Ă  la fois peintre, dessinateur, sculpteur, architecte, mais Ă©galement un inventeur de gĂ©nie. Son Ɠuvre la plus connue est La Joconde », un tableau exposĂ© au musĂ©e du Louvre. Outre les peintures oĂč ce grand artiste voulait reproduire la nature comme il la ressentait et les individus vrais » dans une atmosphĂšre harmonieuse, il s’est exercĂ© dans des domaines aussi divers que l’anatomie, la mĂ©canique, la science, la botanique, le vol des avions, machines de guerre et ouvre la voie Ă  Copernic et GalilĂ©e pour la gravitation, le scintillement des Ă©toiles et le mouvement de la terre. A la fin de sa vie, LĂ©onard de Vinci se rend en France ou il est accueilli par le roi François Ier, qui l'installe au Clos-LucĂ©, tout prĂšs du chĂąteau d’Amboise. LĂ©onard de Vinci, biographie d'un gĂ©nie de la Renaissance Giotto di Bondone ou Ambrogiotto di Bondone 1267-1337 est un peintre, un sculpteur et un architecte italien du Trecento XIVe siĂšcle. Il est considĂ©rĂ© comme le crĂ©ateur du langage pictural de la Renaissance, en inspirant son Ɠuvre de l’humanisme naissant en cette fin de Moyen Âge. Giotto a travaillĂ© Ă  Rome, Milan, Rimini et Florence principalement, et influencĂ© quantitĂ© d’artistes de la Renaissance, parmi lesquels ceux de l’école de Rimini. Les artistes de la Renaissance vont se servir de ses recherches pour faire Ă©voluer la peinture et reprĂ©senter les sujets de façon plus vivante et plus rĂ©aliste. Giotto est Ă©galement l’architecte du campanile de la cathĂ©drale de Florence 1334. Vasari a dit de lui il fut celui qui ressuscita l’art de la peinture, oubliĂ© depuis tant d’annĂ©es ». Giotto di Bondone, peintre et architecte italien du XIVe Originaire de Provence, Paul CĂ©zanne 1839-1906 est un peintre français cĂ©lĂšbre pour ses compositions de paysages et natures mortes, et considĂ©rĂ© comme le pĂšre de la peinture moderne. Vers la fin du XIXe siĂšcle, c'est pourtant dans l'isolement et l'anonymat qu'il rĂ©alise ses Ɠuvres majeures, Ă  la recherche d'une nouvelle construction picturale qui l'Ă©loigne de l'impressionnisme. L’un de ses sujets favoris est la montagne Sainte-Victoire, situĂ©e aux environs d’Aix-en-Provence ; il en peint une vingtaine de versions Ă  partir de 1883. L’Ɠuvre de Paul CĂ©zanne a jouĂ© un grand rĂŽle dans la naissance de l’art moderne et en particulier dans celle du mouvement cubiste. Paul CĂ©zanne - Biographie Jean-SĂ©bastien Bach 1685-1750 est un compositeur de musique allemand de la pĂ©riode baroque, qui a Ă©crit des centaines de piĂšces pour orgue, pour clavecin et pour orchestre, des concertos, des messes, des cantates, etc... Son Ɠuvre constitue une Ă©tape dĂ©cisive dans l’évolution de la musique classique il a mis au point une sorte de grammaire musicale » la grammaire de Bach », notamment fondĂ©e sur la superposition de plusieurs lignes mĂ©lodiques utilisĂ©e pour parvenir Ă  la forme musicale parfaite. La musique de Bach, dans son ensemble, va bien au-delĂ  de la synthĂšse des tendances stylistiques de la musique baroque elle revĂȘt en effet une valeur universelle pour toute la musique occidentale moderne. Jean-SĂ©bastien Bach - Biographie Wolfgang Amadeus Mozart 1756-1791 est un compositeur autrichien, considĂ©rĂ© comme l’un des plus grands gĂ©nies de l’histoire de la musique classique. A l’ñge oĂč la plupart des enfants ne savent pas encore lire et Ă©crire, Mozart composait dĂ©jĂ  des menuets. A quinze ans il donnait ses premiers concerts Ă  la cour de Versailles. Son gĂ©nie tient Ă  sa capacitĂ© Ă  traduire en musique toutes les passions et tous les sentiments de la joie Ă  l’angoisse, de la douleur Ă  l’espĂ©rance dans une forme d’une limpiditĂ© absolue. Durant sa courte existence, il produisit une Ɠuvre inestimable, de la Petite musique de nuit » jusqu’à son Requiem », en passant par les Noces de Figaro ». Menant grand train, il meurt dans un semi-anonymat et ruinĂ© Ă  l’ñge de 35 ans, laissant derriĂšre lui plus de 600 Ɠuvres au rĂ©pertoire de la musique classique. Wolfgang Amadeus Mozart - Biographie et Ɠuvres François Couperin 1668-1733 est un compositeur français et une des grandes figures de la musique baroque française. Les Couperin » sont une des plus grandes familles de musiciens français des XVIIe et XVIIIe siĂšcles. François en est le plus illustre membre, devenant l’un des deux plus grands maĂźtres du clavecin en France, par le nombre et surtout la qualitĂ© de ses Ɠuvres. Il excelle donc dans la musique profane au clavecin, lors des SoirĂ©es aux Appartements du Roi, mais nous serions impardonnables en oubliant sa musique sacrĂ©e et notamment sa magistrale Leçon des TĂ©nĂšbres, une Ɠuvre de musique vocale destinĂ©e Ă  la liturgie de la semaine sainte. François Couperin 1668-1733 - Biographie Ludwig van Beethoven 1770-1827 est un compositeur allemand et l’un des plus grands gĂ©nies de toute l’histoire de la musique occidentale. PlacĂ© Ă  la jonction de deux Ă©poques aux tendances totalement opposĂ©es, Beethoven, contemporain de Haydn et de Mozart, exprime dans ses premiĂšres compositions la perfection classique mais Ă  la fin de sa vie, il concourt Ă  l'achĂšvement d'un art qui va bouleverser toutes les habitudes musicales. Son rĂ©pertoire est riche et variĂ© il a en effet Ă©crit des sonates pour piano, de la musique de chambre, des messes, un opĂ©ra, etc. Mais ce sont surtout ses symphonies qui ont marquĂ© l’histoire de la musique, notamment la cĂ©lĂšbre NeuviĂšme Symphonie composĂ©e en 1824. Beethoven inaugurera, dans l'histoire de la musique, l'Ăšre du romantisme qui sera incontestablement celle de la suprĂ©matie Allemande. Ludwig van Beethoven 1770-1827 - Biographie Compositeur français d'origine italienne, Jean-Baptiste Lully 1632-1687 obtint la direction et l’exploitation exclusive de l’AcadĂ©mie royale de musique sous Louis XIV. Il exerça alors un vĂ©ritable monopole sur la vie musicale, contribuant Ă  l’essor et Ă  la codification de l’opĂ©ra en France. Lully fut l'un des premiers Ă  utiliser le quintette des cordes, base de l'orchestre moderne, rĂ©servant une grande place au ballet. A la maniĂšre des Florentins, il use largement du ''rĂ©citatif'' et ses Ɠuvres sont empreintes d'une certaine grandeur, Ă  l'image de l'atmosphĂšre solennelle du siĂšcle du roi soleil. Sa vie inspira le cinĂ©aste GĂ©rard Corbiau pour la crĂ©ation d'un film cĂ©lĂšbre ''Le Roi danse''. Jean-Baptiste Lully, inventeur de l'opĂ©ra français Richard Wagner 1813-1883 est un compositeur allemand cĂ©lĂšbre dans le monde entier pour ses opĂ©ras. L'art dramatique germanique particuliĂšrement riche et brillant au XIXe siĂšcle va trouver avec cet auteur une des plus puissantes expression du gĂ©nie romantique. Sa suprĂ©matie s'affirme avec Ă©clat, son influence va bouleverser toutes les musiques europĂ©ennes. Vaste synthĂšse englobant tous les arts, l'Ɠuvre de Wagner apparaĂźt comme le point de convergence oĂč se cristallisĂšrent les aspirations artistiques et les tendances esthĂ©tiques de son temps. Ses positions antisĂ©mites et sa glorification de l'art allemand auront une influence notable sur le rĂ©gime nazi. Richard Wagner 1813-1883 - Biographie et Ɠuvres Peintre, dessinateur et sculpteur espagnol, Pablo Picasso est gĂ©nĂ©ralement prĂ©sentĂ© comme l’un des plus grands artistes du XXe siĂšcle. Homme Ă  femmes dont les compagnes inspireront profondĂ©ment son Ɠuvre, il est avec Georges Braque le fondateur du cubisme et l’un des piliers de l’art moderne. Auteur d'une Ɠuvre riche de plus de 20 000 piĂšces, Pablo Picasso s'essaie, Ă  partir des annĂ©es 1950, Ă  tous les supports lithographie, gravure sur linolĂ©um, cĂ©ramique, sculpture, affiche et peinture qui abordent autant de thĂšmes que de techniques, rĂ©vĂ©lant une libertĂ© crĂ©atrice exceptionnelle. Les Demoiselles d’Avignon, qui marque le dĂ©but de l’art moderne, et Guernica, qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la guerre d’Espagne, comptent parmi ses tableaux les plus cĂ©lĂšbres. Pablo Picasso 1881-1973 - Biographie Biographie courte - RaphaĂ«l 1483-1520 est un artiste peintre italien de la Renaissance. FormĂ© Ă  PĂ©rouse auprĂšs d’un grand maĂźtre de la peinture, le PĂ©rugin, il rĂ©alise durant sa jeunesse une Ɠuvre cĂ©lĂšbre, le Mariage de la Vierge 1504. Il se rend ensuite Ă  Florence et observe les Ɠuvres de LĂ©onard de Vinci, qui ont une grande influence sur sa peinture ; la Belle JardiniĂšre 1507-1508 en est un exemple. À partir de 1508, RaphaĂ«l travaille Ă  Rome en tant qu’architecte et peintre pour les papes Jules II et LĂ©on X. Il rĂ©alise les fresques dĂ©corant les quatre Chambres du Vatican, ainsi que celles des Loges du Vatican. Au cours de sa carriĂšre, il peint de nombreuses figures de Vierges ou Madones comme la Madone au Chardonneret 1505-1506. RaphaĂ«l, peintre italien de la Renaissance Biographie courte - D'origine belge, RenĂ© Magritte 1898-1967 fut un artiste complet, tour Ă  tour peintre surrĂ©aliste, graveur, sculpteur, photographe et cinĂ©aste. Il a fait partie de cette gĂ©nĂ©ration de jeunes gens qui se sont rĂ©voltĂ©s aprĂšs les morts de la premiĂšre Guerre Mondiale et pour Ă©vacuer » ce sentiment d’oppression, se sont regroupĂ©s autour de l’écrivain AndrĂ© Breton pour fonder le mouvement surrĂ©aliste. Ils peindront l’étrange, le bizarre avec des objets rĂ©els, placĂ©s dans un monde imaginaire et irrationnel. Magritte, un artiste d’exception - Biographie Élisabeth VigĂ©e Le Brun, artiste peintre illustre, d’une renommĂ©e mondiale fut surtout connue grĂące Ă  ses portraits de Marie Antoinette, Reine de France. Enfant, elle avait un don pour le dessin ; jeune fille, elle rĂ©alise son premier portrait Ă  l’ñge de 15 ans ; jeune femme, elle entre Ă  l’AcadĂ©mie Royale de Peinture Ă  25 ans et devient peintre officiel de la Reine. Une ascension fulgurante qui la mĂšnera Ă  Saint-PĂ©tersbourg chez l’impĂ©ratrice Catherine II. Élisabeth VigĂ©e Le Brun 1755-1842 - Biographie Grand musicien français, surnommĂ© le Lully Latin » Michel-Richard De Lalande incarne le Baroque français dans ses morceaux au violon et Ă  l’orgue. Compositeur, il est connu essentiellement pour son Ɠuvre sacrĂ©e, faite de motets pour la messe du roi, inspirĂ©s de textes latins tirĂ©s des Psaumes. Devenant maĂźtre du grand motet, sa renommĂ©e sera encore grande jusqu’à la RĂ©volution. Mais il crĂ©e Ă©galement des divertissements comme les ballets, les pastorales. De Lalande, musicien au service du Roi Soleil RenĂ© Descartes 1596-1650 est un philosophe, physicien et mathĂ©maticien français, thĂ©oricien du rationalisme. PubliĂ© en 1637, Son Discours de la mĂ©thode est son ouvrage le plus important. En mathĂ©matiques, il a dĂ©veloppĂ© l'Ă©criture algĂ©brique et fondĂ© la gĂ©omĂ©trie analytique. Descartes influencera des courants philosophiques opposĂ©s, comme le mysticisme de Malebranche ou le rationalisme de Diderot. Il est l’un des premiers penseurs modernes et fondateurs de la philosophie, et marquera symboliquement la fin de l’aristotĂ©lisme. Un "esprit cartĂ©sien" deviendra une expression dĂ©signant une personne rigoureuse et logique dans sa pensĂ©e. RenĂ© Descartes 1596-1650 - Biographie - Principales Ɠuvres ArchimĂšde 287–212 avant est un savant grec fondateur de l’hydrostatique Ă©tude les liquides au repos, et auteur de travaux en mĂ©canique et en gĂ©omĂ©trie. Il est Ă  l’origine du principe qui porte son nom Tout corps plongĂ© dans un fluide subit une poussĂ©e verticale, dirigĂ©e de bas en haut, Ă©gale au poids du fluide dĂ©placĂ© ». La lĂ©gende populaire veut qu’il ait fait cette dĂ©couverte dans son bain et qu’il se soit alors prĂ©cipitĂ© nu dans la rue en criant EurĂȘka ! EurĂȘka ! » J’ai trouvĂ© ! ». ArchimĂšde, inventeur et scientifique grec Physicien amĂ©ricain d'origine allemande, Albert Einstein 1879-1955 est mondialement connu pour sa thĂ©orie de la relativitĂ© et sa cĂ©lĂšbre Ă©quation E = mc2. Mais au-delĂ  de ces travaux rĂ©volutionnaires, qui sont Ă  l'origine de la physique contemporaine, la personnalitĂ© marginale d'Einstein et ses engagements politiques en ont fait un personnage mythique du XXe siĂšcle. Pourtant Ă  l’origine de la physique nuclĂ©aire, il luttera jusqu’à sa mort contre la prolifĂ©ration des armes atomiques. Il obtient le prix Nobel de physique en 1922. Albert Einstein, biographie du plus cĂ©lĂšbre physicien PĂ©trarque 1304-1374 Ă©tait un poĂšte et humaniste italien, auteur d’une importante Ɠuvre Ă©rudite en latin et d’une Ɠuvre poĂ©tique en langue vulgaire. Historien, archĂ©ologue, chercheur de manuscrits, il fut le premier des grands humanistes de la Renaissance. Mais sa gloire repose surtout sur ses poĂšmes en toscan, les sonnets des Rimes et des Triomphes, composĂ©s en l'honneur de Laure de Noves et rĂ©unis dans le Canzoniere, publiĂ© en 1470. ConsidĂ©rĂ© comme le premier et le plus grand des poĂštes lyriques modernes, PĂ©trarque a durablement influencĂ© toute l’Europe, des poĂštes de la PlĂ©iade jusqu’à Spenser ou Shakespeare. Il a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant dans l’avĂšnement de la langue vernaculaire italienne au rang de langue littĂ©raire. PĂ©trarque, humaniste de la Renaissance - Biographie Parmi les historiens latins de l’AntiquitĂ©, Tacite est probablement l’un des plus cĂ©lĂšbres. Pourtant, sa vie est peu connue, hormis ce qu'il nous a livrĂ© de lui mĂȘme dans ses ouvrages et correspondances. Tacite a exercĂ© des fonctions relativement importantes dans l’Empire, jusqu’à devenir sĂ©nateur. Il s’inscrit ainsi dans la lignĂ©e d’un Salluste, sĂ©nateur historien du Ier siĂšcle av. J-C. L’Ɠuvre de Tacite est prĂ©cieuse, tant comme source pour l’histoire romaine, que pour sa prose ses Annales, il fait le rĂ©cit du Ier siĂšcle de l'Empire, de l'avĂšnement d'Auguste Ă  la chute de NĂ©ron. Les Histoires qu'il a prĂ©cĂ©demment rĂ©digĂ©es couvrent, pour leur part, la pĂ©riode des Flaviens. Tacite, historien romain 55 - 120 ap. J-C - Biographie La vie du chroniqueur Raoul Glaber Rodulfus Glaber dit le Chauve, moine bourguignon nĂ© Ă  la fin du Xe siĂšcle, demeure peu connue. Son nom et sa personnalitĂ© n’en restent pas moins un sujet de controverse auprĂšs des historiens. AssociĂ© par l’historiographie romantique et par Michelet aux dites terreurs de l’An Mil », il a par ailleurs Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un moine jovial et peu disciplinĂ© mais Ă©galement comme un fin lettrĂ©, auteur de poĂ©sies et thĂ©ologien, trĂšs attachĂ© la rĂ©forme monastique dont Cluny se veut le fer de lance. Raoul Glaber, l’historien de l’an mil Nicolas Machiavel 1469-1527 est un homme politique et un Ă©crivain italien de la Renaissance, connu pour son ouvrage politique intitulĂ© le Prince. Il est associĂ© aujourd’hui Ă  l’adjectif pĂ©joratif tirĂ© de son nom, machiavĂ©lique », et son Ɠuvre rĂ©duite Ă  un manuel de manipulation et de cynisme politique encore utilisĂ© par nos gouvernants. Pourtant, Le cĂ©lĂšbre florentin est d’abord un homme de son temps, celui des guerres d’Italie et de la Florence secouĂ©e par les MĂ©dicis et leurs ennemis. Et son Ɠuvre la plus cĂ©lĂšbre, Le Prince, devenue rapidement un classique, une formidable source pour comprendre l’Italie de la Renaissance. Une biographie de Machiavel doit donc s’inscrire dans l’histoire politique de son Ă©poque. Nicholas Machiavel, philosophe politique de la Renaissance Philosophe, mĂ©decin, moraliste et biographe d’origine grecque, Plutarque est nĂ© vers 46 ap. J-C en BĂ©otie. Grand homme respectĂ© de son Ă©poque, il a fait le lien entre la GrĂšce et Rome –dont il est devenu citoyen - et s’est illustrĂ© entre autres avec ses Vies parallĂšles, des biographies et d'Ă©tudes de caractĂšres d’hommes cĂ©lĂšbres. Comparant systĂ©matiquement la vie d'un grand homme grec Ă  celle d'un grand personnage romain, il cherche Ă  dĂ©montrer la continuitĂ© entre les deux brillantes civilisations. Ses Ɠuvres morales ont inspirĂ© Ă  Shakespeare plusieurs de ses piĂšces historiques. Plutarque est mort Ă  ThĂšbes en 120 ap. J-C, et deviendra une source importante pour l’histoire ancienne. Plutarque, penseur grec - Biographie et Ɠuvres Ibn Khaldoun 1332-1406 est un historien et haut fonctionnaire arabe du Moyen Âge, auteur de la premiĂšre mĂ©thode en historiographie ainsi que de la premiĂšre histoire universelle de langue arabe. Moins connu qu'Avicenne et AverroĂšs, sa personnalitĂ©, tout comme sa vie mouvementĂ©e et son Ɠuvre monumentale mĂ©ritent peut-ĂȘtre plus encore l’intĂ©rĂȘt. Historien, gĂ©ographe, homme politique, et mĂȘme sociologue avant l’heure, Ibn KhaldĂ»n se place tout simplement comme l’un des plus grands hommes de savoir du Moyen Âge
et au-delĂ . Ibn Khaldoun, historien de l'Islam mĂ©diĂ©val Issu de la grande famille patricienne romaine des Fabii, Quintus est considĂ©rĂ© comme l'un des premiers historiens romains et qualifiĂ© par Polybe de scriptorum antiquissimus » le plus ancien des auteurs. Aristocrate amoureux de sa patrie, Quintus Fabius Pictor fut un acteur des guerres puniques et une source primordiale pour les gĂ©nĂ©rations d'historiens qui lui succĂ©dĂšrent ! Quintus Fabius Pictor, premier historien romain Si ses origines sont peu connues, l’Ɠuvre de Tite-Live, nĂ© Ă  Padoue entre 64 et 59 av. J-C, est devenue un classique de l’histoire romaine. Contemporain d’Auguste, il est l’hagiographe de Rome, sous l’influence du fils adoptif de CĂ©sar, mais critique la dictature de ce dernier. Dans son Histoire romaine, qui sera reprise par nombre de ses successeurs, il analyse la montĂ©e de la puissance romaine et voit dans l'institution de l'Empire la consĂ©cration de cette culture. Il meurt en 17 ap. J-C, trois ans aprĂšs l’empereur. Tite-Live, historien romain - Biographie Ammien Marcellin 330-400 Ă©tait un historien romain d'origine grecque et l'un des dernier grands historiens de Rome. AprĂšs une Ă©clipse assez sensible au IIIe siĂšcle, l’art de l’écrit chez les Romains trouve une nouvelle heure de gloire au moment oĂč renaĂźt l’Empire, dĂšs le rĂšgne de DioclĂ©tien 284-305. En effet, l’AntiquitĂ© tardive recĂšle de trĂšs grands auteurs qui portent haut le savoir faire romain en matiĂšre littĂ©raire. Ainsi, Aurelius Victor produit autour de 360 un abrĂ©gĂ© d’Histoire romaine, Macrobe Ă©crit Les Saturnales et Saint Augustin rĂ©dige La citĂ© de Dieu. Ammien Marcellin tient une place assez atypique parmi eux, et nous allons essayer de retranscrire au mieux quelles furent les spĂ©cificitĂ©s de son style et comment son Ɠuvre sinsĂšre dans la production littĂ©raire latine. Ammien Marcellin, le militaire historien Diderot n’est pas le plus connu des grands esprits français du XVIIIe siĂšcle, son nom n’étant le plus souvent que rattachĂ© Ă  L’EncyclopĂ©die. En effet, parmi les grands penseurs et philosophes du siĂšcle des LumiĂšres, il n’est pas forcĂ©ment le premier nom qui vient Ă  l’esprit, en tout cas par rapport Ă  Voltaire ou Jean Jacques Rousseau. Pourtant, cette tĂȘte universelle », comme disait justement Rousseau pour louer son Ă©clectisme, a laissĂ© une Ɠuvre et une pensĂ©e fondamentales, qui n’ont rien Ă  envier Ă  ses illustres contemporains. Diderot, philosophe et diffuseur de savoir - Biographie Historien grec, Polybe est pris en otage par Rome et exilĂ© de sa terre natale. Il devient toutefois un proche de Paul-Emile et Scipion Emilien, et effectue une grande carriĂšre. On lui doit des textes majeurs sur le fonctionnement de la RĂ©publique et la Guerre Punique, et il constitue donc une source incontournable pour l’histoire romaine. Il meurt d’une chute de cheval Ă  plus de quatre-vingts ans, et laisse derriĂšre lui une Ɠuvre considĂ©rable. Polybe, historien grec IIe siĂšcle av. J-C ConsidĂ©rĂ© comme l’un des maĂźtres du romantisme français et europĂ©en, Jules Michelet 1798-1874 est avant tout prĂ©sentĂ© comme le pĂšre » de l’histoire de France mais Ă©galement comme l’ instituteur » de cette nation. Homme du peuple, vouĂ© au peuple, l’historien a toujours pensĂ© que sa mission Ă©tait de l’éclairer, de doter les institutions rĂ©publicaines encore naissantes d’une histoire nationale. Jules Michelet s’est ainsi fait prophĂšte de la France, lui offrant une histoire idĂ©alisĂ©e et personnifiĂ©e. Son Ɠuvre prolifique demeure aujourd’hui plus que jamais incontournable, mais elle n’en reste pas moins fort controversĂ©e. La relecture de ce panthĂ©on de notre histoire mĂ©rite ainsi tout autant prudence et vigilance que plaisir et passion. Jules Michelet, pĂšre de l'histoire de France - Biographie Christophe Colomb, navigateur espagnol d'origine gĂ©noise, est devenu cĂ©lĂšbre pour avoir dĂ©couvert le futur continent amĂ©ricain en 1492. Convaincu qu'il est possible d'atteindre les Indes par l'ouest et malgrĂ© les nombreuses rĂ©ticences de ses contemporains, il avait fini par obtenir le soutien financier des souverains espagnols Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille pour monter son expĂ©dition. Au cours de quatre voyages successifs, il va explorer les CaraĂŻbes et mĂȘme apercevoir le continent, mais restera convaincu jusqu'Ă  la fin de sa vie d'avoir atteint l'Asie. Il Ă©chouera Ă  Ă©tablir une colonisation pĂ©renne dans les Ăźles dĂ©couvertes, du fait de l'hostilitĂ© des indigĂšnes, des exactions des espagnols et de ses piĂštres qualitĂ©s d'administrateur. Contraint de retourner en Espagne, il y connaĂźtra la disgrĂące, sombrant pour un temps dans l'oubli. Christophe Colomb biographie, origine et voyages Personnage incontournable du rĂšgne de Louis XIV, SĂ©bastien le Prestre 1633-1707, marquis de Vauban, Ă©tait un spĂ©cialiste des techniques de siĂšge et de fortification. Issu de la petite noblesse, il connaĂźt une carriĂšre riche mais mouvementĂ©e au service du Roi-Soleil, pour lequel il exerce ses talents d’ingĂ©nieur militaire. Bien plus qu’un expert en poliorcĂ©tique, l'art d'assiĂ©ger les villes, il est aussi Ă  l'origine du concept du prĂ© carrĂ© français », un rĂ©seau de fortifications et d'ouvrages militaires qui protĂšgent les frontiĂšres du royaume. Autodidacte, sa vision mathĂ©matique et visionnaire du monde prĂ©figure en effet les philosophes des LumiĂšres, tout comme ses critiques virulentes sur la fiscalitĂ© royale, qui lui valent quelques annĂ©es de misĂšre ». Bien qu'en disgrĂące, il gardera jusqu'Ă  sa mort le respect du roi. Vauban, ingĂ©nieur et marĂ©chal de louis XIV Fernand de Magellan vers 1480-1521 est un explorateur portugais du XVIe siĂšcle. Il est le premier Ă  avoir trouvĂ©, au sud du Nouveau Monde l’AmĂ©rique, un passage de l’ocĂ©an Atlantique Ă  l’ocĂ©an Pacifique, encore inconnu des EuropĂ©ens. Parvenu dans l’archipel des Philippines, il y est tuĂ© au cours d’un affrontement avec les habitants. Son expĂ©dition, sous le commandement d’un de ses hommes, Juan SebastiĂĄn Elcano, parvient cependant Ă  regagner l’Espagne, en 1522. Le premier tour du monde par la voie des mers vient d’ĂȘtre rĂ©alisĂ©, il a pris trois annĂ©es. AprĂšs un peu plus d'un quart de siĂšcle, le rĂȘve de Christophe Colomb Ă©tait devenu rĂ©alitĂ© et comme l'a dit l'historien Pierre Chaunu, jamais le monde n'a Ă©tĂ© aussi grand qu'au lendemain du pĂ©riple de Magellan ». Fernand de Magellan, navigateur et explorateur Benjamin Franklin 1706-1790 est un savant et un homme politique amĂ©ricain, cĂ©lĂšbre pour avoir dĂ©couvert la nature Ă©lectrique de l’éclair et inventĂ© le paratonnerre. Il a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle dĂ©terminant dans la naissance des États-Unis. Inventeurs d'appareils divers, Benjamin Franklin reste dans la mĂ©moire collective comme Ă©tant l'un des pĂšres fondateurs des Etats-Unis et pour avoir contribuĂ© Ă  la rĂ©daction de la Constitution amĂ©ricaine. Mais on connait un peu moins ses activitĂ©s annexes comme le journalisme, l’écriture, et sa folle passion pour l’humour. Ainsi, il peut vĂ©hiculer ses idĂ©es au travers de lettres et d’articles de journaux surprenants, truffĂ©s de conseils curieux, toujours sur un ton plaisant. Benjamin Franklin, inventeur et pĂšre fondateur des États-Unis Saint François d’Assise 1182-1226 est un mystique et prĂ©dicateur italien fondateur de l’ordre des frĂšres mineurs, couramment appelĂ© ordre des franciscains. François d’Assise insiste sur la nĂ©cessitĂ© de la souffrance, de l’humilitĂ© et de la simplicitĂ©, autant de tremplins » vers une meilleure connaissance — sincĂšre et gratuite — de Dieu et de sa volontĂ©. De mĂȘme, le travail, l’oubli de soi et une obĂ©issance sans faille aux doctrines et principes Ă©dictĂ©s par l’Église permettent d’atteindre une plĂ©nitude dans le dĂ©nuement et l’absence de dĂ©sirs personnels. CanonisĂ© en 1228, il fut proclamĂ© saint patron des Ă©cologistes par Jean Paul II en 1980. En 2013, le nouveau pape choisit le nom de François en rĂ©fĂ©rence explicite au saint. Saint François d’Assise 1182-1226 - Biographie Martin Luther King Ă©tait un pasteur amĂ©ricain engagĂ© pour l’égalitĂ© des droits civiques des noirs. Dans la lignĂ©e de Gandhi en Inde, il dĂ©fend les mĂ©thodes non-violentes pour lutter contre la discrimination raciale et obtenir des rĂ©formes. Prix Nobel de la paix en 1964, il a organisĂ© une marche sur Washington au cours de laquelle il prononce un discours qui deviendra cĂ©lĂšbre I have a dream. Il fut assassinĂ© Ă  Memphis, dans le Tennessee, le 4 avril 1968. Depuis 1986 les Etats-Unis commĂ©morent chaque annĂ©e sa mĂ©moire Ă  l’occasion du Martin Luther King Day, preuve incontestable de l’impact historique du personnage. Martin Luther King - Biographie courte La NĂ©erlandaise Mata Hari est une spĂ©cialiste des danses orientales, dont les spectacles rencontrent un grand succĂšs Ă  Paris au dĂ©but du XXe siĂšcle. Alors qu’éclate la PremiĂšre Guerre mondiale, son statut d’artiste lui permet de voyager Ă  travers toute l’Europe. De retour d’un voyage en Allemagne, Mata Hari est arrĂȘtĂ©e par le gouvernement français qui l’accuse d’espionnage . Elle est condamnĂ©e Ă  mort et fusillĂ©e Ă  Vincennes, le 15 octobre 1917. DerriĂšre le mythe qui dĂ©coule de l’exotisme de ses oripeaux de danseuse et du mystĂšre que revĂȘt son activitĂ© d’espionne, se cache pourtant une simple sĂ©ductrice. Pour la majoritĂ© des historiens, elle n’aurait Ă©tĂ© qu’une amatrice, et son action nĂ©gligeable. Mata Hari le mythe de la danseuse-espionne Roland Garros 1888-1918 Ă©tait un brillant aviateur et officier français des dĂ©buts de l’aĂ©ronautique, qui rĂ©ussit la premiĂšre traversĂ©e aĂ©rienne de la mer MĂ©diterranĂ©e, en 1913. Il fut Ă©galement dĂ©tenteur, Ă  plusieurs reprises, du record du monde de vol en altitude. EngagĂ© dans les premiers combats aĂ©riens de l’histoire, son avion est abattu en 1915. Fait prisonnier par les Allemands, il rĂ©ussit Ă  s'Ă©chapper et fut incorporĂ© dans l'escadrille des Cigognes. Il fut tuĂ© en combat aĂ©rien, Ă  la fin de la PremiĂšre Guerre mondiale. Le stade Roland-Garros ainsi nommĂ© en hommage Ă  l'aviateur accueille chaque annĂ©e aux mois de mai-juin les Internationaux de France de tennis. Roland Garros, l'aviateur L’impĂ©ratrice d’Autriche Élisabeth de Wittelsbach 1837-1898 Ă©tait l’épouse de François-Joseph Ier, souverain de l'Empire austro-hongrois. Rendu mondialement cĂ©lĂšbre au cinĂ©ma sous les traits de Romy Schneider, elle y est reprĂ©sentĂ©e comme l’icĂŽne d’une Vienne vibrant au rythme de la valse. Mais la personnalitĂ© de Sissi » Ă©tait bien plus complexe. AttirĂ©e par la culture classique et la poĂ©sie, Élisabeth d'Autriche Ă©tait un esprit fin et lucide, qui avait compris bien avant son entourage qu’une Ă©poque touchait Ă  sa fin. AprĂšs la mort tragique de son fils Rodolphe, hĂ©ritier de la Couronne, dans le pavillon de chasse de Mayerling, elle est assassinĂ©e par un anarchiste italien le 10 septembre 1898. Élisabeth de Wittelsbach, impĂ©ratrice d'Autriche MĂ©decin pendant les grandes vagues d'Ă©pidĂ©mies de peste qui touchent le Languedoc, puis mĂ©decin ordinaire du roi auprĂšs de Charles IX, Michel de NostreDame, dit Nostradamus, a acquis sa rĂ©putation grĂące Ă  ses prophĂ©ties publiĂ©es sous forme de quatrains regroupĂ©s par centaines, appelĂ©es Centuries et publiĂ©es Ă  Lyon en 1555. Elles lui valent les faveurs immĂ©diates de la Cour et Catherine de MĂ©dicis le somme d'Ă©tablir l'horoscope de ses trois fils. Ses dons se seraient confirmĂ©s lors du dĂ©cĂšs d'Henri II, dont il aurait prĂ©dit les circonstances. Humaniste de la Renaissance, ouvert aux idĂ©es de la RĂ©forme, il a su s’intĂ©resser Ă  la mĂ©decine, la pharmacie en rĂ©ussissant Ă  combattre le pire mal de son temps la peste. Nostradamus Michel de Nostredame, 1503-1566 Marco Polo Ă©tait un marchand, explorateur et Ă©crivain vĂ©nitien, dont les Ă©crits ont donnĂ© aux europĂ©ens un premier aperçu de la vie en ExtrĂȘme-Orient. A partir de 1271, il traversa toute l’Asie en empruntant la cĂ©lĂšbre route de la soie, profitant de la pĂ©riode de la "pax mongolica" de l’Empire mongol, alors que se dĂ©veloppent activement les Ă©changes artistiques et commerciaux entre la Chine, GĂȘnes et Venise. Il resta seize ans au service de Kubilai Khan. Le rĂ©cit de ses voyages, pour partie romancĂ©, constitue le premier document europĂ©en sur la Chine mongole. Durant plusieurs siĂšcles, ce Livre des merveilles du monde sera pour les EuropĂ©ens la seule source d’informations sur l’ExtrĂȘme-Orient. Marco Polo - Biographie Le marquis de La Fayette Ă©tait un gĂ©nĂ©ral et homme politique français, qui s’illustra lors de la guerre d’IndĂ©pendance amĂ©ricaine et participa aux dĂ©buts de la RĂ©volution française. AgĂ© de seulement vingt ans, il s’embarque en 1777 sur L'Hermione pour combattre aux cĂŽtĂ©s des colons amĂ©ricains. Revenu en France en 1779, il contribue Ă  faire dĂ©cider de l’appui français aux insurgents. DĂ©putĂ© de la noblesse de Riom aux Ă©tats gĂ©nĂ©raux, La Fayette fut nommĂ© commandant de la Garde nationale le 15 juillet 1789. Partisan de la monarchie constitutionnelle, il doit Ă©migrer de 1792 Ă  1800. Il fut dĂ©putĂ© libĂ©ral sous la Restauration et commanda la Garde nationale en juillet 1830, mais se dĂ©tacha rapidement du gouvernement de la monarchie de Juillet. Marquis de La Fayette - Biographie Pierre Terrail, seigneur de Bayard, surnommĂ© le chevalier sans peur et sans reproche », se rend cĂ©lĂšbre par sa bravoure et son courage durant les guerres d’Italie. Il se distingue si brillamment Ă  Marignan en 1515 que François Ier veut ĂȘtre armĂ© chevalier de ses mains aprĂšs la bataille. En 1522, malgrĂ© des prodiges de valeur, il ne peut empĂȘcher en Lombardie la dĂ©faite de La Bicoque. Ayant reçu mission d’assurer la retraite de l’armĂ©e française aprĂšs la dĂ©faite de Romagnano, il rĂ©ussit Ă  lui faire passer la Sesia, mais il est mortellement blessĂ© d’un coup d’arquebuse, le 30 avril 1524. Chevalier Bayard, modĂšle de courage et de vaillance Alexandre Dumas a immortalisĂ© le Chevalier de Maison-Rouge, personnage de roman, qui pĂ©nĂštre dans la Conciergerie pour faire Ă©vader Marie-Antoinette en 1793. Mais ce personnage de fiction a bel et bien existĂ© sous le nom d'Alexandre Gonsse de Rougeville un homme Ă  femmes, contre-rĂ©volutionnaire, dĂ©vouĂ© corps et Ăąme Ă  la famille royale, partout et pour tous les projets d'Ă©vasions. Son parcours romanesque servira l'Ɠuvre de Dumas, immortalisĂ©e dans le premier feuilleton tĂ©lĂ©visĂ© de l'ORTF. La vĂ©ritable histoire du chevalier de Maison-Rouge Cyrano de Bergerac, le hĂ©ros de théùtre a rĂ©ellement existĂ©, mais le personnage imaginaire est plus vivant et plus crĂ©dible dans l’esprit du public que l’homme original. Bien loin du personnage dĂ©peint par Edmond Rostand dans sa cĂ©lĂšbre piĂšce, le vĂ©ritable Cyrano de Bergerac Ă©tait Ă©crivain, frondeur et libertin. Parisien et non d'origine gasconne, passionnĂ© de sciences et de philosophie, il a Ă©tĂ© l'auteur de plusieurs piĂšces de théùtre et d'un roman d'anticipation, Histoire comique contenant les États et Empires de la Lune 1657. Dans ce dernier, il dĂ©crit de futures inventions comme le phonographe ou la fusĂ©e Ă  Ă©tage. Cyrano de Bergerac, sa vĂ©ritable biographie Jean Moulin 1899-1943 est, au cours de la Seconde Guerre mondiale, un rĂ©sistant français Ă  l’occupation allemande de la France. ArrĂȘtĂ© et torturĂ© par les allemands en 1943, il Ă©tait le visage de la France qui rpoursuivait la lutte contre les nazis. Ancien prĂ©fet de Chartres et mis en disponibilitĂ© par le gouvernement de Vichy, il rejoint De Gaulle Ă  Londres. Ce dernier lui confie alors la lourde tĂąche de rassembler et d'organiser la rĂ©sistance dans la zone sud. Il y fondera l'armĂ©e secrĂšte et surtout le Conseil National de la RĂ©sistance qu'il prĂ©sidera jusqu'Ă  son arrestation Ă  Caluire le 23 juin 1943. En 1964, les cendres de cette figure emblĂ©matique de la RĂ©sistance ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on, Ă  Paris. Jean Moulin - Le visage de la rĂ©sistance Martin Luther 1483-1546 est un thĂ©ologien allemand, Ă  l’origine de la RĂ©forme du christianisme qui a donnĂ© naissance Ă  la religion protestante. Devenu prĂȘtre en 1507, Martin Luther se consacre dĂšs lors Ă  l’étude des textes bibliques et tombe rapidement en dĂ©saccord avec les principaux enseignements de l’Église catholique. RejetĂ© par l’Église catholique, il commence la traduction de la Bible en allemand. GrĂące Ă  l’invention rĂ©cente de l’imprimerie, les Ă©crits de Martin Luther sont rapidement diffusĂ©s partout en Europe. Lorsqu’il meurt en 1546, plusieurs Ă©glises protestantes ou luthĂ©riennes ont Ă©tĂ© fondĂ©es dans le Nord de l’Europe. La RĂ©forme de Martin Luther Antoine de Saint-ExupĂ©ry 1900-1944 Ă©tait un pionnier de l'aviation civile. DouĂ© de talent littĂ©raire, il a racontĂ© ses expĂ©riences dans plusieurs ouvrages Courrier Sud, Vol de nuit, Terres des hommes dans lesquels il exprime son humanisme et son idĂ©al de grandeur et de solidaritĂ© entre les hommes. DotĂ© d'un sens poĂ©tique, il est l'auteur de l'un des plus cĂ©lĂšbres ouvrages au monde, Le Petit Prince, publiĂ© en 1943. Il meurt mystĂ©rieusement au cours d'une mission aĂ©rienne en 1944. Antoine de Saint-ExupĂ©ry, aviateur et Ă©crivain - Biographie De la guerre de trente Ans Ă  la guerre de DĂ©volution en passant par la Fronde, le marĂ©chal de Turenne s'est s'illustrĂ© sur de nombreux champs de bataille du XVIIe siĂšcle. Avec CondĂ© et Vauban, le vicomte de Turenne a largement contribuĂ© aux succĂšs militaires de la France du Grand SiĂšcle ». Sans ses prĂ©cieux marĂ©chaux, le rĂšgne de Louis XIV n’aurait probablement pas eu autant d’éclat. Parmi ces chefs de guerre, Turenne est considĂ©rĂ© comme le plus talentueux, s'illustrant notament Ă  la bataille des Dunes et Ă  la bataille de Nördlingen. Turenne, marĂ©chal de Louis XIV ThĂ©ophraste Renaudot 1586-1653 Ă©tait un mĂ©decin et journaliste français, fondateur de la Gazette de France. On lui doit aussi le Mont de PiĂ©tĂ©, les petites annonces, l’agence pour l’emploi, l’assistance publique, les journaux... Cet homme exceptionnel, chercheur et mĂ©decin qui soignait gratuitement les pauvres, a inventĂ© la solidaritĂ© et le mutualisme. Longtemps oubliĂ©, il ressurgit dans nos mĂ©moires par l’intermĂ©diaire d’un prix littĂ©raire créé par des journalistes français auquel il donnera son nom en 1925 le prix Renaudot. ThĂ©ophraste Renaudot - Biographie Enfant rĂȘveur, Louis II de BaviĂšre le resta toute sa vie et ce, mĂȘme lorsqu'il devint roi Ă  18 ans en mars 1864, Ă  la mort de son pĂšre le souverain-philosophe Maximilien II, le "Marc-AurĂšle Bavarois". Le rĂšgne pouvait alors commencer. Roi mĂ©cĂšne d'abord, protecteur de Wagner et de Kainz, Louis II fut aussi un roi constructeur, chĂąteaux qui rĂ©vĂ©lĂšrent souvent - surtout fut-ce le cas de Neuschwanstein - son caractĂšre atypique. AprĂšs l'heur, que Louis II ne laissait de rechercher, le malheur, qui survint en juin 1886, avec une mort qui n'a cessĂ©, jusqu'Ă  nos jours, de faire couler beaucoup d'encre. Louis II de BaviĂšre, roi rĂȘveur et bĂątisseur Erwin Rommel Ă©tait un gĂ©nĂ©ral allemand, cĂ©lĂšbre pour ses victoires remportĂ©es dans le dĂ©sert au cours de la Seconde Guerre mondiale. EngagĂ© dans l'armĂ©e dĂšs 1910, il avait Ă©tĂ© rapidement repĂ©rĂ© par ses instructeurs pour ses qualitĂ©s personnelles et son aptitude au commandement. RĂ©compensĂ© de nombreuses fois pour sa bravoure lors de la PremiĂšre Guerre mondiale, il se rapproche d'Hitler et des nazis dĂšs 1933. En 1942, il reçoit le commandement de l'Afrikakorps. Une lĂ©gende va naitre, celle du mythe du Renard du dĂ©sert ». Erwin Rommel, le renard du dĂ©sert Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d'Arabie Ă©tait un officier et Ă©crivain britannique, qui a organisĂ© la RĂ©volte arabe contre l’Empire ottoman pendant la PremiĂšre Guerre mondiale. Parmi les ouvrages rĂ©digĂ©s par Lawrence d’Arabie, les Sept Piliers de la sagesse Seven Pillars of Wisdom, 1926 est considĂ©rĂ© comme une Ɠuvre majeure de la littĂ©rature britannique, dont la dimension dĂ©passe le seul rĂ©cit de ses aventures et de son implication dans la rĂ©volte arabe. Lawrence d'Arabie 1888-1935 - Biographie Jacques Cathelineau 1759 - 1793 fut un chef de l’insurrection vendĂ©enne durant la RĂ©volution française, surnommĂ© le saint de l'Anjou ». Sacristain de sa commune, il se place Ă  la tĂȘte de la rĂ©volte dĂ©clenchĂ©e par le vote, le 24 fĂ©vrier 1793, d’une levĂ©e de 300 000 hommes pour combattre les ennemis de la RĂ©volution. Devenu l'un des chefs de l'insurrection vendĂ©enne aux cĂŽtĂ©s du comte de La Rochejaquelein, du marquis de Bonchamps et du gĂ©nĂ©ral d'ElbĂ©e, il est nommĂ© par ses pairs gĂ©nĂ©ralissime de l' armĂ©e catholique et royale » en juin 1793. Il meurt le mois suivant 14 juillet, des suites de la blessure qu'il a reçue lors de l’attaque de Nantes. Jacques Cathelineau, le saint des chouans FrĂ©dĂ©ric Mistral 1830-1914 est un poĂšte français, fervent partisan de la renaissance de la langue occitane. Portant le nom de ce vent frais soufflant dans le sud de la France, il a Ă©tĂ© le pĂšre de l'Ɠuvre incontournable Mireille, mais aussi lexicographe, ethnographe, poĂšte, grand dĂ©fenseur de culture et de la langue provençale. Il est Ă  l'origine du mouvement littĂ©raire du FĂ©librige, avec d’autres poĂštes occitans, parmi lesquels Joseph Roumanille et ThĂ©odore Aubanel. Prix Nobel de littĂ©rature, FrĂ©dĂ©ric Mistral avait pour devise Lou SoulĂšu me fai canta » le Soleil me fait chanter. Il a fondĂ© en 1906 le Museon Arlatan de la Provence Ă  Arles. FrĂ©dĂ©ric Mistral, le poĂšte occitan Gustave Flaubert 1821-1880 est un Ă©crivain français, considĂ©rĂ© comme l’un des maĂźtres de la littĂ©rature rĂ©aliste, en opposition au romantisme du XIXe. Son Ɠuvre s’impose par le scandale que provoque la publication en 1857 de Madame Bovary 1857. Dans ce roman rĂ©aliste aux multiples points de vue, Flaubert dĂ©nonce le conformisme de la sociĂ©tĂ© de son Ă©poque qui, ne supportant pas la critique, lui intente un procĂšs dont il sort acquittĂ©. Il se distingue par sa conception du mĂ©tier d’écrivain il ne laisse aucune place au hasard et fait des recherches trĂšs documentĂ©es et par la modernitĂ© de son Ă©criture. Gustave Flaubert 1821-1880 biographie courte, Ɠuvres Beaumarchais 1732-1799, de son vrai nom Pierre Augustin Caron, est un Ă©crivain et dramaturge français, connu pour ses Ɠuvres théùtrales comme le Barbier de SĂ©ville et le Mariage de Figaro. Tout d'abord horloger du roi, il Ă©pouse une riche veuve de la cour et enseigne la harpe aux filles de Louis XV. Anobli en 1761, il devient le seigneur de Beaumarchais. Agent secret au service du roi, homme d’affaires fortunĂ©, il se retrouve mĂȘlĂ© Ă  de nombreux scandales et procĂšs, fournit des armes aux AmĂ©ricains en lutte pour leur indĂ©pendance et procure des fusils aux rĂ©volutionnaires français. A l’origine de la SociĂ©tĂ© des Auteurs et Compositeurs dramatiques, il est une figure emblĂ©matique du siĂšcle des LumiĂšres. Beaumarchais biographie et principales Ɠuvres Biographie courte François Marie Harouet 1694-1778, dit Voltaire, est un Ă©crivain français auteur de tragĂ©dies, de contes philosophiques Zadig, Candide... et d'ouvrages historiques. Un temps espion, il fut le plus grand journaliste » de son temps, son abondante correspondance reflĂštant un siĂšcle d'Ă©vĂšnements et de pensĂ©es. Grand esprit des LumiĂšres, il a contribuĂ© Ă  L'EncyclopĂ©die de Diderot. OpposĂ© Ă  l'absolutisme royal, Voltaire est le promoteur d'une monarchie Ă©clairĂ©e » plutĂŽt que d'un changement radical de l'ordre social comme le suggĂšre Rousseau. Il reste une source d'inspiration pour les rĂ©volutionnaires de 1789 et deux ans plus tard, la Constituante lui confĂšre les honneurs du PanthĂ©on ou ses cendres sont transfĂ©rĂ©es. Voltaire biographie et principales Ɠuvres Arthur Rimbaud 1854-1891 est un poĂšte français au gĂ©nie prĂ©coce qui a largement contribuĂ© Ă  rĂ©volutionner la poĂ©sie, avant de l’abandonner brusquement Ă  l’aube de ses vingt ans. Rimbaud aura marquĂ© la littĂ©rature autant par sa vie, dont s’est emparĂ© le mythe, que par son Ɠuvre sans prĂ©cĂ©dent, au fondement de la rĂ©volution poĂ©tique moderne et source d'inspiration pour le courant surrĂ©aliste. Sa relation passionnĂ©e et tumultueuse avec Verlaine deviendra lĂ©gendaire. RĂ©voltĂ© contre le pouvoir, la religion et la guerre, Il laisse une oeuvre rĂ©volutionnaire, suscitĂ© par la passion et la soif de sensations fortes. Cette quĂȘte ultime le conduira au Moyen Orient ou il mĂšnera une vie d'aventurier avant de mourir en 1891 Ă  l'age de 37 ans. Arthur Rimbaud - Biographie courte François Rabelais vers 1483-1553 est un Ă©crivain français figurant parmi les premiers humanistes français. Il est notamment l’auteur de Pantagruel et de Gargantua qui vont assurer sa cĂ©lĂ©britĂ©. Sa personnalitĂ© demeure obscure et fait l'objet de nombreuses hypothĂšses. Il apparaĂźt tantĂŽt ivrogne et jouisseur tantĂŽt Ă©rudit et passionnĂ© par les lettres qui instruit tout en amusant ses lecteurs. L'Ɠuvre de Rabelais reste le symbole de l'exubĂ©rance langagiĂšre, qui n'exclut nullement une Ă©rudition de lettrĂ©. Le comique et le sĂ©rieux sont inextricablement mĂȘlĂ©s dans les aventures Ă©piques et romanesques des gĂ©ants Pantagruel le fils puis Gargantua le pĂšre. François Rabelais biographie courte Jean-Jacques Rousseau 1712-1778 est un Ă©crivain, philosophe et musicien genevois et l'une des grandes figures du siĂšcle des LumiĂšres. Ses principaux ouvrages, Discours sur les sciences et les arts, Discours de l’InĂ©galitĂ© parmi les Hommes, la Nouvelle HĂ©loĂŻse, le Contrat Social et l’Emile vont connaĂźtre un succĂšs retentissant. Rousseau y rĂ©habilite les vertus de la nature, la gĂ©nĂ©rositĂ© et la simplicitĂ©, face aux milieux mondains bien-pensants et aux apĂŽtres du progrĂšs. Il deviendra une source d'inspiration pour de nombreux acteurs de la RĂ©volution française. Deux de ses Ɠuvres, qui ont pour thĂšme l'amour de la nature RĂȘveries du promeneur solitaire et la passion amoureuse Julie ou la Nouvelle HĂ©loĂŻse ont eu une profonde influence sur la littĂ©rature romantique du XIXe siĂšcle. Jean-Jacques Rousseau - Biographie courte HonorĂ© de Balzac 1799-1850 est l'un des plus grands romanciers français du XIXe siĂšcle et l'auteur de la ComĂ©die humaine, une vaste Ă©tude de moeurs. Homme d'excĂšs, homme Ă  femmes, orgueilleux et certain de son talent, Balzac peint entre romantisme et rĂ©alisme la sociĂ©tĂ© bouleversĂ©e de son temps, marquĂ©e par la Restauration et la Monarchie de Juillet. En 1833, modeste, il s'Ă©crie je suis tout bonnement en train de devenir un gĂ©nie. » Il vient en fait d'imaginer son Ɠuvre colossale, dont le principe est le retour des personnages d'un roman Ă  l'autre. Ses difficultĂ©s financiĂšres permanente seront Ă  l'origine de son extraordinnaire crĂ©ativitĂ© littĂ©raire, avec plus de 120 romans Ă  son actif. HonorĂ© de Balzac - Biographie courte Jean Racine 1639-1699 est un dramaturge français du XVIIe siĂšcle, et fait partie, avec Pierre Corneille et MoliĂšre, des auteurs les plus marquants du siĂšcle de Louis XIV. AprĂšs avoir tentĂ© de concilier ses aspirations littĂ©raires avec la carriĂšre ecclĂ©siastique, il se consacre tout entier au théùtre. Il est cĂ©lĂšbre pour ses tragĂ©dies classiques inspirĂ©es notamment par les grandes figures de la mythologie grecque Andromaque 1667, IphigĂ©nie 1674 ou PhĂšdre 1677. Racine y peint la victoire funeste des Passions sur la Raison et jette sur les planches des hĂ©ros tourmentĂ©s vouĂ©s Ă  se dĂ©truire et ne pouvant Ă©chapper Ă  leur destin imposĂ© par les forces divines. Jean Racine - Biographie Charles Baudelaire 1821-1867 est un des grands noms de la poĂ©sie française du XIXe siĂšcle. Son Ɠuvre la plus connue, Les fleurs du mal, lui vaudra de nombreux dĂ©boires judiciaires. Le poĂšte et son Ă©diteur sont condamnĂ©s pour immoralitĂ©, les thĂšmes abordĂ©s Ă©tant jugĂ©s scandaleux. PersuadĂ© que la sociĂ©tĂ© n’est pas prĂȘte Ă  accueillir son Ɠuvre, Charles Baudelaire se sent un poĂšte maudit ». A la fois prĂ©curseur d’une esthĂ©tique moderne qualifiĂ©e de surnaturalisme » et critique littĂ©raire reconnu, il aura servi de modĂšle Ă  de nombreux poĂštes français, dont les brillants Paul Verlaine et Arthur Rimbaud. Charles Baudelaire - Biographie courte Biographie courte - Paul Verlaine 1844-1896 reste au panthĂ©on des poĂštes français du XIXe, comme l’un des plus remarquables tant par son Ɠuvre empreinte de musicalitĂ©, que par son destin marquĂ© du sceau de la passion et de la tragĂ©die. Son existence sera durablement marquĂ©e par sa rencontre avec Rimbaud, avec qui il entrentiendra une relation sulfureuse et alcolisĂ©e. Son oeuvre exprimera le dualisme d'une existence faite de la recherche d'un bonheur tranquille et d'une fuite dans les plaisirs morbides. En 1893, trois ans avant sa mort, il est sacrĂ© prince des poĂštes » par ses contemporains. Paul Verlaine - Biographie Biographie courte Émile Zola 1840-1902 est un romancier français du XIXe siĂšcle et prĂ©curseur du naturalisme en littĂ©rature. Les romans les plus cĂ©lĂšbres de Zola sont les Rougon-Macquart 1871-1893, une saga en vingt volumes qui dĂ©peint l' histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire » . Écrivain engagĂ©, il prend parti lors de l’affaire Dreyfus, convaincu de l’innocence de l’accusĂ©. Il publie en 1898 dans le journal l’Aurore sa cĂ©lĂšbre lettre ouverte adressĂ©e au prĂ©sident de la RĂ©publique, J’accuse ». CondamnĂ© pour diffamation, il n’a d’autre choix que de s’exiler en Angleterre avant d’ĂȘtre rĂ©habilitĂ©. Ses cendres seront transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on en 1908, six ans aprĂšs sa mort. Émile Zola - Biographie et principales Ɠuvres Louis-SĂ©bastien Mercier 1740-1814, qui se nommait lui-mĂȘme le plus grand livrier de France » peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le grand reporter du XVIIIe siĂšcle. PoĂšte, journaliste, Ă©crivain, il a vĂ©cu sous plusieurs rĂ©gimes politiques allant de la monarchie Ă  l’Empire en passant par la constituante, la Convention et le Directoire. Son Tableau de Paris » lui a valu son premier succĂšs, mais aussi ses dĂ©boires et l’AcadĂ©mie lui fut interdite. Auteur d’un Essai sur l’art dramatique qui rĂ©volutionna la pensĂ©e critique sur le théùtre, Mercier rencontra en son temps un grand succĂšs comme dramaturge mais il a Ă©tĂ© oubliĂ© depuis. Les romantiques virent pourtant en lui un prĂ©curseur en raison de sa vision de l’Histoire. Louis-SĂ©bastien Mercier, grand reporter du XVIIIe siĂšcle Michel Eyquen de Montaigne 1533-1592 est un Ă©crivain français cĂ©lĂšbre pour ses "essais", son unique oeuvre. Grand Humaniste, il Ă©tait enclin Ă  la tolĂ©rance entre les ĂȘtres et au respect de la diffĂ©rence, en posant les premiers principes oĂč la SociĂ©tĂ© devrait ĂȘtre faite pour servir l’Homme et non l’inverse. Aimant communiquer et en en faisant sa philosophie, il a toujours prĂŽnĂ© le dialogue et la rĂ©flexion plutĂŽt que la violence et l’action, comme il l’écrit dans ses Essais la parole est moitiĂ© Ă  celui qui parle, moitiĂ© Ă  celui qui Ă©coute » ou notre bien et notre mal ne tient qu’à nous » et enfin il n’est aucune si douce consolation en la perte de nos amis que celle que nous apporte la science de n’avoir rien oubliĂ© Ă  leur dire, et d’avoir eu avec eux une parfaite et entiĂšre communication ». Michel Eyquem de Montaigne - Biographie Biographie courte - Bien qu'ayant Ă©tĂ© un homme politique influent, François RenĂ© de Chateaubriand 1768-1848 est surtout connu comme Ă©crivain de talent et prĂ©curseur du mouvement romantique. Issu d'une classe aristocratique malmenĂ©e par la RĂ©volution française, conservateur, pieux, il mĂ©prise le rationalisme matĂ©rialiste des LumiĂšres, ne se reconnaitra pas dans le Premier Empire et sera grandement déçu par la Restauration. Homme libre, hors-norme, mĂ©lancolique et tourmentĂ©, François-RenĂ© de Chateaubriand s'impose comme un des plus grands esprits du XIXe siĂšcle. Enfant, Victor Hugo Ă©crira dans ses cahiers Je veux ĂȘtre Chateaubriand ou rien. » François RenĂ© de Chateaubriand - Biographie Biographie courte - Jean Baptiste Poquelin, dit MoliĂšre, est un auteur et comĂ©dien français du XVIIe siĂšcle dont le nom Ă  lui seul Ă©voque les plus grandes heures du théùtre français. D'abord influencĂ© par les comĂ©dies italiennes, MoliĂšre affirme un style original dans une succession de comĂ©dies qui ironisent sur les moeurs de son Ă©poque. Si, par ses dons d'auteur et d'acteur, il a donnĂ© vie Ă  des types » comiques savoureux, MoliĂšre reste surtout cĂ©lĂšbre pour sa rĂ©flexion sur les travers de la sociĂ©tĂ© et les faiblesses de l'homme. CrĂ©ateur, acteur et chef de troupe, le dramaturge le plus jouĂ© de France a su renouveler le théùtre moraliste et comique, inventant des personnages typiques qu’il prend un malin plaisir Ă  ridiculiser. MoliĂšre Jean Baptiste Poquelin - Biographie courte Guy de Maupassant 1850-1893, Ă©crivain français prolifique malgrĂ© sa courte existence nous a laissĂ© six romans et prĂšs de trois cents nouvelles, dans un style qui mĂ©lange rĂ©alisme et fantastique. PubliĂ©s de 1880 Ă  1891, ces ouvrages dĂ©crivent avec rĂ©alisme les milieux mondains et ruraux. Son naturel profondĂ©ment angoissĂ© inspirera profondĂ©ment le pessimisme et parfois l'horreur qui rĂšgnent dans ses Ɠuvres. Il finit par perdre la raison en 1891 et mourra deux ans plus tard. Guy de Maupassant - Biographie et Ɠuvres Biographie courte - Jean de La Fontaine 1621-1695 est un Ă©crivain français du xviie siĂšcle. Il a Ă©crit les trĂšs cĂ©lĂšbres Fables, hĂ©ritĂ©es de la tradition orale et du fabuliste grec Ésope. Il y montre une grande maĂźtrise de la langue française et du vers. Il fut aussi l’auteur de Contes, de PoĂšmes, de ComĂ©die, d’Epitre et de Discours, ce qui ne lui valut pas toujours que de l’admiration et des amitiĂ©s. Ecrivain, poĂšte lĂ©gĂšrement libertin, il accĂšdera au fauteuil de l’AcadĂ©mie Française, sa plus chĂšre ambition Ă  la fin de sa vie, mais il devra renier ses premiers contes et sera ainsi en rĂšgle » avec Dieu ! Jean de La Fontaine - Biographie Le Marquis de Sade 1740-1814 Ă©tait un Ă©crivain et humaniste du siĂšcle des LumiĂšres, grand Amoureux de la libertĂ©, sans tabous et sans implication de Dieu. Son oeuvre, qui est Ă  la fois la thĂ©orie et l'illustration de ce qu'on dĂ©signera par "le sadisme", forme le double pathologique des philosophes et naturalistes de son Ă©poque. Les diffĂ©rents rĂ©gimes qui l'ont rejetĂ© ont fait de lui le plus obscur des hommes cĂ©lĂšbres ou le plus cĂ©lĂšbre des hommes obscurs ». Son nom fascine encore et toujours depuis plus de deux siĂšcles, car il a osĂ© Ă©crire ce que personne n'a jamais osĂ©... Le Marquis de Sade - Biographie Biographie courte - Guillaume Apollinaire 1880-1918 est un poĂšte français, pionnier de la poĂ©sie moderne. Il est l’inventeur du calligramme c’est lui qui en invente le nom, un poĂšme dessinĂ©. Guillaume Apollinaire vit Ă  une Ă©poque charniĂšre de la poĂ©sie française. Il connaĂźt la fin du symbolisme et dĂ©cĂšde avant les rĂ©volutions dadaĂŻste et surrĂ©aliste, que sa propre expĂ©rience novatrice a inspirĂ©es. Quand la PremiĂšre Guerre mondiale Ă©clate, Guillaume Apollinaire est mobilisĂ©. BlessĂ© Ă  la tĂȘte par un Ă©clat d’obus, trĂšs affaibli, il meurt de la grippe espagnole. Guillaume Apollinaire - Biographie Biographie courte - Grande figure du siĂšcle des LumiĂšres, Montesquieu 1689-1755 est un Ă©crivain et philosophe français, auteur de deux ouvrages majeurs qui ont assurĂ©s sa postĂ©ritĂ© l’un littĂ©raire, Les lettres Persanes, l’autre politique, L’esprit des Lois. Le premier marque les dĂ©buts de la pensĂ©e des LumiĂšres. Le second sera une sources d’inspiration pour les rĂ©dacteurs des premiĂšres constitutions françaises, en quĂȘte d’équilibre et de sĂ©paration des pouvoirs. Montesquieu est aussi l'un des fondateurs de la sociologie politique et des sciences sociales en gĂ©nĂ©ral. Montesquieu - Biographie du philosophe des lumiĂšres Louis de Rouvroy, plus connu sous le nom de Saint-Simon », est un mĂ©morialiste français dont les MĂ©moires 1691-1723 constituent un tĂ©moignage Ă  la fois historique et humain sur la fin du rĂšgne de Louis XIV et sur la RĂ©gence. Il Ă©tait dĂ©jĂ  comparĂ© de son vivant au plus intĂ©ressant et au plus agrĂ©able des dictionnaires » par le marĂ©chal de Belle-Isle, alors que la premiĂšre Ă©dition de ses MĂ©moires ne paraitra qu’en d’ordre et de justice, amoureux de toute vĂ©ritĂ©, passionnĂ© du bien de l’État, sa vie de courtisan Ă  Versailles, Fontainebleau, Marly, oĂč se succĂšdent les intrigues et Ă©vĂ©nements mondains, lui a donnĂ© matiĂšre Ă  observation. Le duc de Saint-Simon Louis de Rouvroy - Biographie Biographie courte Victor Hugo a dominĂ© la littĂ©rature française au XIXe et est considĂ©rĂ© comme le chef de file du mouvement romantique. Auteur du roman Les MisĂ©rables et du recueil de poĂ©sie les Contemplations, il est prĂ©sentĂ© comme un Ă©crivain engagĂ©, symbole emblĂ©matique de IIIe RĂ©publique et de la rĂ©sistance au Second Empire. Victor Hugo n’en demeure pas moins un gĂ©nie tant approuvĂ© que discutĂ© et Ă  l’Ɠuvre dĂ©mesurĂ©e. Mais derriĂšre elle et contrairement Ă  la prĂ©sentation que le critique littĂ©raire Sainte-Beuve fit de lui Hugo n’est pas de la race des hommes. Il est nĂ© des dents du dragon » se cache un homme profondĂ©ment humain. Victor Hugo - Biographie courte Le français Jean-François Champollion est l'un des plus cĂ©lĂšbres Ă©gyptologues du XIXe siĂšcle. Produisant le premier systĂšme scientifique de dĂ©chiffrage des hiĂ©roglyphes, celui qui affirma Je suis tout pour l’Egypte et elle est tout pour moi » aura marquĂ© l’histoire et pas seulement en tant que discipline . Enfant de la RĂ©volution et de l’expĂ©dition d’Egypte, Champollion contribua Ă  sa maniĂšre Ă  l’établissement d’une relation particuliĂšre entre Paris et le Caire, qui deux siĂšcles plus tard perdure toujours. Prince des Egyptophiles, son Ɠuvre incontournable est encore visible Ă  Paris, avec un certain obĂ©lisque, Place de la Concorde
 Jean-François Champollion, le dĂ©chiffreur des hiĂ©roglyphes Depuis son dernier coup d’éclat mĂ©diatique rĂ©alisĂ© autour des derniĂšres rĂ©vĂ©lations sur la mort et la gĂ©nĂ©alogie de Toutankhamon, le puissant chef des antiquitĂ©s Ă©gyptiennes n’est plus un inconnu du grand public. Inlass DossiermystĂšres d'Ă©crivain: dĂ©couvrez la liste complĂšte des articles de la thĂ©matique mystĂšres d'Ă©crivain Ă  lire sur Slate Magazine. mystĂšres d'Ă©crivain 47 articles Vous aimez lire et, avant de lire, vous souhaitez choisir vos livres? En vous abonnant au site vous avez accĂšs – Ă  une bibliothĂšque d’analyses bibliographiques de plus de 41000 titres couvrant la littĂ©rature adulte, jeunesse et les Bandes DessinĂ©es – Ă  plusieurs dizaines de nouvelles analyses chaque semaine, rĂ©digĂ©es par une centaine de rĂ©dacteurs bĂ©nĂ©voles, enthousiastes et indĂ©pendants – Ă  une revue sur l’actualitĂ© littĂ©raire, Ă  des interviews, des articles thĂ©matiques
 Et abonnez-vous Ă  la newsletter qui vous informera des prochaines analyses et des coups de coeur de la rĂ©daction. Je m’abonne

Leconcept de littĂ©rature a Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement contestĂ©e par des Ă©crivains tels que par les critiques et les thĂ©oriciens: Ă  l’initiative de la SociĂ©tĂ© des Auteurs et Compositeurs Dramatiques en 1777 , et HonorĂ© de Balzac avec sa «Lettre aux Ă©crivains du XIXe siĂšcle», publiĂ© dans la Revue de Paris en 1834 qui a conduit en 1838 Ă  la crĂ©ation d’entreprise des hommes

Le site VIDA, visant Ă  explorer les perceptions de l’écriture fĂ©minine dans la critique et la culture», se penche depuis trois ans sur la prĂ©sence fĂ©minine dans la presse littĂ©raire amĂ©ricaine. L'an dernier, nous avions relayĂ© les rĂ©sultats de leur Ă©tude pour l'annĂ©e 2010. Les rĂ©sultats Ă©taient accablants l'immense majoritĂ© des livres chroniquĂ©s sont Ă©crits par des hommes, et chroniquĂ©s par des hommes. VIDA vient d'actualiser ses donnĂ©es rien n'a changĂ©. Se reposant sur un panel de plusieurs grandes publications – parmi lesquelles le New York Review of Books», le London Review of Books», le Times Literary Supplement» et le New York Times Book Review» - le site rĂ©alise annuellement une enquĂȘte visant Ă  recenser le nombre d’auteures dont l’ouvrage fait l’objet d’un article et le nombre de femmes parmi les critiques. Les rĂ©sultats 2010-2012, publiĂ©s sur le site, donnent quelque chose comme çaLa suite aprĂšs la publicitĂ© Les livres Ă©crits par des femmes dans la presse littĂ©raire Les femmes en bleu, les hommes en rose source Vidaweb Les femmes critiques dans la presse littĂ©raire Les femmes en bleu, les hommes en rose source VidawebLa suite aprĂšs la publicitĂ© Amy King, poĂšte – pardon, poĂ©tesse – et collaboratrice du site, nous a expliquĂ© plus en dĂ©tails cette entreprise. Bibliobs De quelle façon l’enquĂȘte a-t-elle Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e? Amy King Il y a trois ans, nous avons sĂ©lectionnĂ© un certain nombre de journaux en nous basant sur l’importance de leur diffusion et leur rĂ©putation de prescripteurs dans le secteur de l’édition. Nous avons analysĂ© chaque numĂ©ro, relevĂ© le sexe de chaque auteur et critique, et revĂ©rifiĂ© pour savoir si nos comptes Ă©taient bons. C’est un processus fastidieux qui requiert beaucoup de volontaires et de temps passĂ© Ă  vĂ©rifier les noms ambigus pour dĂ©terminer leur genre. Mais il nous a donnĂ© la preuve de ce que beaucoup d’entre nous suspectaient depuis longtemps les hommes sont beaucoup plus publiĂ©s, et font l’objet de beaucoup plus de critiques dans les grands journaux, ce qui aboutit Ă  une plus d’opportunitĂ©s de carriĂšre et plus de ventes. Comment interprĂ©tez-vous ces rĂ©sultats? Est-ce parce que les femmes Ă©crivent effectivement moins que les hommes?La suite aprĂšs la publicitĂ© Le fait est que les raisons pour lesquelles les femmes rĂ©digent moins de critiques, et font moins l’objet de critiques, sont nombreuses et complexes, mais il est possible de toutes les surmonter. D’une part, je pense que nous vivons dans un monde oĂč l’on considĂšre encore que les femmes doivent s’occuper des enfants, mĂȘme si ce paradigme est de moins en moins vrai. Et comme les femmes travaillent Ă  plein temps et s’occupent en mĂȘme temps des travaux domestiques», il leur reste moins de temps que les hommes pour Ă©crire. Mais il y a aussi la perception de la demande quand un Ă©crivain rĂ©clame une critique pour son livre, il est souvent perçu comme audacieux; alors que quand c’est une femme, elle est considĂ©rĂ©e comme arriviste» ou pleurnicharde». Ces stĂ©rĂ©otypes pourraient affecter la confiance des Ă©crivaines, leur dĂ©termination Ă  demander une critique et mĂȘme Ă  Ă©crire. Et assez souvent, les Ă©diteurs vont simplement puiser dans leur vivier d’écrivains, toujours les mĂȘmes, et confier des articles et des critiques aux Ă©crivains masculins auxquels ils ont recours depuis des annĂ©es, parce qu’ils savent que les rĂ©sultats seront au rendez-vous. Ces mĂȘmes Ă©diteurs peuvent parfois envisager de faire un petit effort pour diversifier leur palette d’auteurs en sollicitant quelques femmes, mais reviennent aussitĂŽt Ă  leur Ă©curie» d’hommes. Ce n’est pourtant pas si compliquĂ© d’envoyer une demi-douzaine d’emails pour demander un article ou une critique Ă  des Ă©crivaines! Elles sont disponibles, talentueuses et volontaires, si on leur suite aprĂšs la publicitĂ© Une inĂ©galitĂ© que l’on retrouve aussi dans les prix littĂ©raires, comme l’indique une enquĂȘte menĂ©e par l'Observatoire des inĂ©galitĂ©s. Y a-t-il un lien selon vous? Selon moi, le fait que les grands journaux publient et critiquent ce qu’il y a de mieux» ce qui s’avĂšre ĂȘtre majoritairement masculin influence directement ceux qui dĂ©cernent les prix. Ces derniers croient que la majoritĂ© des meilleurs» ouvrages sont Ă©crits pas des hommes, et ils distribuent les prix en consĂ©quence. Cependant, quand vous vous basez sur les des sites comme Goodreads, oĂč les lecteurs Ă©lisent le meilleur» livre ou le plus gratifiant», la situation s’inverse en faveur des textes Ă©crits par des auteures. Ce renversement de situation renseigne sur le milieu de la critique littĂ©raire, dirigĂ© par une petite Ă©lite d’éditeurs ayant une vision assez restreinte quand il s’agit de sĂ©lectionner les livres sur lesquels rĂ©diger un article. En tant qu’auteur, avez-vous dĂ©jĂ  perçu ce manquĂ© de reprĂ©sentation des femmes dans la critique littĂ©raire?La suite aprĂšs la publicitĂ© Bien Ă©videmment, j’ai dĂ©jĂ  ressenti la douleur de voir mon travail rejetĂ©, sĂ»rement parce que j’écris une poĂ©sie trĂšs expĂ©rimentale». Je ne sais pas dans quelle mesure le fait que je sois une femme joue dans ce refus, je ne suis mĂȘme pas sĂ»re que ce soit le cas. Mais le fait est que je n’ai jamais Ă©tĂ© une poĂšte qui attend des critiques je les rĂ©clame. Je ne pense pas que cette tactique soit trĂšs rĂ©pandue parmi les poĂ©tesses, parce que beaucoup de dĂ©butantes m’ont demandĂ© comment j’avais eu autant de critique sur mon travail – qui constitue par ailleurs une littĂ©rature trĂšs spĂ©cifique et assez obscure. C’est assez simple je profite de la facilitĂ© et du pouvoir que me procure Internet pour trouver des critiques que j’apprĂ©cie et qui pourraient ĂȘtre attirĂ©s par mes Ă©crits, et je leur demande d’examiner ce que je fais, sans le leur imposer. J’ai aussi puisĂ© dans les listes de diffusion dirigĂ©es par des femmes. J’appartiens Ă  certaines d’entre elles, comme la Women’s Poetry Listserv WOMPO et Pussipo. Celles-ci sont composĂ©es d’un grand nombre de femmes poĂštes, et forment ainsi une communautĂ© vers laquelle je peux me tourner pour demander de l’aide. Les hommes travaillent souvent en petits groupes, les femmes devraient suivre leur exemple et trouver une communautĂ©, mĂȘme virtuelle, pour les aider. Propos recueillis par Louis Blanchard La critique littĂ©raire est-elle sexiste ? Revenir Ă  la Une de BibliObs Les40 Ă©crivains cĂ©lĂšbres les plus lus et les plus connus de l'histoire. Chaque mot Ă©crit a un pouvoir trĂšs spĂ©cial. Il est capable de devenir l'inspiration de beaucoup pour atteindre leurs objectifs. Changer notre regard sur nous-mĂȘmes, voire inspirer des rĂ©volutions Ă  travers Ă©crivains cĂ©lĂšbres. C'est pourquoi des Ă©crivains cĂ©lĂšbres se sont chargĂ©s de changer le monde Ă 
La solution Ă  ce puzzle est constituéÚ de 9 lettres et commence par la lettre M CodyCross Solution ✅ pour ÉCRIVAIN CRITIQUANT LA SOCIÉTÉ ET LES HOMMES de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres types d'aide pour rĂ©soudre chaque puzzle Voici Les Solutions de CodyCross pour "ÉCRIVAIN CRITIQUANT LA SOCIÉTÉ ET LES HOMMES" CodyCross Cirque Groupe 94 Grille 2 0 0 Partagez cette question et demandez de l'aide Ă  vos amis! Recommander une rĂ©ponse ? Connaissez-vous la rĂ©ponse? profiter de l'occasion pour donner votre contribution! CODYCROSS Cirque Solution 94 Groupe 2 Similaires
Đ§ÎžÖ€ĐŸ ŐŠ ĐŸáˆ°Ń‹ŃˆĐ­Đ»ŃƒÖ„ ĐœŐĄ щ
ĐáŒˆáŒ°Đ±Ń€ ŐȘĐŸáŠĄŃ…Ń€Đ°Ő±Ń‹ŐŁá‰ź Ö…Đ±ÎžŃ‚Î±áˆ§Đ” ĐșĐŸ
ቄճ ĐșቱчДАсĐșÏ…ŐŠĐ°Ń‚Đž ቩсĐČĐŸáŒ©ŃƒŃ‰ Đ”
Ő•ÎœÎ” ÎčÎœÎżŃˆá…Îșաт վւጇաĐČĐŸáˆƒĐ”ĐąĐ”Ń‰Ń‹Đ»ŃƒÏ ОхՄ аηуĐșт
ĐŁá‹Čá‹ŽĐ·áˆĐșĐ”áŒŠ оዣо ŃˆŃƒĐ˜Ő°ÎżáŒƒŐžÖ‚ĐŽĐ” Đ”
Lasolution Ă  la question: Écrivain critiquant la sociĂ©tĂ© et les hommes Solution est: M O R A L I S T E « PrĂ©cĂ©dent Tout Grille 2 Solution Suivant » Sur CodyCross. CodyCross est un cĂ©lĂšbre jeu nouvellement publiĂ© dĂ©veloppĂ© par Fanatee. Il a beaucoup de mots croisĂ©s divisĂ©s en diffĂ©rents mondes et groupes. Chaque monde a plus de 20 groupes avec 5 grille chacun. Certains des

La rĂ©vĂ©lation d’une possible nomination par Emmanuel Macron de l’écrivain Philippe Besson au consulat de France Ă  Los Angeles n’a pas manquĂ© de faire grincer des dents. Et pour cause la publication d’Un personnage de roman, en 2017, trĂšs tendre envers Macron, donne Ă  l’affaire des airs de faveur accordĂ©e par le monarque Ă  son lettrĂ© courtisan. Si l’épisode a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© largement commentĂ©, il est possible de l’analyser sous un autre angle en s’intĂ©ressant aux liens entre les Ă©crivain-e-s ou plus largement la littĂ©rature et l’institution prĂ©sidentielle en France. Car Macron n’est pas le premier Ă  mobiliser la sphĂšre littĂ©raire dans son exercice du pouvoir, que ce soit du point de vue de sa relation aux Ă©crivains ou de la mise en scĂšne de sa culture littĂ©raire. En fait, il ne fait que tenter de se placer dans le sillage d’une tradition française du leader lettrĂ© que d’autres ont façonnĂ©e avant lui. L’habiletĂ© d’Emmanuel Macron dans l’incarnation de la fonction prĂ©sidentielle n’est, Ă  peine plus d’un an aprĂšs son Ă©lection, plus Ă  dĂ©montrer. Son image trĂšs travaillĂ©e, sa communication ultra verrouillĂ©e et sa convocation constante de l’imaginaire monarchique dĂ©montrent son souci d’incarner une verticalitĂ© du pouvoir en France. Au sein de cet imaginaire, il est un Ă©lĂ©ment qui semble provoquer depuis un long moment, dans la sociĂ©tĂ© française, une forme d’adhĂ©sion inĂ©galĂ©e le goĂ»t et la maĂźtrise de la littĂ©rature. Si les prĂ©dĂ©cesseurs de Macron, Ă  savoir Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ne se sont pas particuliĂšrement illustrĂ©s dans ce domaine, force est de constater que le leader d’En Marche s’est employĂ© Ă  mobiliser ce que le sociologue Bernard Pudal appelle la “symbolique lettrĂ©e”[1]. Il suffit pour s’en convaincre de lire l’interview accordĂ©e Ă  la prestigieuse NRF au mois de mai dernier, dans laquelle Macron cĂ©lĂšbre avec passion le patrimoine littĂ©raire national. Mentionnons Ă©galement le portrait officiel du monarque rĂ©publicain, qui fait se juxtaposer smartphones et exemplaires des Nourritures terrestres de Gide, du Rouge et le noir de Stendhal et des MĂ©moires de guerre de de Gaulle. Ces Ă©lĂ©ments montrent dĂ©jĂ  Ă  quel point la littĂ©rature constitue pour Macron un outil d’incarnation indispensable pour le rĂ©gime prĂ©sidentialiste qu’est la Ve RĂ©publique. Le Premier ministre Edouard Philippe n’est toutefois pas en reste. Auteur d’un ouvrage exhortant les politiques Ă  lire, il s’est fendu, le 4 juillet dernier, d’une rĂ©plique de Cyrano de Bergerac dans une joute oratoire Ă  l’AssemblĂ©e. Visiblement passionnĂ© de littĂ©rature, Philippe semble lui aussi tenter de s’inscrire dans le sillage des hommes politiques lettrĂ©s. Mais de quel hĂ©ritage se rĂ©clament alors Emmanuel Macron et son Premier ministre ? La littĂ©rature est-elle un simple outil de communication politique en France, ou bien rentre-t-elle en interaction plus profonde avec les responsables politiques ? La littĂ©rature une institution sacralisĂ©e au sein de la sociĂ©tĂ© française Historiens et politistes ont dĂ©jĂ  montrĂ© le lien de longue durĂ©e qui unit, en France, la littĂ©rature Ă  la politique, notamment via les Ă©lites. L’historien de la littĂ©rature Paul BĂ©nichou [2] a par exemple analysĂ© la dynamique plurisĂ©culaire de sacralisation de la littĂ©rature au sein de la sociĂ©tĂ© française selon lui, la figure de l’écrivain aurait mĂȘme peu Ă  peu supplantĂ© le magistĂšre moral du clergĂ©, son autoritĂ© spirituelle venant combler une crise de lĂ©gitimitĂ© des Ă©lites politiques et religieuses. En dĂ©coule une vĂ©ritable croyance, en France, dans le pouvoir spirituel de la littĂ©rature et des Ă©crivains. Cette croyance est façonnĂ©e et entretenue par des institutions profondĂ©ment ancrĂ©es dans la sociĂ©tĂ© l’école produit et vĂ©hicule les “classiques scolaires” ; elle forme Ă©galement, jusqu’au premier XXe siĂšcle, des Ă©lites socio-politiques par les lettres par le biais des “serres” que sont la khĂągne et l’Ecole Normale SupĂ©rieure, selon l’expression de l’historien Jean-François Sirinelli [3]. Le champ littĂ©raire oscille alors entre autonomisation grandissante en se dotant de ses propres institutions, comme les prix littĂ©raires, surtout au dĂ©but du XXe siĂšcle et proximitĂ© avec la sphĂšre politique l’AcadĂ©mie française, premiĂšre institution littĂ©raire française, garde un lien important avec le pouvoir, par exemple. IntĂ©ressons-nous au cas trĂšs riche de la Ve RĂ©publique. Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle, qui la fonde et dessine par lĂ  mĂȘme le sillage d’une pratique prĂ©sidentielle dans lequel ses successeurs tenteront de s’engouffrer, pose d’entrĂ©e de jeu un rapport Ă©troit et fĂ©cond entre pouvoir politique et littĂ©rature. Des politistes comme François Hourmant [4] ou Christian Le Bart [5] ont montrĂ© Ă  quel point le premier prĂ©sident de la Ve RĂ©publique a su jouer d’une double identitĂ©, Ă  savoir homme politique providentiel ! et Ă©crivain. La mobilisation de l’identitĂ© d’écrivain, la publication des MĂ©moires de guerre entre 1954 et 1959 contribue Ă  individualiser la sphĂšre politique et Ă  construire l’image d’un leader aux qualitĂ©s exceptionnelles. La postĂ©ritĂ© du GĂ©nĂ©ral maintient d’ailleurs cette identitĂ© d’écrivain rappelons que les MĂ©moires de guerre ont Ă©tĂ© proposĂ©s Ă  l’étude des candidats au baccalaurĂ©at littĂ©raire en 2012. Pompidou et Mitterrand deux trajectoires marquĂ©es par la littĂ©rature Nous faisons le choix, dans cet article, de dĂ©velopper particuliĂšrement deux cas prĂ©sidentiels ayant succĂ©dĂ© Ă  de Gaulle Georges Pompidou, son Premier ministre entre 1962 et 1968, Ă©lu chef de l’Etat en juin 1969, et François Mitterrand, opposant socialiste parvenu au pouvoir en mai 1981. Ces deux hommes politiques semblent en effet cristalliser nombre de points de rencontre entre politique et littĂ©rature au sommet de l’Etat, que ce soit par leur formation secondaire ou supĂ©rieure, leur goĂ»t personnel pour la littĂ©rature, leur culture littĂ©raire, ou leur frĂ©quentation d’autrices et auteurs. Le choix d’étudier deux prĂ©sidents issus de bords politiques opposĂ©s permet aussi de souligner le caractĂšre universel, en politique, de la valorisation de la littĂ©rature comme institution, voire comme valeur en soi. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique se devant, du moins en apparence, de dĂ©passer les clivages, l’appel Ă  la littĂ©rature constitue un moyen efficace de valoriser une spĂ©cificitĂ© nationale. François Mitterrand lisant Ă  bord de son avion en 1984. Pompidou et Mitterrand font partie de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration l’un est nĂ© en 1911, l’autre en 1916. Tous deux grandissent en province dans les annĂ©es 1910-1920, dans le Tarn pour Pompidou ; en Charente pour Mitterrand. Historiens et biographes se sont souvent attachĂ©s Ă  montrer comment l’enfance a façonnĂ© un rapport singulier au territoire chez l’un comme chez l’autre. Elle correspond aussi pour les deux hommes Ă  la genĂšse d’un rapport privilĂ©giĂ© Ă  la lecture tous deux insistent, dans leurs diffĂ©rents Ă©crits autobiographiques, sur le temps passĂ© Ă  lire, enfants, les classiques grĂ©co-latins ou les romans français du XIXe siĂšcle. Cette appĂ©tence pour la littĂ©rature se traduit par une excellence scolaire dans les matiĂšres littĂ©raires, Ă  savoir principalement le latin et le grec, l’histoire et le français. Elle contribue Ă©galement Ă  ancrer l’idĂ©e, chez ces deux futurs hommes politiques, d’une grandeur littĂ©raire française inĂ©galable, faite de classiques et d’incontournables. Ainsi, Georges Pompidou est vite repĂ©rĂ© par ses enseignants Ă  Albi, qui le poussent Ă  intĂ©grer l’hypokhĂągne du lycĂ©e Pierre-de-Fermat Ă  Toulouse, puis, Ă  l’aide d’une bourse, la prestigieuse khĂągne du lycĂ©e Louis-le-Grand Ă  Paris en 1929. Il rĂ©ussit en 1931 le concours d’entrĂ©e Ă  l’Ecole normale supĂ©rieure de la rue d’Ulm, avant d’ĂȘtre reçu major Ă  l’agrĂ©gation de lettres classiques en 1935. L’ascension sociale de ce fils d’instituteurs, eux-mĂȘmes enfants d’agriculteurs, en fait un vĂ©ritable idĂ©al-type du “boursier conquĂ©rant”[6] de la TroisiĂšme RĂ©publique, qui place les lettres au coeur de l’élĂ©vation individuelle dans la sociĂ©tĂ©. Louis-le-Grand, Ă©tĂ© 1930. On reconnaĂźt, au premier plan, Georges Pompidou ; au deuxiĂšme, LĂ©opold SĂ©dar Senghor. Il est vrai que la place des lettres dans la formation de François Mitterrand est moins Ă©vidente. C’est par la facultĂ© de droit parisienne et l’Ecole libre des sciences politiques que le jeune charentais passe au cours de la deuxiĂšme partie des annĂ©es 1930, suivant une voie toute indiquĂ©e vers une carriĂšre politique. PrĂ©cisons toutefois que le parcours scolaire secondaire du jeune Mitterrand, effectuĂ© dans des institutions privĂ©es catholiques – conformĂ©ment aux origines sociales de sa famille – marque durablement son rapport Ă  la littĂ©rature. Le futur socialiste, baignant alors dans un environnement bourgeois et trĂšs conservateur, se familiarise avec une littĂ©rature Ă  l’image de ce milieu marquĂ©e Ă  droite, et fortement ancrĂ©e dans un territoire les noms de Jacques Chardonne et de François Mauriac, par exemple, seront par la suite frĂ©quemment mobilisĂ©s par les mĂ©dias pour caractĂ©riser les goĂ»ts littĂ©raires de l’homme politique. Dans le Paris des annĂ©es 1930, l’étudiant qu’il devient cherche Ă  assouvir sa soif de littĂ©rature non seulement en lisant, mais aussi en publiant rĂ©guliĂšrement des critiques littĂ©raires clouant au pilori les Ă©crivains alors considĂ©rĂ©s comme progressistes, Ă  l’instar d’AndrĂ© Gide ou de Louis Aragon ou en se rendant aux confĂ©rences et rencontres littĂ©raires mettant en vedette les grands Ă©crivains de l’époque. Pour Pompidou comme pour Mitterrand, le temps des apprentissages correspond donc, parallĂšlement Ă  leur socialisation politique, Ă  un temps de socialisation littĂ©raire particuliĂšrement important, qui dĂ©finit en grande partie leur cadre d’analyse, leur vision du monde future. Ils s’y confrontent, on l’a dit, aux “classiques”, mais commencent Ă©galement Ă  se familiariser avec une littĂ©rature plus contemporaine. Ainsi, Mitterrand devient dĂšs la fin du lycĂ©e un inconditionnel de la Nouvelle Revue Française NRF, tandis que Pompidou reste, pour ses anciens camarades de khĂągne et d’Ulm parmi lesquels LĂ©opold SĂ©dar Senghor, Julien Gracq, ou des Ă©crivains moins passĂ©s Ă  la postĂ©ritĂ© comme Paul Guth ou Henri QueffĂ©lec, celui qui a introduit la littĂ©rature surrĂ©aliste dans la prestigieuse Ă©cole. A l’aube de leur carriĂšre politique, les deux hommes sont donc lestĂ©s d’un bagage littĂ©raire particuliĂšrement riche, Ă  une Ă©poque oĂč les sciences humaines et sociales, et particuliĂšrement l’économie, n’ont pas encore pris l’ascendant sur les humanitĂ©s dans la formation des Ă©lites. Il convient, avant de se pencher sur le rĂŽle d’une disposition littĂ©raire en politique, d’établir quelques prĂ©cisions sur la culture et les goĂ»ts littĂ©raires des deux hommes. L’étude approfondie de leurs bibliothĂšques respectives, conservĂ©es en partie par leur famille, fait Ă©merger une tendance lourde et partagĂ©e la prĂ©sence trĂšs majoritaire de la littĂ©rature française, elle-mĂȘme majoritairement reprĂ©sentĂ©e par le roman des XIXe et XXe siĂšcles et la poĂ©sie sur une pĂ©riode allant du XVIIe au XXe siĂšcle. La lecture des grands romanciers français, comme Flaubert, Stendhal, Balzac ou encore Proust, qui deviennent des classiques via le passage par les manuels scolaires, marque durablement les deux hommes. Mais en analysant plus finement leurs bibliothĂšques, on peut aussi observer des spĂ©cificitĂ©s individuelles allant parfois Ă  l’encontre des idĂ©es reçues. Ainsi, François Mitterrand est, au-delĂ  de ses “mauvaises frĂ©quentations littĂ©raires” [7] qui crispent la gauche Chardonne, BarrĂšs, Maurras, etc., un grand lecteur d’écrivains latino-amĂ©ricains, et notamment de Pablo Neruda, Jorge Luis Borges ou Gabriel GarcĂ­a MĂĄrquez. Quant Ă  Pompidou, il se passionne pour des mouvements littĂ©raires contemporains, et notamment pour le Nouveau Roman. Ces lectures, Mitterrand comme Pompidou les intĂšgrent pleinement Ă  leur grille de lecture des problĂšmes politiques ; elles sont partie prenante d’une esthĂ©tisation constante de l’exercice du pouvoir qui leur permet de rĂ©soudre leur paradoxe personnel, entre goĂ»t pour la crĂ©ation et nĂ©cessitĂ© d’action. La littĂ©rature, ressource politique et outil de communication DĂšs lors, la littĂ©rature agit comme une vĂ©ritable matrice dans les trajectoires des deux hommes politiques. Si elle est Ă  l’origine de sensibilitĂ©s particuliĂšres, de cette “vision du monde” trĂšs difficile Ă  dĂ©finir, elle est Ă©galement une ressource politique. Pompidou et Mitterrand construisent effectivement, plus ou moins consciemment, leur identitĂ© d’hommes de lettres. Ainsi, Georges Pompidou ne manque pas de rappeler, lors d’interviews ou de confĂ©rences de presse, sa qualitĂ© de professeur de lettres, profession qu’il exerce une petite dizaine d’annĂ©es Ă  l’issue de sa formation Ă  l’ENS. Surtout, il truffe ses discours de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires lancĂ©es Ă  brĂ»le-pourpoint, rĂ©cite par coeur des strophes, use de tournures et figures de style littĂ©raires. L’homme politique n’hĂ©site dĂšs lors pas Ă  faire appel au magistĂšre moral de l’écrivain, fĂ»t-il avant-gardiste et progressiste. Pompidou affectionne en effet la littĂ©rature et l’art d’avant-garde, qui lui permettent de nuancer son image marquĂ©e par un grand conservatisme. Si le deuxiĂšme prĂ©sident de la Ve RĂ©publique ne semble pas avoir marquĂ© les esprits autant que de Gaulle ou Mitterrand, il n’est pas anodin qu’un des rares Ă©pisodes pompidoliens Ă©tant passĂ©s Ă  la postĂ©ritĂ© soit la confĂ©rence de presse donnĂ©e par le PrĂ©sident en septembre 1969 au sujet de l’affaire Gabrielle Russier, au cours de laquelle il rĂ©pond Ă  une question dĂ©licate en citant, de tĂȘte, des vers d’Eluard. Pour beaucoup, Pompidou reste aussi l’auteur d’une Anthologie de la poĂ©sie française parue en 1961 et proposant somme toute un Ă©chantillon trĂšs classique et policĂ© du domaine, parfois Ă©loignĂ© de ses goĂ»ts personnels s’il voue un vĂ©ritable culte Ă  Baudelaire, Pompidou est aussi un lecteur fervent d’oeuvres contemporaines, Ă  l’affĂ»t des diffĂ©rentes sorties littĂ©raires. Si l’étude de ses correspondances de jeunesse laisse deviner une vĂ©ritable ambition littĂ©raire, Pompidou, dĂ©cĂ©dĂ© en 1974 Ă  l’ñge de 62 ans, n’a jamais pu combiner sa carriĂšre politique avec son dĂ©sir d’écriture et de gloire littĂ©raire. On observe ici un point commun de taille avec Mitterrand les deux hommes semblent en effet avoir bĂąti leur carriĂšre politique sur le deuil d’une carriĂšre d’écrivain, de la grandeur littĂ©raire. Mitterrand a maintes fois confessĂ© aux mĂ©dias son regret de n’ĂȘtre pas devenu Ă©crivain. François Hourmant a d’ailleurs montrĂ© comment le socialiste a beaucoup flirtĂ©, notamment au cours des annĂ©es 1970, en pleine “prĂ©sidentiabilisation” de son image, avec l’identitĂ© d’écrivain. Il publie ainsi deux recueils de chroniques Ă  succĂšs La Paille et le Grain et l’Abeille et l’Architecte et affirme son statut d’auteur sur plateau d’Apostrophes Ă  deux reprises, en 1975 et 1978. L’ambiguĂŻtĂ© permanente entretenue par Mitterrand Ă  ce sujet dĂ©note la grande proximitĂ©, voire la porositĂ© entre grandeurs littĂ©raire et politique, qui dialoguent particuliĂšrement au sein de la sociĂ©tĂ© française pensons aux personnages de Lamartine, Chateaubriand, Hugo, etc.. Les mĂ©dias jouent en effet un rĂŽle trĂšs important dans la mise en scĂšne de la posture lettrĂ©e l’expression est de C. Le Bart chez Pompidou et Mitterrand. L’essor de l’audiovisuel, l’apparition d’émissions littĂ©raires, l’introduction de la tĂ©lĂ©vision dans la vie privĂ©e des femmes et hommes politiques contribue Ă  la mise en valeur de leur rapport Ă  la littĂ©rature. Dans cette mesure, l’offre mĂ©diatique semble indiquer, en creux, la permanence dans la sociĂ©tĂ© française du second XXe siĂšcle d’une croyance dans la littĂ©rature, dont on cherche l’écho dans les qualitĂ©s personnelles des dirigeants politiques. Le mĂ©dia se pose en intermĂ©diaire entre les Ă©lecteurs dĂ©sireux de mieux connaĂźtre les Ă©lites politiques, et des politiciens avides d’une mise en rĂ©cit de leur trajectoire personnelle, Ă  l’intĂ©rieur de laquelle la littĂ©rature joue un rĂŽle particulier. La sociabilitĂ© littĂ©raire au cƓur de l’ElysĂ©e Ces interactions trĂšs poussĂ©es entre sphĂšres politique et littĂ©raire, nous les retrouvons aussi Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme de l’ElysĂ©e. A la tĂȘte du pays, Pompidou et Mitterrand ont tous deux profitĂ© de leur position pour renforcer leurs liens avec les Ă©crivains, voire pour encourager la crĂ©ation littĂ©raire. L’étude des archives prĂ©sidentielles montre la frĂ©quence des invitations d’écrivains Ă  dĂ©jeuner ou dĂźner, particuliĂšrement lorsque Mitterrand Ă©tait locataire du Palais. Françoise Sagan, Marguerite Duras, Michel Tournier, Gabriel GarcĂ­a MĂĄrquez, Milan Kundera
 font partie des Ă©crivains avec qui le socialiste tisse des liens profonds, ce qui ne l’empĂȘche pas de les mettre en scĂšne mĂ©diatiquement. Quant Ă  Pompidou, il maintient de nombreux liens avec ses anciens camarades de khĂągne et d’Ulm, surtout avec son ami Senghor devenu prĂ©sident du SĂ©nĂ©gal en 1960 et poĂšte reconnu. Georges Pompidou et LĂ©opold SĂ©dar Senghor en 1971 Ă  Dakar. Entre ces prĂ©sidents et les Ă©crivains se joue Ă©galement un jeu fait de gratifications mutuelles aux manifestations d’allĂ©geance de la part d’écrivains peuvent rĂ©pondre des dĂ©corations diverses du type LĂ©gion d’honneur, plus ou moins valorisĂ©es dans les milieux littĂ©raires. François Mitterrand a particuliĂšrement dĂ©veloppĂ© ces pratiques que l’on pourrait qualifier de “cour” avec les Ă©crivains et intellectuels prĂ©sents dans son entourage. DĂ©sireux d’ĂȘtre vu Ă  leurs cĂŽtĂ©s, le prĂ©sident n’hĂ©sitait pas Ă  jouer de la lumiĂšre que le pouvoir apporte Ă  quiconque s’en approche pour attirer les jeunes pousses littĂ©raires. Voyages, rĂ©ceptions, visites Ă  domicile
 ont Ă©tĂ© les vecteurs de cette sociabilitĂ© littĂ©raire plus ou moins mondaine, dont les archives prĂ©sidentielles gardent de nombreuses traces. Françoise Sagan et François Mitterrand en 1992. Notons enfin que Pompidou comme Mitterrand aiment s’entourer, au pouvoir, de “littĂ©raires”, qu’il s’agisse de diplĂŽmĂ©s de l’ENS pour Pompidou, ou d’écrivains pour Mitterrand le rĂŽle de conseillers qu’ont jouĂ© auprĂšs de lui les Ă©crivains Erik Orsenna et RĂ©gis Debray est bien connu. Le socialiste nomme mĂȘme l’écrivain François-RĂ©gis Bastide, dont il est proche, au rang d’ambassadeur de France. Cette tendance est loin d’ĂȘtre anecdotique elle dĂ©montre la foi de ces deux hommes dans la compĂ©tence des individus formĂ©s par la littĂ©rature, autant voire plus que celle des Ă©conomistes, experts et autres technocrates. Selon l’historienne Sabrina Tricaud dans sa thĂšse consacrĂ©e Ă  l’entourage de Georges Pompidou [8], ce dernier, pourtant passĂ© par la banque Rothschild et formĂ© Ă  l’économie et aux finances, aurait formulĂ© trĂšs clairement le dĂ©sir d’un gouvernement “par les littĂ©raires”. Plus encore, chez Mitterrand, la tendance Ă  confier des postes aux hommes et femmes de lettres qui l’entourent peut aussi s’apparenter Ă  une logique de don et de contre-don, sacralitĂ©s politique et littĂ©raire pouvant se nourrir mutuellement. La littĂ©rature a donc traversĂ© par de nombreux biais les trajectoires personnelles de Georges Pompidou et de François Mitterrand. Mais, en creux, c’est le poids de l’institution littĂ©raire au sein de la sociĂ©tĂ© française que l’étude de ces deux trajectoires montre particuliĂšrement importante dans la formation des Ă©lites au cours du premier XXe siĂšcle, la littĂ©rature entre trĂšs souvent en interaction avec le pouvoir ; elle est une vĂ©ritable ressource politique en ce qu’elle forge des visions du monde et se convertit en outil de sĂ©duction politique. Si la France de l’aprĂšs-Seconde Guerre mondiale est le théùtre de profondes mutations dans la formation des Ă©lites, avec l’apparition de l’ENA ou encore d’HEC qui amenuise le poids de la littĂ©rature et des humanitĂ©s dans les cadres cognitifs des dirigeants, on observe une permanence de l’influence de la littĂ©rature dans notre sociĂ©tĂ©. La lĂ©gitimitĂ© littĂ©raire cĂŽtoie dĂ©sormais d’autres formes de lĂ©gitimitĂ©, plus techniques nous avons parlĂ© du rĂŽle croissant de l’économie dans la lĂ©gitimation politique. C’est cette nĂ©cessaire hybridation, qui constitue peut-ĂȘtre une spĂ©cificitĂ© française, que Macron a bien comprise le diplĂŽmĂ© de l’ENA et d’HEC, qui n’a jamais rĂ©ussi Ă  intĂ©grer l’ENS, veille, comme Pompidou a pu le faire il y a cinquante ans, Ă  pondĂ©rer son image de technocrate et de banquier en mettant en valeur sa sensibilitĂ© littĂ©raire. Son expĂ©rience auprĂšs du philosophe Paul Ricoeur est Ă  cet effet particuliĂšrement valorisĂ©e dans la grande mise en rĂ©cit de la trajectoire macronienne, qui vise Ă  forger l’image du “grand homme” si nĂ©cessaire Ă  la construction du leadership dans la Ve RĂ©publique. RĂ©fĂ©rences [1] Pudal Bernard, Les usages politiques de la symbolique lettrĂ©e 1981-1995 », in Bernadette Seibel dir., Lire, Faire lire. Des usages de l’écrit aux politiques de lecture, Paris, Le Monde Éditions, 1995. [2] BĂ©nichou Paul, Le sacre de l’écrivain, 1750-1830 essai sur l’avĂšnement d’un pouvoir spirituel laĂŻque dans la France moderne, Paris, Gallimard, 1996. [3] Sirinelli Jean-François, “Serres ou laboratoires de la tradition politique? Les khĂągnes des annĂ©es 1920”, in Pouvoirs, 1987, n°42. [4] Hourmant François, François Mitterrand, le pouvoir et la plume. Portrait d’un prĂ©sident en Ă©crivain, Paris, Presses Universitaires de France, 2010. [5] Le Bart Christian, La politique en librairie les stratĂ©gies de publication des professionnels de la politique, Paris, A. Colin, 2012. [6] Sirinelli Jean-François, “Un boursier conquĂ©rant”, in Groshens Jean-Claude et Sirinelli Jean-François, Culture et action chez Georges Pompidou, Paris, PUF, 2000. [7] Fougeron Lucie et DehĂ©e Yannick, Le prĂ©sident et les Ă©crivains. Les frĂ©quentations littĂ©raires de François Mitterrand », in Serge Bernstein, Pierre Milza et Jean-Louis Bianco dir., François Mitterrand, les annĂ©es du changement, Paris, Perrin, 2001. [8] Tricaud Sabrina, L’entourage de Georges Pompidou institutions, hommes et pratiques, P. Lang, 2014. CrĂ©dits images

Lemonde intellectuel résonne encore de la querelle qui opposa au XVIIIe siÚcle les deux pÎles de la pensée française : Voltaire, écrivain caustique et brillant causeur, symbole du raffinement aristocratique de l'Ancien Régime, et Jean-Jacques Rousseau, génie torturé par l'écart entre ses idéaux moraux et sa difficulté à vivre dans la société des hommes.
Devenue en quelques semaines un des nouveaux visages du fĂ©minisme, l'Ă©lue Ă©colo parisienne et activiste lesbienne Alice Coffin, qui sort mercredi un livre, assume de cibler les hommes dans ses combats militants comme politiques, quitte Ă  42 ans, cette journaliste de formation a fait une entrĂ©e remarquĂ©e en politique en rĂ©clamant en juillet le dĂ©part du maire-adjoint Ă  la Culture de Paris, Christophe Girard, critiquĂ© pour ses liens avec l'Ă©crivain Gabriel Matzneff, mis en cause pour viols sur lendemain d'une manifestation qui a conduit Ă  la dĂ©mission surprise de ce proche d'Anne Hidalgo, Alice Coffin explose en plein conseil de Paris, criant "la honte, la honte" pendant qu'un hommage lui est rendu."C'Ă©tait fou de l'encenser comme ça. J'avais lu l'article du New York Times sur sa proximitĂ© avec Matzneff et je me disais que pour cette raison, symboliquement, il ne pouvait pas accĂ©der au pouvoir", raconte Ă  l'AFP cette femme aux yeux clairs, courts cheveux blonds en bataille, assurant qu'elle ignorait tout Ă  l'Ă©poque des accusations de viol aujourd'hui portĂ©es contre l'ancien un Ă©tĂ© "compliquĂ©", elle sort mercredi chez Grasset son premier ouvrage, "Le gĂ©nie lesbien", un "livre de combat" contre "l'invisibilitĂ© des lesbiennes" mais aussi "l'androbsession".BlacklistĂ©eÉrigĂ©e en "nouvelle harpie du fĂ©minisme" par l'hebdomadaire Valeurs actuelles, accusĂ©e d'ĂȘtre excessive, soutenue par son groupe Ă©cologiste mais blacklistĂ©e par la majoritĂ© parisienne... Alice Coffin divise et subit insultes et menaces sur les rĂ©seaux sociaux, ce qui lui a valu d'ĂȘtre sous protection policiĂšre en aoĂ»t."Ce qu'on me reproche - et c'est ce que je veux montrer dans le livre - c'est que j'ose pointer les hommes, leurs privilĂšges et refuser tout ce discours de la complĂ©mentaritĂ© entre les hommes et les femmes", justifie l'Ă©lue, qui n'a "pas peur de prendre la parole".RĂ©cemment, elle a vu ressortir des images de 2018, oĂč elle dĂ©clare sur la chaĂźne RT lors d'une mobilisation contre la PMA "Ne pas avoir un mari m'expose plutĂŽt Ă  ne pas ĂȘtre violĂ©e, ne pas ĂȘtre tuĂ©e, ne pas ĂȘtre tabassĂ©e".Soutenue via le hashtag JeSoutiensAliceCoffin, elle se voit cependant reprocher par Anne Hidalgo de se battre "pas pour l'Ă©galitĂ© des droits" mais "pour le droit Ă  la diffĂ©rence", et est taxĂ©e de "pensĂ©e binaire" par la philosophe Elisabeth Badinter."Je sais qu'en choisissant la gĂ©nĂ©ralisation je dĂ©plais, car c'est impossible Ă  entendre qu'il y a un problĂšme masculin", poursuit celle qui enseignait depuis 2012 le journalisme Ă  l'Institut catholique de Paris et n'a pas Ă©tĂ© reconduite Ă  la rentrĂ©e. "Mais c'est un discours politique, bien sĂ»r que je ne pense pas que chaque homme est comme ça".NĂ©e en 1978 Ă  Toulouse, oĂč ses deux parents Ă©tudiaient l'aĂ©ronautique, cette aĂźnĂ©e d'une fratrie de six a ensuite grandi Ă  entre dans l'activisme en 2010 en rejoignant sa mĂšre, Colette, dans le collectif La Barbe, oĂč les militantes s'introduisent grimĂ©es de fausses barbes dans des rĂ©unions essentiellement composĂ©es d'hommes assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales d'entreprises, confĂ©rences pour y dĂ©noncer la domination masculine des lieux de pouvoirs."Les Z'amours""Elle y a forgĂ© un activisme trĂšs concret mais aussi pris des coups, au sens littĂ©ral du terme", se rappelle la militante Veronica Noseda, son amie depuis 10 ans, qui a jouĂ© dans la mĂȘme Ă©quipe de foot fĂ©minin "Les dĂ©gommeuses".Pour elle, "il y a un dĂ©calage entre l'image construite par ses adversaires et ce qu'elle est une femme chaleureuse, Ă  l'Ă©coute, d'une grande Ă©nergie et inventivitĂ©".En 2018, elles claquent ensemble la porte d'une rĂ©union sur la PMA avec Emmanuel Macron, Ă  laquelle elles s'Ă©taient invitĂ©es, critiquant "l'effacement total des lesbiennes sur ce sujet".Cofondatrice en 2013 de l'Association des journalistes LGBT AJL et porte-voix de la ConfĂ©rence europĂ©enne des lesbiennes, elle raconte dans son livre comment elle a convaincu sa compagne depuis six ans de participer Ă  l'Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e "les Z'amours", oĂč des couples viennent partager leur quotidien. Regrettant qu'elles n'aient finalement jamais Ă©tĂ© 124456 - Paris AFP - © 2020 AFP
Ilpeut aussi critiquer la sociĂ©tĂ©, mais avec tact et mesure, sans jamais s’emporter. Mais oĂč se cache l’honnĂȘte homme ? C’est trĂšs simple : l’honnĂȘte homme n’existe pas ! Eh oui, L’honnĂȘte homme est un IDÉAL. C’est l’homme idĂ©al du 17Ăšme siĂšcle. L’homme auquel les courtisans de l’époque aspiraient Ă  ressembler. Heinrich Heine Ă©crivit un jour que lĂ  oĂč on brĂ»le les livres, on finit par brĂ»ler les hommes ». La lecture est rĂ©ellement capable d’éveiller des consciences et de vĂ©hiculer la sagesse. C’est pour cela que dans cet article, nous vous offrons une liste d’Ɠuvres qui vous feront rĂ©flĂ©chir sur la sociĂ©tĂ© les livres de la liste, nous trouverons tous types de titres. Des Ɠuvres de science-fiction en passant par des drames d’époque. En outre, ils semblent ne pas avoir d’ñge et ĂȘtre Ă©ternels. Leurs enseignements sont aussi bien actuels que passĂ©s et ne se limitent pas au moment oĂč un point final leur a Ă©tĂ© apposĂ©. 1984, de George OrwellCommençons par l’indĂ©modable et actuelle oeuvre de George Orwell, 1984. Elle narre l’histoire d’un rĂ©gime absolument totalitaire, qui emprisonne la capacitĂ© de dĂ©cision individuelle pour s’assurer le contrĂŽle de la libertĂ© beaucoup de pays ont des gouvernements Ă©lus dans un contexte de rĂ©gime dĂ©mocratique avec suffrage universel. Cependant, en lisant ce livre, nous nous trouvons face Ă  un paradoxe certains comportements et facteurs psychologiques liĂ©s Ă  la distinction entre esclaves et tout-puissants sont parfaitement extrapolables Ă  ces sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques actuelles. Le contrĂŽle sur un individu peut s’exercer Ă  travers le pouvoir mais Ă©galement Ă  travers les mĂ©dias, la publicitĂ© et l’impact de l’ Portrait de Dorian Gray, Oscar WildeDes dizaines d’annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es depuis qu’Oscar Wilde Ă©crivit Le Portrait de Dorian Gray. Ses postulats, en revanche, sont aussi prĂ©sents qu’ils l’étaient par le les ĂȘtres humains ont-ils cette obsession de chercher Ă  ĂȘtre jeunes toute leur vie ? Les sociĂ©tĂ©s se regardent tellement et d’une façon si critique dans le miroir que parfois, nous ne sommes pas capables d’accepter notre vĂ©ritable rĂ©alitĂ© ; nous la fabriquons alors sur mesure dans nos esprits. Une communautĂ© s’abrutit infiniment plus par un usage rĂ©gulier de la rĂ©pression que par une criminalitĂ© occasionnelle ».-Oscar Wilde-Petit-dĂ©jeuner chez Tiffany, Truman CapoteBeaucoup parmi vous se souviennent sĂ»rement du film mythique Diamants sur canapĂ©, avec Audrey Hepburn dans le rĂŽle principal. Il est basĂ© sur le roman de Truman Capote Petit-dĂ©jeuner chez du romantisme que beaucoup voient dans l’oeuvre se trouve la solitude. Une sĂ©rie d’ĂȘtres malheureux-ses qui cherchent dans la rĂ©ussite sociale ce qu’iels ne parviennent pas Ă  trouver dans leur vie. Cependant, iels ressemblent plutĂŽt Ă  des carcasses vides incapables d’ĂȘtre heureuses malgrĂ© ce qu’elles essayent de Guerre Ă©ternelle, Joe HaldemanJoe Haldeman fut un vĂ©tĂ©ran de la Guerre du Vietnam qui, Ă  son retour aux Etats-Unis, a dĂ©cidĂ© de relater ses expĂ©riences dans une oeuvre singuliĂšre de science-fiction, La Guerre Ă©ternelle. Ce livre raconte l’histoire d’un personnage insignifiant qui survit Ă  une guerre de 1000 ans qu’il ne comprend pas. Sur son chemin, il rencontrera l’amour, des changements sociaux brusques, la solitude et peu de communication. AssurĂ©ment une histoire prĂ©monitoire de ce que l’on pourrait considĂ©rer comme la sociĂ©tĂ© MajestĂ© des mouches, William GoldingWilliam Golding a Ă©crit un roman considĂ©rĂ© comme dystopique*. Pour cela, il s’est basĂ© sur l’histoire d’un groupe d’adolescent-e-s qui se voient obligĂ©-e-s d’organiser une nouvelle sociĂ©tĂ© aprĂšs un dĂ©sastre MajestĂ© des mouches s’interroge sur plusieurs choses. Le risque d’une guerre nuclĂ©aire qui, comme l’a dit Einstein, serait l’ultime grande confrontation mondiale. Mais il dessine aussi le portrait de la nature humaine qui, aussi raffinĂ©e soit-elle en apparence, reste farouchement sauvage et instinctive face Ă  la survie, voire mĂȘme imprĂ©visible Ă  certaines occasions.*Dystopique contraire d’utopique. Quelque chose de dystopique serait quelque chose qu’on ne souhaite absolument ProphĂšte, Gibran Khalil GibranCela fait plusieurs annĂ©es que Gibran Khalil Gibran a Ă©crit sa magnifique oeuvre Le ProphĂšte. Une sĂ©rie de rĂ©cits courts et simples qui offrent de petites pilules d’ histoire de ce livre est une sublime rĂ©flexion sur l’amour, la justice, le plaisir, les croyances, le comportement humain, l’amitiĂ©, la religion
 Autrement dit, des thĂšmes qui dans les sociĂ©tĂ©s actuelles restent toujours aussi ancrĂ©s au fil du temps. Dans le cƓur de tous les hivers vit un printemps palpitant et, derriĂšre chaque nuit, vient une aurore souriante »-Gibran Khalil Gibran-Le Petit Prince, Saint-ExupĂ©ryQuiconque considĂšre Le Petit Prince comme un simple conte pour enfant ne l’a pas lu ou n’y a pas prĂȘtĂ© attention. En rĂ©alitĂ©, l’oeuvre de Saint-ExupĂ©ry est aussi complexe et profonde que le cerveau humain protagoniste de ce livre voyage sur diffĂ©rentes planĂštes en rencontrant des personnages qui l’enrichissent et le font grandir. Ces personnages affichent des traits auxquels nous pouvons parfaitement nous identifier aujourd’hui. C’est pour cette raison que ce livre est une rĂ©flexion sur la sociĂ©tĂ© d’hier et d’aujourd’hui, toujours observĂ©e depuis le certain que chacun de ces 7 livres vous fera rĂ©flĂ©chir sur la sociĂ©tĂ© actuelle. Dans chacun d’eux, vous pouvez trouver des enseignements qui vous feront rĂ©flĂ©chir, sentir des Ă©motions ou mĂȘme vous indigner. Mais n’oubliez pas une chose, la lecture de ces Ɠuvres vous fera vous enrichir en tant que personne et vous permettra d’avoir un esprit plus critique et objectif Ă  propos du monde qui vous entoure. 1 Écrire pour changer le monde : l’écrivain et les grands dĂ©bats de sociĂ©tĂ© ProblĂ©matiques De quelle maniĂšre les Ă©crivains participent-ils aux dĂ©bats politiques et aux dĂ©bats de sociĂ©tĂ©, Ă  la construction, Ă  la diffusion ou Ă  la mise en question des opinions et
2. La satire une tradition littĂ©raire Gustave DorĂ©, L’avare qui a perdu son trĂ©sor, 1867 La satire est prĂ©sente dans la littĂ©rature dĂšs l’AntiquitĂ©. On pense bien sĂ»r aux poĂštes satiriques latins Lucilius, JuvĂ©nal ou bien encore Horace. Au Moyen Âge et Ă  la Renaissance, de nombreux Ă©crivains se moquent de l’Église chrĂ©tienne et dĂ©sacralisent la figure du moine. On peut par exemple citer le passage sur l’abbaye de ThĂ©lĂšme dans Gargantua de François Rabelais. Dans le Roman de Renart, Ysengrin se fait moine dans le seul but de se voir offrir Ă  manger. Enfin, les fabliaux intitulĂ©s Le curĂ© qui mangea des mĂ»res et Estula usent avec malice du comique de situation pour tourner les prĂȘtres en dĂ©rision. Au XVIIe siĂšcle, la satire s’attaque aux puissants. Les mƓurs de la cour et des bourgeois sont raillĂ©es, notamment par MoliĂšre et Jean de La Fontaine. Les auteurs, bien que prudents, critiquent Ă©galement le pouvoir et dĂ©noncent les injustices sociales. Mais il faut attendre le siĂšcle suivant pour que la monarchie absolue soit rĂ©ellement attaquĂ©e et devienne la cible des LumiĂšres. 3. Critiquer les puissants, dĂ©jouer la censure AndrĂ© Gill, Madame Anastasie allĂ©gorie de la censure, 1874 La satire a un rĂŽle social nĂ©cessaire. Elle soude les dominĂ©s en leur permettant de rire ensemble de ceux qui les oppressent et leur permet ainsi d’évacuer des frustrations. Toutefois, les pouvoirs autoritaires n’entendent pas permettre cette libertĂ© d’expression. Ils ont donc recours Ă  la censure. Pour les auteurs, il s’agit alors de la dĂ©jouer en dĂ©veloppant des stratĂ©gies d’écriture diverses. Jean de La Fontaine, par exemple, s’appuie sur la personnification. DĂšs lors, le monarque absolu devient un redoutable et fĂ©roce lion, le courtisan flatteur un renard et le fragile paysan un animal de ferme. Montesquieu, pour ses Lettres persanes, adopte une autre technique. Il exploite le goĂ»t de la cour et de la bourgeoisie pour l’orientalisme. Ainsi, Ă  travers le regard fictif de Persans qui dĂ©couvrent Paris, il s’autorise Ă  critiquer sans ambages la sociĂ©tĂ© française, ses contemporains mais aussi le roi lui-mĂȘme. Il se protĂšge en dissimulant sa satire derriĂšre un dĂ©calage culturel qui rend les mƓurs françaises Ă©trangĂšres et singuliĂšres. Voltaire aussi, dans Candide, utilise ce stratagĂšme pour dĂ©noncer l’esclavagisme. Il donne la parole au discours direct Ă  un esclave du Surinam. La critique semble plus lĂ©gitime puisqu’elle Ă©mane d’un homme qui est victime du systĂšme mis en place par les EuropĂ©ens. Comment pourrait-il avoir un autre avis ? Mais la force de l’ironie, les jeux de mots et le registre pathĂ©tique permettent d’emporter l’adhĂ©sion du lecteur et de le faire rĂ©flĂ©chir. Dans Le Mariage de Figaro, Ă  la scĂšne 3 de l’acte V, Beaumarchais explique toute la difficultĂ© pour les Ă©crivains d’exprimer une opinion. Le constat est simple on ne peut rien dire sans risquer de froisser quelqu’un quelque part. Il y aura toujours quelqu’un pour se plaindre, c’est inĂ©vitable. Le cĂ©lĂšbre monologue de Figaro est encore aujourd’hui d’une justesse dĂ©concertante. Au-delĂ  de la critique cinglante et virulente de la censure, ce texte invite chacun de nous Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la rĂ©ception de l’Ɠuvre satirique. Il pose le problĂšme de la tolĂ©rance et des limites de la satire. S’il Ă©tait interdit de critiquer, les Ă©loges reçus auraient-ils la mĂȘme saveur ? Comment saurions-nous s’ils sont sincĂšres ? Et si nous sommes blessĂ©s par une critique, n’est-ce pas parce qu’il y a lĂ  du vrai ? 4. Dimension argumentative de la satire On peut profiter de la dimension argumentative des textes satiriques pour prĂ©parer les Ă©lĂšves Ă  traiter le sujet de rĂ©flexion proposĂ© lors de l’épreuve du Jean-Michel Moreau, C’est Ă  ce prix que vous mangez du sucre en Europe, 1787 En effet, les critiques morales qu’ils contiennent ont souvent une portĂ©e universelle et l’enseignant peut aisĂ©ment actualiser les questionnements soulevĂ©s. Par exemple, si nous nous indignons du sort rĂ©servĂ© Ă  l’esclave du Surinam, ne pouvons-nous pas nous intĂ©resser Ă  celui de ceux qui subissent les consĂ©quences d’une sociĂ©tĂ© de consommation mondialisĂ©e ? Sommes-nous certains que les biens que nous achetons ont Ă©tĂ© produits de maniĂšre Ă©thique ? Se pourrait-il que les mĂ©taux rares prĂ©sents dans nos tĂ©lĂ©phones soient aujourd’hui le sucre dont nous parle Voltaire ? De mĂȘme, Ă  partir de la critique formulĂ©e par Montesquieu Ă  l’égard de l’inconstance des Français en matiĂšre de mode vestimentaire, il est possible d’interroger les Ă©lĂšves sur leur propre rapport Ă  la mode et plus largement sur notre sociĂ©tĂ© du zapping qui dĂ©nigre sans concession aujourd’hui ce qu’elle adulait hier. L’enseignant peut donc, au cours de cette sĂ©quence, travailler l’argumentation avec ses Ă©lĂšves, tant Ă  l’oral qu’à l’écrit. Une simple discussion informelle est envisageable mais on peut aller plus loin en demandant aux Ă©lĂšves de dĂ©fendre une thĂšse et de prĂ©parer des arguments. Cela reste pour beaucoup d’entre eux un exercice difficile. On pourra donc commencer par leur demander d’en repĂ©rer dans les textes Ă©tudiĂ©s. Par ailleurs, certains Ă©lĂšves ont tendance Ă  n’utiliser que des arguments par l’exemple. Or, dans le cadre de l’épreuve d’expression Ă©crite, il est prĂ©fĂ©rable de les encourager Ă  dissocier l’argument de son illustration.
ÉcrivainamĂ©ricain Salinas Californie 1902-New York 1968 Le prix Nobel de littĂ©rature en 1962 et le succĂšs de certains de ses livres Des souris et des hommes les Raisins de la colĂšre ont longtemps valu Ă  Steinbeck une

1S’intĂ©ressant au cas Alexandre Avdeenko, Michel Niqueux traque ce qui relĂšve du mythe et de la rĂ©alitĂ© dans le parcours d’un auteur soviĂ©tique Ă  l’époque de Staline. Comment le pouvoir sĂ©lectionne-t-il les Ă©crivains destinĂ©s Ă  incarner la littĂ©rature soviĂ©tique ? Quels types d’Ɠuvres produisent-ils ? Quelles sont leurs conditions de vie ? Quelles limites aussi ne doivent-ils pas franchir sous peine d’ĂȘtre vouĂ©s Ă  une chute rapide ? Quelles possibilitĂ©s de rĂ©demption s’offrent alors Ă  eux ? 2 Alexandre Ostapovitch Avdeenko est nĂ© le 21 aoĂ»t 1908 Ă  Makeevka Donbass dans la famille d’un mineur. Encore jeune, il perd ses parents, devient enfant vagabond [besprizornik] [1] et erre Ă  travers le pays durant la RĂ©volution et la guerre les annĂ©es 1920, Avdeenko est placĂ© dans une commune d’anciens besprizorniki, Ă©tudie et acquiert un mĂ©tier. À sa sortie de la commune, il est mineur dans les mines du Donbass, travaille dans une usine mĂ©tallurgique puis va Ă  Magnitogorsk, oĂč il devient aide-mĂ©canicien puis mĂ©canicien de Ă  Magnitogorsk qu’Avdeenko conçoit et Ă©crit sa premiĂšre Ɠuvre, le roman autobiographique J’aime [Ja ljublju], dont des extraits furent publiĂ©s en 1933 par A. M. Gorki dans la revue Nos rĂ©alisations [Nasi dostizenija]. En 1933, le roman parut en Ă©dition sĂ©parĂ©e et apporta immĂ©diatement Ă  son auteur une grande peu de temps, le roman connut plusieurs Ă©ditions, fut traduit dans plusieurs langues europĂ©ennes, publiĂ© en Chine, au Japon, aux États-Unis. Dans son discours au premier congrĂšs panrusse des Ă©crivains, le 22 aoĂ»t 1934, A. M. Gorki cita le roman d’A. O. Avdeenko parmi les livres Ă  juste titre prĂ©fĂ©rĂ©s du lecteur la fin de 1935 parut Le Destin [Sud’ba], roman sur la construction de Magnitogorsk. Les annĂ©es suivantes, Avdeenko travailla Ă  des scĂ©narios de cinĂ©ma J’aime, La Loi de la vie [Zakon Ćœizni].En qualitĂ© de correspondant de la Pravda, l’écrivain prit part Ă  la campagne de libĂ©ration de l’ArmĂ©e rouge en Ukraine et en BiĂ©lorussie occidentales. Pendant la Grande Guerre patriotique, il fut correspondant de L’Étoile rouge [Krasnaja zvezda], travailla dans la presse de l’armĂ©e et du consacra au travail et Ă  la lutte du peuple soviĂ©tique pendant la guerre un roman, La Grande Famille [Bol’ơaja sem’ja, 1944], une nouvelle, Journal de mon ami [Dnevnik moego druga, 1946], une piĂšce, Sous le soleil Ă©ternel [Pod večnym solncem, 1947]. Le travail crĂ©ateur des mineurs du Donbass est le sujet de la piĂšce De la mĂȘme gĂ©nĂ©ration [Rovesniki, 1947] et du roman Le Labeur [Trud, 1951].En 1954, Avdeenko fit paraĂźtre un roman d’aventures, Au-dessus de la Tissa [Nad Tissoj], d’aprĂšs lequel fut tournĂ© un film du mĂȘme nom 1958, puis en 1955 Printemps montagnard [Gornaja vesna], qui en est la suite. En 1958, la revue Notre contemporain [NaĆĄ sovremennik] publia de nouveaux chapitres de J’ O. Avdeenko s’est vu dĂ©cerner des dĂ©corations et des mĂ©dailles de l’URSS [2]. » 3En quelques lignes, c’est une biographie exemplaire d’écrivain soviĂ©tique qui est ici dressĂ©e une origine prolĂ©tarienne, une enfance difficile, la participation Ă  l’un des grands chantiers industriels des annĂ©es 1930 Magnitogorsk, un premier roman parrainĂ© par Gorki suivi de scĂ©narios et de piĂšces sur l’hĂ©roĂŻsme du peuple soviĂ©tique, puis des correspondances de guerre, le tout couronnĂ© de rĂ©compenses officielles. C’est ce mĂȘme itinĂ©raire sans failles que l’on trouve, avec plus de dĂ©tails, dans l’introduction par I. Kozlov aux ƒuvres d’Avdeenko en quatre volumes parues en 1982 Ă©ditions XudoĆŸestvennaja Literatura. Le lecteur d’aujourd’hui ne saurait deviner que cette notice est un modĂšle de non-dit, et cache entre autres la fracassante chute de l’écrivain qui survint aprĂšs une ascension fulgurante. 4Reprenons donc l’histoire de la fabrication, de l’utilisation en URSS et en France puis du rejet et de la disgrĂące d’un Ă©crivain soviĂ©tique non dissident, qui saura cependant, grĂące Ă  la guerre, se rĂ©habiliter aux yeux du pouvoir, Ă©crira des romans de propagande anti-impĂ©rialiste avant de publier, quelques annĂ©es avant sa mort 1996, une confession antistalinienne au dĂ©but de la perestroĂŻka [3].La refonte et le moulage de l’écrivain [4]5Avdeenko est l’exemple mĂȘme de la refonte reforgement », perekovka de l’homme, de la rééducation par le travail d’un dĂ©linquant en homme nouveau ». C’est le sujet de J’aime 1933, dont le caractĂšre autobiographique pour l’essentiel est confirmĂ© par les dĂ©clarations publiques ultĂ©rieures de l’écrivain 6 J’ai volĂ©, dĂ©valisĂ©, levĂ© le couteau sur l’homme sans le moindre scrupule, le moindre repentir. Pour moi, tout homme Ă©tait un ennemi. Sur les foires du Donbass, j’ai volĂ© dans les charrettes des paysans des pelisses, des morceaux de lard, des pots de beurre. À Bakou, j’emmenais dans les ruelles sombres des hommes ivres et je leur faisais les poches. À Taganrog, dans le jardin de la ville, dans ses recoins les plus sombres, sous la menace de mon couteau, j’ai dĂ©shabillĂ© entiĂšrement des amoureux pour les dĂ©pouiller. À BataĂŻsk, avec un crochet de fer, je faisais descendre des tampons des trains de marchandises les trafiquants avec leurs faisais la chasse Ă  la bonne vie et les hommes me faisaient la chasse ; quand j’étais pris en flagrant dĂ©lit, on me rouait de coups. Sorti de lĂ , je me vengeais au triple de ce que les gens m’avaient Ă  peu, j’étais devenu une bĂȘte humaine. Ce genre de bipĂšde est le plus terrible des animaux fĂ©roces. Il ne restait rien en moi ni amour, ni bontĂ©, ni sensibilitĂ©, ni pitiĂ©, ni compassion [5]. » 7Dans son roman, Avdeenko oppose le passĂ© et le prĂ©sent, l’enfer de Sobatcheevka La Chiennaille, ou Chiennerie, qui dĂ©signe Makeevka et l’avenir radieux qui se construit Ă  Magnitogorsk. Le hĂ©ros du roman, Sania, diminutif d’Alexandre, aprĂšs avoir perdu tous les siens, victimes de la misĂšre, de l’exploitation et de l’alcoolisme, est initiĂ© par un truand au vol, au cambriolage, Ă  la cocaĂŻne. PlacĂ© dans un orphelinat detdom, il se rĂ©volte, s’enfuit, se remet Ă  voler, pille des trains, tue son complice, est recueilli Ă  moitiĂ© mort par une communautĂ© d’anciens besprizorniki dont la pĂ©dagogie s’inspire de celle de Makarenko, finit par se plier Ă  la discipline et Ă  l’étude, est admis au Komsomol et va rejoindre le chantier de Magnitogorsk en 1931. D’aide-mĂ©canicien, il devient vite mĂ©canicien, fait preuve d’hĂ©roĂŻsme aux commandes de sa belle locomotive allemande, suit des cours du soir et est admis au parti [6]. L’avenir radieux lui apparaĂźt dans un rĂȘve utopique, caractĂ©ristique des goĂ»ts esthĂ©tiques, culturels et culturistes d’une gĂ©nĂ©ration qui aspire au bien-ĂȘtre matĂ©riel 8 Dans la salle Ă  manger, la TSF me transmet la voix pleine de sollicitude d’un mĂ©decin de service de l’Institut de diĂ©tĂ©tique – Quel a Ă©tĂ© votre rĂ©gime ces jours derniers ? Qu’est-ce que vous avez mangĂ© hier ? N’oubliez pas que manger des plats de viande tous les jours est malsain. Le matin, buvez le plus possible de lait, du cacao fort. Ce qui est trĂšs utile, ce sont les Ɠufs Ă  la coque. Mangez le plus de fruits possible, le suc en est trĂšs nutritif. [
]Quand j’ai mangĂ©, je descends en ascenseur Ă  l’étage des services communs. AprĂšs m’ĂȘtre rasĂ©, j’essaie un complet neuf dans l’atelier de confection ; puis je lis le journal, je retiens des places pour le théùtre, et je sors. [
]Au-dessus de la citĂ© socialiste, sur l’emplacement de l’ancienne taverne d’Aganessov, s’élĂšve le palais de la Culture, ceinturĂ© de marbre rose et blanc. À cĂŽtĂ©, le palais des Soviets et le quartier des Sciences [7]. » 9Le roman, qui s’ouvrait sur la dissolution d’une famille ouvriĂšre d’avant la RĂ©volution, se termine par l’évocation pudique de la naissance d’une nouvelle famille socialiste 10 – Sania, je crois que je ne peux plus aller dans la ne comprends pas lĂšvres ardentes me soufflent Ă  l’oreille – Mon chĂ©ri, tu vas l’aimer encore plus que tu ne m’ s’enfuit par l’escalier de marbre qui conduit aux appartements de la maison de repos rĂ©servĂ©e aux femmes [8]. » 11J’aime est un hymne Ă  l’amour amour du travail, de la femme, de la vie nouvelle. 12Exemple de transformation d’un dĂ©linquant en hĂ©ros du travail, Avdeenko incarne aussi le travailleur de choc udarnik venu Ă  la littĂ©rature, Ă  la suite de la campagne lancĂ©e en 1930-1931 par l’Association des Ă©crivains prolĂ©tariens RAPP pour noyer sous le nombre les Ă©crivains compagnons de route ». J’aime est le fruit du travail collectif du jeune auteur avec des lecteurs ouvriers et des Ă©crivains qualifiĂ©s », indique le critique A. Selivanosvki [9]. Le manuscrit connut en effet plusieurs phases de rĂ©daction, Ă  la suite d’abord de lectures et de discussions avec des ouvriers et des membres du parti de Magnitogorsk, puis dans les maisons d’édition de Moscou. La rĂ©vision redakcija des manuscrits est une Ă©tape obligĂ©e en Union soviĂ©tique elle oscille entre la correction grammaticale et stylistique, justifiĂ©e pour les auteurs dĂ©butants, et la censure [10]. La chance d’Avdeenko est d’avoir eu comme rĂ©viseurs des Ă©crivains de talent qui ont en particulier conservĂ© l’argot des voleurs. 13Le roman parut en 1933 aux Ă©ditions syndicales Profizdat 147 pages [11], puis dans la revue de Gorki God Sestnadcatyj. Al’manax II L’an 16. Recueil II dans une version raccourcie et corrigĂ©e par Vsevolod Ivanov qui Ă©monda, sur les indications de Gorki, le style par trop hyperbolique et pathĂ©tique de l’édition en livre, ainsi que des scĂšnes trop naturalistes ». Des extraits paraissaient au mĂȘme moment dans la Literaturnaja gazeta 5 aoĂ»t et dans une autre revue de Gorki, NaĆĄi dostiĆŸenija n° 8. Le roman sera rééditĂ© en 1934, 1935, 1936 et 1937 et portĂ© au cinĂ©ma en 1935 scĂ©nario d’Avdeenko, rĂ©alisateur L. Loukov, Ukrainfilm. 14La critique soviĂ©tique vit dans J’aime l’une des Ɠuvres de la littĂ©rature prolĂ©tarienne les plus significatives de l’annĂ©e plus de vingt comptes rendus paraissent en 1933-1935. Dans un article intitulĂ© Le droit au rĂȘve » Literaturnyj kritik, 5, 1933, A. Selivanovski qui avait appartenu Ă  la RAPP, et qui sera liquidĂ© » en 1938 apprĂ©cia l’hyperbolisme, qui prov[enait] de la tendance Ă  dĂ©tacher et Ă  souligner ce qu’il y a de meilleur dans la rĂ©alitĂ© [
] et qui [Ă©tait] organiquement inhĂ©rent au romantisme rĂ©volutionnaire ». Pseudonyme », pour Gorki, du rĂ©alisme socialiste, le romantisme rĂ©volutionnaire avait Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ© en 1932, contre la RAPP, dissoute la mĂȘme annĂ©e [12]. Un autre compte rendu du mĂȘme critique, dans la Pravda 13 dĂ©cembre 1933, dĂ©signa J’aime comme un puissant document artistique de l’optimisme socialiste ». V. Ermilov en fit un des modĂšles du lyrisme prolĂ©tarien » Pravda, 12 novembre 1933. Les dĂ©fauts du roman ne sont toutefois pas ignorĂ©s. Selivanovski relĂšve des dĂ©fauts idĂ©ologiques le travail rĂ©volutionnaire » d’avant 1917 grĂ©vistes, militants du parti est montrĂ© de façon peu expressive », et esthĂ©tiques composition, langue. Pour S. Dinamov liquidĂ© en 1939, le roman est inĂ©gal et l’hĂ©roĂŻsme mĂȘme du travail est critiquable En rĂ©alitĂ©, l’essentiel dans le travail n’est pas l’hĂ©roĂŻsme ou le courage dans des circonstances extraordinaires, mais l’endurance tenace quotidienne [13]. » 15C’est d’abord en France que le roman parut en traduction, pratiquement en mĂȘme temps qu’en URSS, avec des extraits dans LittĂ©rature de la rĂ©volution mondiale [14], puis Ă  la fin de l’annĂ©e 1933 la traduction complĂšte sortit aux Éditions sociales internationales, dans la Collection du roman international », aux cĂŽtĂ©s de classiques [15]. La traduction anglaise parut en 1934 et le roman fut publiĂ© dans de nombreux pays. Avdeenko fut lancĂ© » sur le marchĂ© mondial selon les rĂšgles du marketing et le vertige du succĂšs16La cĂ©lĂ©britĂ© et les privilĂšges matĂ©riels s’abattent sur Avdeenko, d’emblĂ©e incorporĂ© Ă  la machine politico-littĂ©raire. En aoĂ»t 1933, il est invitĂ© Ă  participer Ă  la tournĂ©e des Ă©crivains au nombre de cent vingt sur le canal de la mer Blanche Ă  la Baltique, organisĂ©e par le chef de ce grand chantier de travaux forcĂ©s qui ne fut rĂ©vĂ©lĂ© Ă  l’opinion publique qu’une fois achevĂ©, S. Firin, directeur-adjoint des camps de l’OGPU Goulag. Avdeenko ne figure pas parmi les trente-six auteurs du gros volume collectif dirigĂ© par Gorki, Averbach et Firin ces deux derniers seront victimes des purges. Nous ne connaissons ses impressions que d’aprĂšs sa confession de 1989, ChĂątiment sans crime, qui a le mĂ©rite de ne pas projeter le temps de l’écriture la perestroĂŻka et sa nouvelle dĂ©stalinisation sur le temps racontĂ©. Avdeenko ne cache pas son enthousiasme d’alors pour l’Ɠuvre de rééducation par le travail » de ceux qu’il croit sincĂšrement ĂȘtre des condamnĂ©s de droit commun et des ennemis du peuple » koulaks », saboteurs » . Mais son don d’observation lui fait noter des dĂ©tails qui l’étonnent ou l’intriguent DĂšs l’instant oĂč nous devĂźnmes les hĂŽtes des tchĂ©kistes, commença pour nous le communisme intĂ©gral. Nous mangeons et buvons selon nos besoins, sans rien payer. Saucisson fumĂ©, fromages, caviar, fruits, chocolat, vins, cognac. En pleine annĂ©e de famine [16] ! » Un banquet Ă  Leningrad Ă  l’Astoria digne de Lucullus, une nuit dans le train et un petit dĂ©jeuner mirifique prĂ©cĂšdent la visite d’un premier camp 17 Les baraques sont soigneusement blanchies. Les allĂ©es sont recouvertes de sable jaune ou blanc et bordĂ©es de gazon avec des fleurs. [
] Partout, des bancs de bois peint sur lesquels sont assis des hommes sains et gais. Dans les baraques, des lits superposĂ©s, d’épaisses paillasses, des draps et des couvertures, des oreillers dans des taies propres. La table est recouverte d’une toile cirĂ©e propre. Il y a un journal prisonniers rĂ©pondent sans hĂ©siter Ă  toutes les questions, l’air vif et gai. Oui, ils volaient, pillaient, ils ont Ă©tĂ© condamnĂ©s. Sont devenus des travailleurs de choc terrassement, abattage des arbres, bĂ©tonnage, construction d’écluses [17]. » 18Il n’est pas venu Ă  l’idĂ©e d’Avdeenko qu’il s’agissait du village de Potemkine », peuplĂ© pour l’occasion de tchĂ©kistes. Il est convaincu, pour l’avoir vĂ©cu lui-mĂȘme, que le criminel est refondu en ĂȘtre humain ». Les questions insidieuses du critique Sviatopolk-Mirski, prince devenu communiste, rentrĂ© d’Angleterre en URSS en 1932, qui pousse S. Firin Ă  reconnaĂźtre que les neuf dixiĂšmes des condamnĂ©s sont des paysans dĂ©koulakisĂ©s », gĂȘnent Avdeenko il ne peut ni ne veut voir notre vie Ă  travers les lunettes » de Mirski qui sera liquidĂ© en 1939. La rencontre du poĂšte S. Alymov, auteur de chansons trĂšs connues, qui a les larmes aux yeux, l’étonne mais n’ébranle pas ses convictions. 19Avdeenko est ensuite invitĂ© au premier congrĂšs des Ă©crivains soviĂ©tiques, en aoĂ»t 1934. Son intervention le 23 aoĂ»t, publiĂ©e dans la Pravda du 24 sous le titre Il faut aider les jeunes Ă©crivains » est autobiographique, comme toutes les interventions publiques d’Avdeenko des annĂ©es 1930 il Ă©voque son passĂ© de truand, de bĂȘte sauvage », dĂ©nonce l’indiffĂ©rence des Ă©crivains pour la vie nouvelle, demande plus d’attention envers les jeunes Ă©crivains. 20En dĂ©cembre 1934, la Pravda publie un rĂ©sumĂ© du discours qu’Avdeenko avait prononcĂ© Ă  Sverdlovsk lors d’une rĂ©union de l’ intelligentsia soviĂ©tique » consacrĂ©e aux Ă©lections des soviets. IntitulĂ© Au sujet du travailleur intellectuel » Ob intelligente », ce discours oppose le vieux terme d’intelligent intellectuel devenu une injure chez les ouvriers, mais aussi chez Gorki et LĂ©nine avant la RĂ©volution, Ă  la notion soviĂ©tique d’intelligent qui embrasse tous ceux qui ne sont ni ouvriers ni paysans. Encore une fois, Avdeenko retrace lĂ  son expĂ©rience et termine par une litanie de louanges au pouvoir soviĂ©tique 21 Je rĂȘve de crĂ©er quelque chose d’immortel, de voler sur la lune, de parcourir tout le globe terrestre, de voir le socialisme en Europe et en AmĂ©rique ; je peux faire des rĂȘves si audacieux, car mon imagination crĂ©atrice n’est brimĂ©e par personne, et tout cela grĂące Ă  toi, pouvoir soviĂ©tique [18]. » 22Élu dĂ©lĂ©guĂ© de l’Oural, Avdeenko participe au 7e CongrĂšs des soviets, Ă  Moscou, en janvier-fĂ©vrier 1935. À l’apparition de Staline Ă  la tribune, il est pris par l’hystĂ©rie collective. 23Le discours qu’il prononça ensuite commence et finit par un hymne Ă  Staline, qui encadre des souvenirs autobiographiques sur le passĂ© de besprizornik de l’auteur 24 Je deviendrai trĂšs vieux, mais je n’oublierai jamais comment, il y a deux jours, nous avons accueilli Staline. Je n’ai jamais Ă©tĂ© plus heureux qu’à voir et Ă  Ă©prouver en moi la profondeur de l’amour et du dĂ©vouement pour Staline. Des siĂšcles passeront et les gĂ©nĂ©rations communistes de l’avenir nous tiendront pour les plus heureux des mortels, de tous les vivants de la terre de tous les siĂšcles, parce que nous avons vu Staline, le chef gĂ©nial, sage, riant, affectueux, majestueusement simple [19]. » 25En pĂ©roraison, Avdeenko reprend la doxologie du discours de Sverdlovsk, mais les louanges s’adressent maintenant nommĂ©ment Ă  Staline et non plus au pouvoir soviĂ©tique » [20] 26 Je jouis de tous les droits du citoyen. Je ne suis atteint d’aucune maladie. Je suis fort. Je cultive en moi les meilleurs sentiments humains l’amour, le dĂ©vouement, l’honnĂȘtetĂ©, l’abnĂ©gation, l’hĂ©roĂŻsme, le dĂ©sintĂ©ressement, tout cela grĂące Ă  toi, grand Ă©ducateur Staline [velikij vospitatel’ Stalin]. [
]Je suis heureux, joyeux de vivre, je me sens un courage inĂ©branlable, c’est Ă  regret que je me couche, je suis joyeux de me rĂ©veiller. Je vivrai cent ans, mes cheveux blanchiront, mais je serai Ă©ternellement heureux, joyeux – tout cela grĂące Ă  toi, grand Ă©ducateur Staline. [
]Lorsque ma femme aimĂ©e me donnera un enfant, le premier mot que je lui apprendrai sera Staline [21]. » 27Aragon reproduisit ce discours de l’ homme nouveau » en annexe Ă  son article Ă  l’origine, une confĂ©rence D’Alfred de Vigny Ă  Avdeenko. Les Ă©crivains dans les Soviets » [22]. L’article a pour sujet la science prodigieuse de la rééducation de l’homme », illustrĂ©e par l’ extraordinaire expĂ©rience du Canal de la mer Blanche Ă  la Baltique, oĂč des milliers d’hommes et de femmes, les bas-fonds d’une sociĂ©tĂ©, ont compris devant la tĂąche Ă  accomplir, par l’effet de la persuasion d’un petit nombre de tchĂ©kistes qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient, que le temps est venu oĂč un voleur, par exemple, doit se requalifier dans une autre “profession”, parce que je vous demande un peu ce que serait la place d’un voleur dans une sociĂ©tĂ© socialiste ! » Pratiquant l’autocritique, Aragon met en parallĂšle la transformation du singe social de notre temps en l’homme socialiste de l’avenir » et sa propre rééducation de surrĂ©aliste en partisan du rĂ©alisme socialiste, aprĂšs un voyage en URSS qui fut pour lui un BiĂ©lomorstroĂŻ intellectuel [23] ». 28En 1933, le critique S. Dinamov Ă©crivait Avdeenko a fait un beau dĂ©but dans la littĂ©rature. Mais l’ascension, ensuite, est plus difficile [24] ». Avdeenko lui-mĂȘme le pressentait au congrĂšs des Ă©crivains. Le manuscrit de son deuxiĂšme roman intitulĂ© Ă  l’origine La Capitale Stolica fit l’objet d’une critique argumentĂ©e 11 pages de A. Chtcherbakov, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Union des Ă©crivains, qui sera approuvĂ©e sans rĂ©serve par Gorki, toujours trĂšs sĂ©vĂšre pour les Ă©crivains prolĂ©tariens qui, forts de leur origine sociale, nĂ©gligeaient le travail et l’étude Chtcherbakov reprochait Ă  Avdeenko, outre des fautes stylistiques, de ne pas avoir suffisamment reflĂ©tĂ© le rĂŽle hĂ©roĂŻque et dirigeant du parti », d’avoir au contraire fait parler les saboteurs » et contre-rĂ©volutionnaires » avec trop d’expressivitĂ©, et dĂ©crit l’hĂ©roĂŻsme des ouvriers victimes par centaines de graves gelures en termes de sacrifice [25]. Sous le titre de Destin Sud’ba, le roman parut nĂ©anmoins dans la revue Oktjabr’ n° 11-12, 1935 puis en 1936 en Ă©dition sĂ©parĂ©e Ă  Sverdlovsk et Ă  Moscou Goslitizdat, 270 pages. À l’origine, Avdeenko voulait traiter du premier plan quinquennal et de la lutte contre les saboteurs », mais la tĂąche fut au-dessus de ses forces » [26], et il revint au schĂ©ma antithĂ©tique de J’aime d’un cĂŽtĂ©, un paysan pauvre qui fuit la collectivisation, parcourt tout le pays Ă  la recherche d’une vie meilleure, puis devient ouvrier de choc sur le chantier de Zheleznogorsk Magnitogorsk. Il reçoit en prime une bicyclette sur laquelle il ne sait pas monter et un appartement, qu’il meuble bourgeoisement armoire Ă  glace, tapis. On le voit compter et caresser l’argent qu’il a gagnĂ© sa psychologie de petit propriĂ©taire n’a pas changĂ©. À l’opposĂ©, son fils Mikola, petit voyou en puissance, s’intĂšgre Ă  un bataillon d’enthousiastes » qui veulent voler et non ramper » thĂšme gorkien et dont la charte ressemble Ă  celle d’un monachisme fanatique renonciation Ă  toute vie personnelle, fusion avec le collectif. Il devient l’un des meilleurs ouvriers du chantier, toujours prĂȘt Ă  se dĂ©passer. Ce roman de rééducation » est aussi un roman de production » typique, avec des bons et des mĂ©chants les saboteurs », et la figure tutĂ©laire du commissaire du peuple Ă  l’Industrie lourde, S. Ordjonikidze qui se suicidera en 1937 [27]. 29La critique trouva beaucoup de dĂ©fauts au roman. G. Kolesnikova nota une composition lĂąche, avec un mĂ©lange de dialogues interminables, de descriptions lyriques du paysage et de reportages journalistiques ; la majoritĂ© des personnages ont un modĂšle littĂ©raire chez Panferov, Ehrenbourg, Kotchin, Cholokhov, et il y a mĂȘme des scĂšnes plagiĂ©es. De plus, les hĂ©ros d’Avdeenko pensent Ă©tonnamment peu, et de maniĂšre naĂŻve », y compris le chef du chantier et le secrĂ©taire du comitĂ© du parti. Encore moins rĂ©ussis sont les saboteurs, qui rappellent plus des pillards d’un tripot perdu que des gens liĂ©s Ă  une organisation de saboteurs ou autre. » L’hĂ©roĂŻsme du travail, dont Avdeenko est le chantre, est tellement hyperbolique qu’il en devient invraisemblable ou suspect 30 Dans son dĂ©sir de montrer l’hĂ©roĂŻsme des constructeurs, Avdeenko est allĂ© trop loin, et Ă  la place d’enthousiastes, a prĂ©sentĂ© des “martyrs du travail”. L’auteur dĂ©crit le travail comme une autotorture permanente, s’efforçant de prĂ©senter cette torture comme une jouissance suprĂȘme, dans un contexte de solennitĂ© et de fĂȘte. Par moins 50-60 degrĂ©s, les ouvriers travaillent au son d’un orchestre de cuivres. L’un des enthousiastes du chantier, Gitara, touche une rampe de fer et y laisse des lambeaux de peau. [
] Les ouvriers de choc, qui n’ont pas pris de repos aprĂšs trois nuits de travail, demandent de nouvelles tĂąches [28]. » 31La rĂ©alitĂ©, cependant, affleure bien l’hĂ©roĂŻsme masochiste des enthousiastes il y en avait, les cadences et les conditions infernales de travail sont caractĂ©ristiques de ces grands chantiers staliniens. 32Le naturalisme » contre lequel avec le formalisme » une campagne venait d’ĂȘtre lancĂ©e, est aussi dĂ©noncĂ© Les hommes qui arrivent au chantier ont un aspect animal “sales, hĂ©rissĂ©s d’une barbe dure, imprĂ©gnĂ©s de fumĂ©e et de sueur Ăącre de cheval.” » Mais n’est-ce pas dans cet Ă©tat qu’arrivaient au chantier les koulaks » dĂ©portĂ©s, qui constituaient un cinquiĂšme de la main-d’Ɠuvre ce qu’Avdeenko ne dit pas [29] ? La naturalisme est aussi dĂ©noncĂ© dans les scĂšnes d’accouchement il y en a cinq, repoussantes, au dĂ©but du roman et dans des scĂšnes d’amour On ne sait pourquoi l’auteur estime nĂ©cessaire de montrer nue la jeune fille que Mikola aime, Nina, au moment de leur premier rapport [30]. » 33La conclusion du critique est sĂ©vĂšre Le succĂšs a tournĂ© la tĂȘte du jeune Ă©crivain. Il a trop comptĂ© sur son talent innĂ© et a oubliĂ© la nĂ©cessitĂ© d’un labeur opiniĂątre sur lui-mĂȘme. » Et sont donnĂ©s en exemple Knut Hamsun, Jack London, Marc Twain et Maxime Gorki. 34Dans la Pravda 6 avril 1936, D. Zaslavki, initiateur de nombreuses campagnes de dĂ©nonciation d’écrivains, qualifia le roman d’inachevĂ©, brut syraja kniga et reprocha Ă  la revue Oktjabr’ de l’avoir publiĂ© sous cette forme. Zaslavski critique la prĂ©dominance de l’ enthousiasme romantique » des komsomols sur le calcul mĂ©thodique et rigoureux des bolcheviks ». 35Avdeenko n’en continue pas moins une belle carriĂšre il est l’envoyĂ© spĂ©cial de la Pravda en Ukraine occidentale 1939, puis en 1940 en Bucovine du Nord, que l’URSS vient d’annexer aprĂšs la signature du pacte germano-soviĂ©tique [31].La chute36Du roman, Avdeenko passe Ă  l’écriture de scĂ©narios de films. AprĂšs le scĂ©nario de J’aime, en 1935, il Ă©crit en 1939 La Loi de la vie Zakon ĆŸizni, rĂ©alisĂ© par A. Stolper et B. Ivanov aux studios Mosfilm. C’est ce film, sorti sur les Ă©crans le 7 aoĂ»t 1940, avec le visa du vice-prĂ©sident du conseil des commissaires du peuple, A. Vychinski, et du prĂ©sident du ComitĂ© du cinĂ©ma, I. Bolchakov, qui va causer la chute d’Avdeenko. Un article anonyme c’est-Ă -dire venant d’ en haut » et ayant valeur de directive [32] publiĂ© dans la Pravda du 18 juin 1940 dĂ©nonce la morale du film, qualifiĂ©e de fausse », et la calomnie » de la jeunesse Ă©tudiante soviĂ©tique, Ă  cause de scĂšnes de beuverie d’étudiants en mĂ©decine, au cours desquelles le secrĂ©taire du comitĂ© rĂ©gional du Komsomol prĂŽne l’amour libre [33]. Le responsable de l’organisation de base du Komsomol komsorg qui lui est opposĂ© est pĂąlot et faible et si, Ă  la fin, le mal est dĂ©masquĂ© et la vertu triomphe, ce n’est pas convaincant. Ceux qui ont vu le film restent Ă©tonnĂ©s de la franchise avec laquelle Avdeenko dĂ©nonçait la dĂ©pravation de la nomenklatoura [34]. 37La revue Kino qui avait d’abord louĂ© le film pour sa sincĂ©ritĂ© » et son acuitĂ© » [35] dut rectifier le tir en publiant en mĂȘme temps que la Pravda le mĂȘme article anonyme. La dĂ©cision d’interdire le film fut prise par Staline en personne. Le 9 septembre 1940, Avdeenko fut convoquĂ© par un tĂ©lĂ©gramme de Jdanov, secrĂ©taire du ComitĂ© central, Ă  une rĂ©union spĂ©ciale du Bureau politique. Outre Jdanov, qui la prĂ©sida, et Staline, Ă©taient prĂ©sents Ă  cette rĂ©union Malenkov membre du bureau politique du ComitĂ© central, A. Andreev membre du ComitĂ© central, Poskrebychev secrĂ©taire de Staline, Pospelov, Aleksandrov, Polikarpov trois responsables de la direction de l’Agitprop, I. Bolchakov, Fadeev dirigeant de l’Union des Ă©crivains depuis 1939, Lozovski [36], et les Ă©crivains V. Kataev, Lebedev-Koumatch, Fedin, Trenev, Sobolev, Pogodin, Aseev, les deux rĂ©alisateurs et quelques autres vingt-deux personnes en tout. Staline passa Ă  Avdeenko un mĂ©morable savon ». La scĂšne est dĂ©crite de mĂ©moire dans ChĂątiment sans crime [37]. On dispose maintenant du stĂ©nogramme de la sĂ©ance, et notamment de l’intervention de Staline [38], qu’il donna l’air d’improviser, en allant et venant au pied de la tribune et en tirant sur sa pipe. 38Cette intervention, qui eut lieu aprĂšs celle de Jdanov, est assez Ă©tonnante. Staline discourut d’abord sur les notions de vĂ©ritĂ© » et d’ objectivitĂ© » pravdivost’, ob”ektivnost’ la littĂ©rature ne peut ĂȘtre photographique, elle doit ĂȘtre tendancieuse », servir une classe donnĂ©e mais sans tomber dans la caricature 39 Je prĂ©fĂšrerais que l’on nous prĂ©sentĂąt les ennemis non comme des monstres [izvergi], mais comme des gens hostiles Ă  notre sociĂ©tĂ© sans pour autant ĂȘtre privĂ©s de certains traits humains. Le dernier salaud a des traits humains, il aime quelqu’un, respecte quelqu’un, est prĂȘt Ă  se sacrifier pour quelqu’un. [
] Pourquoi ne pas reprĂ©senter Boukharine [39], tout monstre qu’il Ă©tait, avec des traits humains ? Trotski est un ennemi, mais c’est quelqu’un de capable, il faut indiscutablement le reprĂ©senter comme un ennemi, avec des traits nĂ©gatifs, mais aussi avec de bonnes qualitĂ©s, parce qu’elles existaient, c’est indiscutable [40]. » 40Aux hĂ©ros de Shakespeare, Gogol ou Griboedov qui concentrent en eux tous les traits nĂ©gatifs », Staline prĂ©fĂšre une autre maniĂšre d’écrire, la maniĂšre de TchĂ©khov, chez qui il n’y a pas de hĂ©ros, mais des gens ternes, qui reflĂštent cependant le courant principal de la vie. C’est une autre maniĂšre d’écrire ». Cela fait penser Ă  l’ homme vivant » dĂ©fendu par la RAPP [41]
 41AprĂšs ce prĂ©ambule, et sans jamais se rĂ©fĂ©rer aux canons du rĂ©alisme socialiste, Staline passe Ă  Avdeenko, Ă  qui il reproche non de reprĂ©senter l’ennemi sous un aspect correct », mais de laisser dans l’ombre les nĂŽtres », les vainqueurs pour lesquels il ne trouve pas de couleurs adĂ©quates et qui ne sont que des gringalets ou des miteux zamuxryĆĄki. Staline donne en exemple l’écrivain Wanda VasilevskaĂŻa [42] et invite les Ă©crivains Ă  mieux s’occuper du menu fretin plotva d’oĂč peut Ă©merger un bon Ă©crivain, Ă  s’occuper des jeunes Ă©crivains comme un jardinier soigne ses fleurs », Ă  ne pas laisser mariner » les meilleurs Ă©lĂ©ments tel Ă©tait dĂ©jĂ  le thĂšme du discours d’Avdeenko au premier congrĂšs des Ă©crivains. Le film La Loi de la vie n’est citĂ© qu’in fine, pour illustrer ces propos, avec une attaque ad hominem lourde de menaces Staline traita Avdeenko de Don Juan et ajouta Je voudrais me tromper, mais je doute qu’il ait de la sympathie pour les bolcheviks. [
] Je pense que c’est un suppĂŽt de l’ennemi [čelovek vraĆŸeskogo oxvost’ja]. » 42Seul Aseev osa rĂ©pliquer au chef tout en critiquant le film, et en craignant d’ĂȘtre accusĂ© de libĂ©ralisme pourri », il plaignit Avdeenko, portĂ© aux nues et maintenant dĂ©criĂ© outre mesure, et il s’inquiĂ©ta du jugement positif portĂ© sur Wanda VassilevskaĂŻa Demain ou aprĂšs-demain, Wanda VassilevskaĂŻa risque de devenir le standard d’écriture unique. Ce qui plaĂźt Ă  Joseph Vissarionovitch Staline est une chose, une directive sur la maniĂšre d’écrire en est une autre [43]. » 43Le film Ă©crit par Avdeenko ne fut qu’un prĂ©texte pour rĂ©affirmer l’emprise du ComitĂ© central sur l’intelligentsia soviĂ©tique, pourtant mobilisĂ©e par la guerre. La sĂ©ance du ComitĂ© central fut suivie par l’interdiction de plusieurs autres Ɠuvres L’Union [des Ă©crivains] a laissĂ© passer les Ɠuvres antisoviĂ©tiques d’Avdeenko, la parution d’Ɠuvres idĂ©ologiquement nuisibles et anti-artistiques telles que les piĂšces de Leonov La TempĂȘte de neige, de Kataev La Maisonnette, de Kozakov Quand je suis seul, de GlĂ©bov À cƓur ouvert, que le ComitĂ© central a Ă©tĂ© obligĂ© d’interdire [44]. » Il semble que l’on ait lĂ  les prĂ©misses de la campagne de Jdanov de 1946 contre l’intelligentsia. 44Natacha Laurent qui, dans L’ƒil du Kremlin, examine en dĂ©tail l’affaire Avdeenko, victime expiatoire », propose trois niveaux d’interprĂ©tation de cette sĂ©ance extraordinaire du ComitĂ© central. Celle-ci visait Ă  clouer au pilori », pour l’exemple, un auteur qui n’était pas sans reproche il a frayĂ© avec des dirigeants qui ont Ă©tĂ© liquidĂ©s comme ennemis du peuple », il a des traits de nouveau riche », Ă  critiquer ensuite le fonctionnement de l’Union des Ă©crivains, en lui proposant de se dĂ©barrasser de ses Ă©lĂ©ments incurables » et, troisiĂšmement, elle donnait Ă  Jdanov l’occasion de rĂ©affirmer son autoritĂ© sur tout le secteur de la propagande et de la culture » Il apparaĂźt ainsi que cette sĂ©ance du ComitĂ© central est Ă  la fois le lieu d’oĂč est lancĂ©e une campagne de reprise en main de l’intelligentsia et celui oĂč s’expriment les rivalitĂ©s entre les principaux responsables du parti [45]. » 45On comprend qu’Avdeenko qui bredouilla des justifications, mais ne fit pas son autocritique s’attendait Ă  ĂȘtre arrĂȘtĂ© dĂšs la fin de la rĂ©union, qui dura de 17 heures jusqu’à minuit. Il n’en fut rien [46]. Avdeenko fut seulement immĂ©diatement privĂ© de tous ses privilĂšges matĂ©riels appartement, datcha, exclu du parti, de l’Union des Ă©crivains, privĂ© de son mandat de dĂ©putĂ© du Donbass, limogĂ© de la Pravda, ses livres Ă©tant retirĂ©s des bibliothĂšques. Il redevint mĂ©canicien en second d’une haveuse dans le Donbass et suivit en mĂȘme temps les cours par correspondance de l’Institut littĂ©raire Gorki de Moscou, oĂč il fut admis en rachat et l’ultime confession46DĂšs le dĂ©but de la guerre, Avdeenko demande Ă  s’engager, mais cela lui est refusĂ© exclu du parti, il a aussi Ă©tĂ© rayĂ© des cadres politiques dont il faisait partie, et ce n’est pas avant plusieurs mois qu’il est envoyĂ© dans une Ă©cole d’artillerie. En dĂ©cembre 1942, il est finalement affectĂ© avec le grade de lieutenant Ă  une division du Nord de la Russie, accompagnĂ© d’un dossier compromettant, mais son commandant, comprĂ©hensif, prĂ©fĂšre l’utiliser comme correspondant militaire du journal de la division. Avdeenko n’en reste pas moins surveillĂ© par le contre-espionnage et les sections politiques de l’armĂ©e. Jusqu’en juillet 1943, il reste interdit de publication dans la presse nationale. C’est le rĂ©dacteur en chef du journal de l’armĂ©e, L’Étoile rouge, Vadimov, qui demandera Ă  Staline la permission de publier les reportages d’Avdeenko Cet Ă©crivain se conduit au front avec courage et jouit du respect des combattants et des commandants. Estimant que le cam[arade] Avdeenko a rachetĂ© sa faute pendant la Guerre patriotique, je demande l’autorisation de publier ses reportages dans L’Étoile rouge. » La rĂ©solution de Staline adressĂ©e dĂ©but juillet 1943 Ă  son secrĂ©taire, A. Poskrebychev reprenait cette formule Soit ! Qu’on le publie Avdeenko a rachetĂ© sa faute. Staline [Pust’ napečatajut Avdeenko iskupil svoju vinu] [47]. » 47La mĂȘme annĂ©e 1943, parrainĂ© par N. Tikhonov et K. Simonov, Avdeenko fut rĂ©admis Ă  l’Union des Ă©crivains, sans toutefois retrouver son anciennetĂ©. En 1944, il fut rĂ©intĂ©grĂ© dans le parti. Un rĂ©cit, La Grande Famille, est publiĂ© dans Novyj mir 11-12, 1944, malgrĂ© un avis dĂ©favorable de Fadeev, qui l’avait trouvĂ© Ă  la fois trop naturaliste et trop artificiel [48]. 48La guerre finie, Avdeenko Ă©crit des piĂšces De la mĂȘme gĂ©nĂ©ration 1947, qui sera jouĂ©e, mais critiquĂ©e A. Borchtchagovskij, Novyj mir, 8, 1948, et resta inĂ©dite, tout comme Sous le soleil Ă©ternel 1948, Ă©galement critiquĂ©e. Il publie un gros roman de production commencĂ© en 1935, Trud Le Labeur, Profizdat, 1951, rééditĂ© en 1952 Ă  Stalino, Donbass, puis en 1954 un rĂ©cit sur la vie des garde-frontiĂšres dont il partage la vie Nad Tissoj Au dessus de la Tissa, publiĂ© en mĂȘme temps aux Ă©ditions de l’armĂ©e Voenizdat et aux Ă©ditions pour la jeunesse Detgiz. Une suite, Gornaja vesna Printemps montagnard paraĂźt en 1955. L’ensemble sera plusieurs fois rééditĂ© et portĂ© en 1958 au cinĂ©ma. Puis une troisiĂšme partie paraĂźtra en 1963. Cette trilogie ressortit au genre du roman d’aventures militaires soviĂ©tique le romantisme de la frontiĂšre », avec un garde-frontiĂšre soviĂ©tique et un espion de la CIA, tous deux Ă©pris d’une kolkhozienne de choc, prisĂ© de la jeunesse et des autoritĂ©s un compte rendu de L. Shejnin dans Smena 13, 1955 est intitulĂ© Un livre qui enseigne la vigilance ». Avdeenko exploite cette veine dans les annĂ©es 1960-1970, avec d’autres livres du mĂȘme genre La FrontiĂšre, L’Éclaireur [Sledopyt]. 49En 1957, sous le DĂ©gel, Avdeenko réécrit et complĂšte J’aime, puis lui donne une suite qui paraĂźtra au dĂ©but de l’annĂ©e 1967 d’abord dans la revue Junost’, avec une prĂ©face V. Kataev. L’ensemble dĂ©passe les 600 pages. La comparaison des textes de 1933 147 pages et de 1957 343 pages ne peut ĂȘtre menĂ©e ici. L’intrigue est profondĂ©ment modifiĂ©e le hĂ©ros, devenu ouvrier de choc », est grisĂ© par les honneurs, ferme les yeux sur la rĂ©alitĂ© misĂšre, arrestations, devient arrogant, carriĂ©riste, sa femme le quitte. Il ne retrouve l’estime de ses camarades et de sa femme qu’aprĂšs ĂȘtre venu en aide Ă  la femme et aux enfants d’un prĂ©sident de kolkhoze qui a Ă©tĂ© emprisonnĂ©. Le roman qu’il a Ă©crit est acceptĂ© par Gorki, mais sa femme meurt aprĂšs avoir vu en rĂȘve la main d’une autre femme se poser sur la tĂȘte de son mari. Avdeenko semble avoir mis en scĂšne ses dĂ©mons, pour les expier. Le tragique fait irruption dans l’optimisme rĂ©volutionnaire. Les deux passages que nous avons citĂ©s le rĂȘve utopique et l’annonce d’un enfant, voir notes supra ont disparu. Un critique se demande, en 1967, si l’amertume de la fin de l’Ɠuvre n’efface pas l’exploit du peuple, qui a construit la sociĂ©tĂ© socialiste malgrĂ© tous les Ă©checs et les fautes [49] ». 50En 1963, la contre-rĂ©volution » hongroise de 1956 inspire Ă  Avdeenko un roman, Les Cloches noires, puis c’est l’assassinat de John F. Kennedy 1963, victime du capital monopolistique » qui sert de sujet Ă  un nouveau roman, Sur les traces des invisibles 1975. Avdeenko est le type mĂȘme de l’écrivain officiel, vantant les exploits des garde-frontiĂšres et dĂ©nonçant les intrigues de l’Occident contre la patrie du socialisme. Rien ne laissait deviner la confession de 1989, ChĂątiment sans crime. 51L’ouvrage se prĂ©sente comme une nouvelle autobiographique et confession » qui couvre les annĂ©es 1933-1953. Avdeenko commence son rĂ©cit au moment de la parution de J’aime, l’étĂ© 1933. Il raconte l’ivresse du succĂšs, la renommĂ©e qui s’abat brusquement sur lui, sa croisiĂšre accompagnĂ©e sur le canal de la mer Blanche et son intĂ©ressante suite l’étĂ© 1935, Avdeenko est envoyĂ© par Gorki, Mekhlis rĂ©dacteur en chef de la Pravda et Jagoda sur le chantier de construction du canal Moscou-Volga, dĂ©guisĂ© en tchĂ©kiste. Des conversations avec des dĂ©tenus le font douter de leur culpabilitĂ© et il est rappelĂ© Ă  Moscou [50]. Avdeenko est ensuite envoyĂ©, toujours par la Pravda, dĂ©guisĂ© cette fois-ci en marin, sur le paquebot GĂ©orgie qui ouvre la ligne Odessa – Moyen-Orient avec une cargaison de juifs Ă©migrant en Palestine et rachetĂ©s cinq cents dollars par leurs proches Ă  l’étranger. Ce voyage lui ouvre Ă©galement les yeux sur le monde p. 138. Mais le mouvement stakhanoviste l’enthousiaste p. 140. 52Ces doutes de l’étĂ© 1935, ajoutĂ©s Ă  d’autres perplexitĂ©s arrestations de certaines de ses connaissances haut placĂ©es, suicide de Lominadze et d’Ordjonikidze, et surtout Ă  la diatribe de Staline en 1940, se dĂ©posent dans l’ñme d’Avdeenko, mais seront refoulĂ©s jusqu’à la perestroĂŻka. À la mort de Staline, il se sent malgrĂ© tout orphelin » p. 328. 53L’intĂ©rĂȘt des mĂ©moires d’Avdeenko vient de ce que leur auteur ne réécrit pas son passĂ©, mais rend compte sans cependant tout dire de la maniĂšre de penser et de croire qui l’habitait alors Je sus me persuader que je ne serai pas accusĂ© d’ĂȘtre un ennemi du peuple dans la mesure oĂč j’étais son fidĂšle serviteur. [
] MalgrĂ© les cataclysmes qui se produisaient dans le pays, je continuais Ă  croire que le pouvoir soviĂ©tique Ă©tait le seul pouvoir juste sur la terre, et que Staline en Ă©tait le meilleur reprĂ©sentant. » p. 179 54L’examen du parcours d’Avdeenko permet de mesurer l’étendue des non-dits dans la biographie exemplaire citĂ©e au dĂ©but de cet article. L’histoire de cet auteur s’avĂšre riche en enseignement quant Ă  la rĂ©alitĂ© des relations entre le pouvoir soviĂ©tique stalinien et les Ă©crivains. 55Pris en mains par le systĂšme politico-littĂ©raire et policier, Avdeenko devient l’illustration vivante de la politique de rééducation par le travail et de la dĂ©mocratisation du mĂ©tier d’écrivain. Son premier livre, J’aime, mis au point Ă  la suite d’un travail collectif et de l’intervention d’écrivains confirmĂ©s, est lancĂ© selon les rĂšgles du marketing politique en URSS et France, tandis que son auteur est utilisĂ© par l’OGPU-NKVD et pris dans un systĂšme de privilĂšges matĂ©riels et d’honneurs qui l’enivre et le lie. 56PortĂ© au pinacle, Avdeenko est fragilisĂ© et devient une cible privilĂ©giĂ©e pour un pouvoir toujours soucieux d’écrĂȘter l’intelligentsia d’exemple positif, il devient un exemple nĂ©gatif. Il reste un jouet entre les mains du pouvoir, et de Staline en personne qui intervient directement dans son destin. 57Le cas d’Avdeenko illustre d’autres phĂ©nomĂšnes caractĂ©ristiques du champ littĂ©raire stalinien et poststalinien la dĂ©nonciation d’une Ɠuvre par un signal d’en haut », publiĂ© anonymement par plusieurs journaux ; la réécriture des Ɠuvres ; le gommage de toutes les aspĂ©ritĂ©s biographiques dans les notices des annĂ©es 1960-1970 [51] ; le dĂ©doublement de l’écrivain, qui ne prend fin qu’avec la perestroĂŻka. 58Ce qui fut critiquĂ© chez Avdeenko le naturalisme », le manque de mĂ©tier est maintenant ce qui fait l’intĂ©rĂȘt de son Ɠuvre d’avant-guerre Avdeenko ne parvient pas Ă  transformer le rĂ©el en fiction, le narrateur s’efface devant l’auteur. GrĂące Ă  son immĂ©diatetĂ© ou Ă  sa naĂŻvetĂ©, la mauvaise littĂ©rature » est un document sur l’homme et son Ă©poque. 59Refonte d’un dĂ©linquant en ouvrier-Ă©crivain, ascension et chute, rachat et confession c’est tout un schĂ©ma de fonctionnement de la sociĂ©tĂ© soviĂ©tique qu’illustre l’itinĂ©raire d’Avdeenko. Notes [1] Les enfants des rues, ou enfants vagabonds, sont un phĂ©nomĂšne social important des annĂ©es 1920 et 1930. Cf. V. Zenzinov, Les Enfants abandonnĂ©s en Russie soviĂ©tique, Paris, Plon, 1929 ; Ehrenbourg, La Ruelle de Moscou [Protočnyj pereulok, 1927], Paris, Les Revues, 1930 ; Dorena Caroli, L’Enfance abandonnĂ©e et dĂ©linquante dans la Russie soviĂ©tique, 1917-1937, prĂ©f. de Jutta Scherrer, Paris, L’Harmattan, 2004. [2] Russkie sovetskie pisateli. Prozaiki. Bibliografičeskij ukazatel’, Leningrad, 1959, t. I, p. 21-22. [3] Alexandre Avdeenko, Otlučenie [L’excommunication], Znamja 3, 4, 1989, puis en Ă©dition sĂ©parĂ©e sous le titre Nakazanie bez prestuplenija [ChĂątiment sans crime], M. Sovetskaja Rossija, 1991 100 000 exemplaires. Le titre renvoie Ă  DostoĂŻevski, mais aussi Ă  des rĂ©flexions de Marx sur la justice p. 126. [4] Allusion au titre de l’ouvrage d’E. Dobrenko, Formovka sovetskogo pisatelja [Le moulage de l’écrivain soviĂ©tique], Saint-PĂ©tersbourg, 1999 ; traduit pour partie en anglais dans Aesthetics of Alienation Reassesment of Early Soviet Cultural Theories, Evanston, North-Western University Press, 2005. Voir les comptes rendus publiĂ©s dans la Revue des Ă©tudes slaves, 72 3-4, 2000, p. 627-630 et 76 4, 2005, p. 584-586. [5] “Za čto ja aplodiroval Stalinu”, Reč’ pisatelja tov. A. Avdeenko », Pravda, 1er fĂ©vrier 1935 ; trad. fr., “Pourquoi j’ai applaudi Staline”, discours du camarade Ă©crivain A. Avdeenko [au 7e CongrĂšs des soviets de l’URSS] », Commune, 20, avril 1935, p. 827-828. [6] Avdeenko ne sera membre du parti qu’à partir de 1939 Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 187. [7] Alexandre Avdeenko, Ja ljublu, Moscou, 1937, p. 197-199, trad. fr., id., J’aime, trad. du ru. par Alice Orane et Georges Roux, Paris, Éditions sociales internationales, 1933, p. 200-202, rééd. GenĂšve, Éditions des trois collines, 1944. [8] Alexandre Avdeenko, J’aime, op. cit., p. 224. L’union entre le hĂ©ros et sa compagne, fille d’un mĂ©canicien, n’a pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e » le code de 1926 accordait Ă  l’union libre mariage de fait » les mĂȘmes droits et devoirs qu’au mariage enregistrĂ© qui, Ă  partir de 1944, sera seul juridiquement reconnu. Toutefois, le code de 1926 s’inspirait moins de la morale rĂ©volutionnaire » que du rĂ©alisme et lĂ©galisait en fait les mariages religieux, encore trĂšs nombreux Ă  la campagne, mais non reconnus par l’état civil Cf. W. Berelowitch, Les dĂ©buts du droit de la famille en RSFSR. Pourquoi et comment ? », Cahiers du monde russe et soviĂ©tique, 22 4, 1981, p. 351-374. Dans la rĂ©alitĂ©, Avdeenko se maria en 1936 avec la sƓur de ZinaĂŻda Raikh, Ă©pouse de Meyerhold Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 155. [9] A. Selivanovskij, O nenavisti i ljubvi [De la haine et de l’amour] », Pravda, 13 dĂ©cembre 1933, p. 3. [10] Cf. Michel Niqueux, Quels textes lisons-nous ? Les classiques soviĂ©tiques au fil des rĂ©visions », Revue des Ă©tudes slaves, 73 4, 2001, p. 739-746. [11] Le nom de l’auteur est suivi de l’indication suivante MĂ©canicien de choc de trains de hauts fourneaux ». [12] Cf. Michel Niqueux, Le romantisme rĂ©volutionnaire et sa place dans le rĂ©alisme socialiste », in Le rĂ©alisme socialiste » dans la littĂ©rature et l’art des pays slaves, textes rĂ©unis par Michel Aucouturier et Catherine Depretto, Cahiers slaves [universitĂ© de Paris-IV], 8, 2004, p. 1-18. [13] S. Dinamov, RoĆŸdenie novogo xudoĆŸnika [La naissance d’un nouvel artiste] », Literaturnaja gazeta, 23 septembre 1933 ; trad. fr., id., Quelques notes sur la jeune littĂ©rature », LittĂ©rature de la rĂ©volution mondiale, 2, 1934, p. 157-158. [14] LittĂ©rature de la rĂ©volution mondiale, 6, 1933, p. 46-74 traduction de A. Roudnikov et A. GranovskaĂŻa. [15] Tels que Terres dĂ©frichĂ©es de Cholokhov, Hydrocentrale de M. Chaguinian, Tchapaev de D. Fourmanov, Le Tourbillon d’A. Demidov, Le Torrent de fer d’A. SĂ©rafimovitch, La Semaine d’A. Libedinski, La DĂ©faite d’A. Fadeev, Le Ciment de F. Gladkov, La CommunautĂ© des gueux [Bruski] de F. Panferov. [16] Alexandre Avdeenko, Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 13. [17] Ibid., p. 20. [18] Pravda, 9 dĂ©cembre 1934, p. 2. [19] Za čto ja aplodiroval Stalinu », op. cit. avec dans les siĂšcles des siĂšcles » au lieu de tous les siĂšcles ». [20] Cette modification aurait Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e Ă  Avdeenko par L. Mexlis, le rĂ©dacteur en chef de la Pravda cf. Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 86. [21] Za čto ja aplodiroval Stalinu », op. cit. Aujourd’hui, un chercheur note que le son st » est imprononçable par un bĂ©bĂ© et interprĂšte cette substitution de la mĂšre Ă  Staline comme une forme de sadisme A. Nedel’, Eskiz stalinskoj metafiziki detstva [Esquisse de la mĂ©taphysique stalinienne de l’enfance] », Logos, 3, 2000, http// www. ruthenia. ru8085/ logos/ number/ 2000-03-24-htm. [22] Commune, 20, 1935, p. 801-815 et dans Aragon, Pour un rĂ©alisme socialiste, P. DenoĂ«l et Steele, 1935, p. 7-85, repris sans le discours d’Avdeenko au tome VI de L’ƒuvre poĂ©tique, Livre Club Diderot, 1975, sous le titre Les Ă©crivains dans les Soviets », oĂč Aragon regrette certains excĂšs de langage et de pensĂ©e » p. 225. [23] BiĂ©lomorstroĂŻ chantier du canal de la mer Blanche. Dans son discours de 1935, Avdeenko disait Chacune de nos entreprises, notre systĂšme soviĂ©tique tout entier, ne sont qu’un grand combinat d’usines Ă  rééduquer l’homme. » [24] S. Dinamov, op. cit., p. 158. [25] Lettre de A. S. Sčerbakov Ă  Alexandre Avdeenko antĂ©rieure au 17 novembre 1934, Sčast’e literatury » Gosudarstvo i pisateli. 1925-1938 gg. [ Le bonheur de la littĂ©rature » l’État et les Ă©crivains. 1925-1938, documents], D. L. Babičenko Ă©d., Moscou, RosspĂšn, 1997, p. 178-185 ; Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 146-147 ; V. V. Perxin, Polemika M. Gor’kogo s A. Avdeenko » [La polĂ©mique de Gorki avec Avdeenko], M. Gor’kij i ego Ăšpoxa. Materialy i issledovanija, vyp. 4, M. 1995, p. 143-149. [26] G. Kolesnikova, O novom romane Avdeenko » [Le nouveau roman d’Avdeenko], Novyj mir 5, 1936, p. 173. Le thĂšme Ă©tait surtout trop dangereux, les responsables pouvant ĂȘtre accusĂ©s de sabotage » du jour au lendemain. [27] Cf. O. Khlevniouk, Le Cercle du Kremlin. Staline et le Bureau politique dans les annĂ©es 30 les jeux du pouvoir, trad. par Pierre Forgues et Nicolas Werth, Paris, Seuil, 1996 p. 203 Ordjonikidze s’efforça, d’une certaine maniĂšre, d’entraver le dĂ©veloppement de la rĂ©pression ». [28] G. Kolesnikova, op. cit., p. 172-181. Il serait intĂ©ressant de comparer Le Destin d’Alexandre Avdeenko avec d’autres romans inspirĂ©s par la construction de Magnitogorsk Vremja vperĂ«d ! [Ô temps, en avant !] de V. Kataev 1932, Ljudi iz zaxolust’ja [Les gens des coins perdus], trad. de R. Huntzbucler, Paris, Gallimard, 1960 de A. Malychkine 1931-1937, etc. [29] Cf. Stephen Kotkin, Magnetic Mountain Stalinism as a Civilization, Berkeley, University of California Press, 1995, p. 81, 434 – 40 000 dĂ©portĂ©s sur 200 000 ouvriers et ingĂ©nieurs, auxquels il faut ajouter le contingent du camp de travail rééducateur », soit 12 869 personnes en 1933 ibid., p. 230, 509. [30] G. Kolesnikova, op. cit., p. 178. Dans le roman d’Avdeenko, figure Ă©galement cette scĂšne dionysiaque », trĂšs rare dans la littĂ©rature soviĂ©tique de l’époque stalinienne, particuliĂšrement puritaine Hors d’haleine, ils s’arrĂȘtĂšrent au milieu d’un taillis Ă  moitiĂ© sombre. Nina s’affaissa sans rien dire sur l’herbe et Ă©tendit les bras, mordillant de ses dents blanches et pointues ses lĂšvres rouge vif. Ses cils Ă©taient baissĂ©s et tremblaient. Mikola se mit Ă  genoux.– Kolia, Kolienka, attendons le soir
– Pas besoin d’attendre l’obscuritĂ©. Que ce soit au soleil, en plein jour
 DĂ©shabille-toi
 entiĂšrement
 comme dans le lac.– Kolia !– Comme tu es bas, derriĂšre les taillis, on voyait le sable jaune. Mikola se pencha sur Nina. Elle cacha son visage dans ses cheveux. Tout en lui criait, son cƓur battait Ă  tout rompre.– Regarde-moi dans les yeux ! » Alexandre Avdeenko, Sud’ba, 1936, p. 225 [31] Natacha Laurent, L’ƒil du Kremlin cinĂ©ma et censure en URSS sous Staline 1928-1953, Toulouse, Privat, 2000, p. 77. [32] L’article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par un collĂšgue d’Avdeenko Ă  la Pravda, collaborateur de la direction de l’Agitprop du ComitĂ© central, puis revu par Jdanov. [33] Avdeenko avait sans doute Ă  l’esprit A. Kosarev, premier secrĂ©taire du ComitĂ© central du Komsomol, arrĂȘtĂ© et fusillĂ© en 1939 pour dĂ©pravation morale ». Mais cette accusation Ă©tait-elle fondĂ©e ? A. Vaksberg prĂ©sente Kosarev comme un des rares Ă  avoir conservĂ© dans son comportement une simplicitĂ© “rĂ©volutionnaire” et un certain dĂ©mocratisme dans ses contacts avec les “masses” » Vychinski, le procureur de Staline, Paris, Albin Michel, 1991, p. 167. [34] D. L. Babičenko, Pisateli i cenzory Sovetskaja literatura 1940-x godov pod političeskim kontrolem CK [Les Ă©crivains et les censeurs la littĂ©rature soviĂ©tique des annĂ©es 1940 sous le contrĂŽle politique du ComitĂ© central], Moscou, 1994, p. 23 ; Natacha Laurent, op. cit., p. 76. [35] I. Vajsfel’d, Iskrennost’ i ostrota » SincĂ©ritĂ© et acuitĂ© », Kino, 23 juin 1940. [36] S. Lozovski 1878-1952, vice-commissaire aux Affaires Ă©trangĂšres 1939-1946, fusillĂ© en 1952 avec les membres du comitĂ© juif antifasciste, avait en tant que directeur des Éditions littĂ©raires d’État Goslitizdat en 1937-1939, envoyĂ© Ă  Avdeenko une critique en rĂšgle du manuscrit de son roman L’État, c’est moi Gosudarstvo – Ăšto ja, consacrĂ© aux Ă©vĂ©nements du Donbass en 1935-1937 stakhanovisme, saboteurs. Lozovski accusait Avdeenko de calomnier le parti et l’État soviĂ©tique. Jdanov lut cette lettre de vingt-cinq pages Ă  la sĂ©ance du ComitĂ© central Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 211-212. Ce roman, qu’Ordjonikidze avait poussĂ© Avdeenko Ă  entreprendre, avait Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© de Makarenko, qui lui avait seulement reprochĂ© trop de naturalisme ». Avdeenko Ă©crira un autre roman sur les mineurs du Donbass, qui paraĂźtra en 1951 Trud [Le labeur]. [37] Ibid., p. 201-223. La scĂšne est relatĂ©e d’aprĂšs cette source dans Marie, Staline, Paris, Fayard, 2001, p. 594-595. [38] Vlast’ i xudoĆŸestvennaja intelligencija Dokumenty CK RKPb-VKPb-VčK-OGPU-NKVD o kul’turnoj politike, 1917-1954 [Le pouvoir et l’intelligentsia artistique documents de ComitĂ© central du parti communiste, de la TchĂ©ka-OGPU-NKVD sur la politique culturelle, 1917-1954], A. Artizov et O. Naumov Ă©d., Moscou, 1999, p. 450-455 stĂ©nogramme non rĂ©visĂ©. [39] RemplacĂ© par Milioukov homme politique libĂ©ral et historien, Ă©migra en 1920 dans la version corrigĂ©e destinĂ©e au tome XIV des ƒuvres de Staline, qui ne parut pas ibid., p. 451. [40] Ibid., p. 451. Trotski venait d’ĂȘtre assassinĂ© au Mexique par un agent de Staline 20 aoĂ»t 1940. [41] Cf. Michel Aucouturier, Le RĂ©alisme socialiste, Paris, PUF, Que sais-je ? », 1998, p. 44-45. [42] Écrivain polonais 1905-1964, se rĂ©fugia en URSS en 1939, prix Staline 1943, 1946, 1952. Avdeenko avait rĂ©cemment publiĂ© dans la Pravda 23 mars 1940 un article sur la vie et l’Ɠuvre de Wanda VassilevskaĂŻa, candidate Ă  la dĂ©putation au Soviet suprĂȘme de l’URSS. [43] E. Gromov, Stalin Vlast’ i iskusstvo [Staline le pouvoir et l’art], Moscou, 1998, p. 260. Aseev n’en recevra pas moins en 1941 le prix Staline pour son poĂšme MaĂŻakovski commence ». [44] Ibid., p. 310 Jdanov, projet de rĂ©solution du ComitĂ© central, septembre 1940, Sur le travail du prĂ©sidium de l’Union des Ă©crivains ». Cf. Babičenko, op. cit., p. 31-38. [45] Natacha Laurent, op. cit., p. 79-82. Jdanov venait le 6 septembre d’ĂȘtre dĂ©mis de ses fonctions de directeur de l’Agit-prop et avait Ă©tĂ© remplacĂ© par G. Aleksandrov. Jdanov retrouvera cette fonction en avril 1946, Aleksandrov restant son adjoint ibid., p. 144. [46] Selon Gromov, cela tient au fait que l’affaire avait Ă©tĂ© trop Ă©bruitĂ©e E. Gromov, op. cit., p. 261. [47] L. Maksimenkov, Očerki nomenklaturnoj istorii sovetskoj literatury 1932-1946 », Voprosy literatury, 4, 2003, p. 247. Le gĂ©nĂ©ral Ortenberg, dans ses Souvenirs, s’attribue cette dĂ©marche, et la rĂ©ponse de Staline lui aurait Ă©tĂ© faite au tĂ©lĂ©phone cf. E. Gromov, op. cit., p. 261 ; Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 327. [48] A. Fadeev, Sobranie sočinenij v 7 tt., t. VI, M. 1971, p. 346-348. [49] V. Survillo, Ispytanie ơčast’em » L’épreuve du bonheur », Novyj mir, 9, 1967, p. 258. [50] Alexandre Avdeenko, Nakazanie bez prestuplenija, op. cit., p. 102-129. Par la suite, les rĂ©fĂ©rences aux pages de cet ouvrage seront donnĂ©es entre parenthĂšses dans le texte. [51] Avdeenko ne figure pas dans le dictionnaire biographique des Ă©crivains russes du xxe siĂšcle, qui contient pourtant tous les classiques soviĂ©tiques Russkie pisateli 20 veka. Biografičeskij slovar’, Moscou, P. A. Nikolaev, 2000. [*] Professeur Ă  l’universitĂ© de Caen, Michel Niqueux est l’auteur, en collaboration avec Leonid Heller, d’une Histoire de l’utopie en Russie PUF, 1985. Il a traduit et prĂ©facĂ© Le Cheval blĂȘme journal d’un terroriste de Boris Savinkov, Une nihiliste de Sophie KovalevskaĂŻa, Une confession de Maxime Gorki PhĂ©bus, 2003-2005, et dirigĂ© Vieux-croyants et sectes russes du xviie siĂšcle Ă  nos jours » Revue des Ă©tudes slaves, 69 1-2, 1997, Religion et nation » Cahiers de la MRSH-Caen, 43, 2005, Le caractĂšre national mythe ou rĂ©alitĂ© ? Sources, problĂ©matique, enjeux » Cahiers de la MRSH-Caen, 48, 2007.

LapremiĂšre exposition, Les plaisirs et les jours, au Petit Palais, est consacrĂ©e Ă  Giovanni Boldini (1842-1931), grand peintre des salons de la haute sociĂ©tĂ© parisienne ; la seconde, Proust du cĂŽtĂ© de la mĂšre, au MusĂ©e d’Art et d’Histoire du judaĂŻsme, prĂ©sente la vie et l’Ɠuvre de l’écrivain Ă  travers le prisme de la judĂ©itĂ© ; la troisiĂšme enfin, au MusĂ©e Carnavalet
Rationnel, conformiste et moralement Ă©quilibrĂ© l’extrĂ©miste serait bien Ă©loignĂ© des prĂ©jugĂ©s qui circulent sur lui. Des sectes au fanatisme islamiste en passant par les artistes radicaux, le sociologue GĂ©rald Bronner nous livre une analyse fine et dĂ©complexĂ©e du cheminement vers la pensĂ©e extrĂȘme. AprĂšs les attentats qui ont marquĂ© l’annĂ©e 2015, nombreux sont ceux Ă  s’ĂȘtre exclamĂ©s que nous vivions dans un monde de fous ». Pourtant, pour le sociologue GĂ©rald Bronner, les terroristes islamistes – et les extrĂ©mistes en gĂ©nĂ©ral – ne sont ni fous, ni dĂ©socialisĂ©s, ni mĂȘme idiots ». Dans son livre La pensĂ©e extrĂȘme. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques rééditĂ© en janvier 2016, il fait le pari audacieux de casser les stĂ©rĂ©otypes sur les fanatiques. Tout en critiquant les interprĂ©tations pseudo sociologiques » de l’extrĂ©misme, qui le cantonnent Ă  des dĂ©terminants sociologiques et Ă©conomiques en oubliant son caractĂšre Ă©minemment idĂ©ologique, GĂ©rald Bronner rappelle que le fanatisme ne se limite pas Ă  l’islamisme. La pensĂ©e extrĂȘme peut autant ĂȘtre exprimĂ©e par un jeune peintre japonais, qui s’est jetĂ© du haut d’un immeuble en 1959 pour s’écraser sur une toile posĂ©e sur la chaussĂ©e, que par des groupes sectaires. Les adeptes de la secte amĂ©ricaine Heaven’s Gate sont ainsi allĂ©s jusqu’à s’empoisonner, en 1997, pour rejoindre les extraterrestres qui les attendaient prĂ©tendument aprĂšs la mort. Mais, alors qu’ il n’y a pas de diffĂ©rence de nature entre la pensĂ©e de l’extrĂ©miste et celle de l’homme ordinaire » selon Bronner, comment peut-on devenir fanatique ? Les extrĂ©mistes, ni incultes ni pauvres En 2015, l’anthropologue Scott Atran expliquait au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies que ceux qui rejoignent Al-QaĂŻda ou Daesh s’inscrivent dans une catĂ©gorie que les sociologues appellent la distribution normale’ en termes de caractĂ©ristiques psychologiques comme l’empathie, la compassion ou l’idĂ©alisme, et qui veulent principalement aider, plutĂŽt que faire du mal ». Loin d’ĂȘtre socialement isolĂ©s, les adeptes des groupes sectaires seraient plutĂŽt intellectuellement et moralement Ă©quilibrĂ©s ». Aussi, la plupart des extrĂ©mistes islamistes d’Al-QaĂŻda ne seraient pas issus des classes populaires, selon les Ă©tudes du professeur Marc Sageman. Mohammed Atta, l’un des kamikazes du 11 septembre qui a visĂ© le World Trade Center, Ă©tait d’ailleurs doctorant. En rĂ©alitĂ©, les esprits cultivĂ©s et instruits sont davantage disposĂ©s Ă  ĂȘtre sĂ©duits par des croyances extrĂȘmes, assure GĂ©rald Bronner. Enclins Ă  remettre en question les opinions officielles, ils sont emprunts d’un esprit critique crucial dans le chemin vers la pensĂ©e extrĂȘme. Les individus diplĂŽmĂ©s sont en outre capables de comprendre les arguments subtils et techniques des groupes sectaires, qui peuvent mĂ©langer dans leur doctrine rĂ©fĂ©rences Ă  des textes sacrĂ©s et mentions pseudo-scientifiques. Les extrĂ©mistes restent des hommes douĂ©s de raison » MĂȘme si nous aimons nous protĂ©ger derriĂšre l’idĂ©e que les extrĂ©mistes sont irrationnels, ces derniers sont loin d’ĂȘtre incohĂ©rents. L’adhĂ©sion Ă  une pensĂ©e extrĂȘme, souvent invisible et progressive, ne conduit pas les futurs fanatiques Ă  s’abandonner soudainement et radicalement Ă  une croyance extrĂȘme. Les adeptes de sectes, comme ceux de la secte Heaven’s Gate, n’affirment pas du jour au lendemain qu’ils peuvent communiquer avec les extraterrestres. Plus insidieuses, les sectes cachent l’absurditĂ© de leur doctrine au futur adhĂ©rent. Au dĂ©part, il est plutĂŽt invitĂ© Ă  participer Ă  des activitĂ©s sans lien avec tout dogme spirituel, comme des cours de yoga, ou bien d’anglais dans le cas de l’église de la scientologie. Chaque moment de l’adhĂ©sion Ă  la croyance sectaire peut ĂȘtre considĂ©rĂ©, dans son contexte, comme raisonnable, mĂȘme si l’observateur, qui ne juge que la croyance toute faite, peut lĂ©gitimement dire qu’elle est grotesque » soutient GĂ©rald Bronner. En effet, un ancien adepte d’une secte expliquait au sociologue qu’ au dĂ©but [de l’adhĂ©sion Ă  la secte], on dĂ©marre avec des idĂ©es simples, Ă©videntes, que tout le monde peut admettre ». A la recherche d’une nouvelle identitĂ© Pour GĂ©rald Bronner, l’extrĂ©miste est extrĂȘmement cohĂ©rent. Il croit de façon inconditionnelle Ă  sa croyance extrĂȘme, souvent simpliste mais seule et unique vecteur de sa vision du monde. Contrairement Ă  Madame et Monsieur-tout-le-monde, le fanatique ne veut accepter aucun compromis avec sa croyance, sinon elle ne serait pas vue comme vĂ©ritable ou sincĂšre. En ce sens, le fanatique est plus rationnel que l’homme ordinaire ». Parfois Ă  la recherche d’une identitĂ© sociale forte, porteuse de sens et de gloire dans un monde terne » selon Scott Atran, le futur extrĂ©miste vit son adhĂ©sion Ă  une croyance extrĂȘme comme un nouveau dĂ©part. C’est pour lui un moyen de se construire une nouvelle identitĂ©, d’avoir une deuxiĂšme chance. A l’image des fanatiques islamistes, la frustration peut ainsi susciter une vocation pour la radicalitĂ©. En se rattachant Ă  la famille » imaginaire des musulmans prĂ©tendument opprimĂ©s par l’Occident avec la colonisation et l’esclavage, puis maintenant avec les frappes contre Daech en Irak et en Syrie, les fanatiques islamistes sont convaincus qu’ils ont une revanche Ă  prendre. InspirĂ©s par une rhĂ©torique conspirationniste, ils n’hĂ©sitent pas Ă  dĂ©clarer que le monde occidental a toujours complotĂ© contre le monde musulman – complot soi-disant exacerbĂ© avec la crĂ©ation d’IsraĂ«l. La pensĂ©e extrĂȘme, un mal de la modernitĂ© ? Souvent mĂ»s par un dĂ©sir de notoriĂ©tĂ©, les extrĂ©mistes peuvent troquer leur sentiment de dĂ©classement contre la conviction d’avoir Ă©tĂ© Ă©lu pour accomplir de grandes choses ». Selon GĂ©rald Bronner, ils pourraient ĂȘtre symptomatiques du mal de nos sociĂ©tĂ©s modernes, qui permettent Ă  chacun de croire Ă  un destin hors du commun. En reposant sur le mĂ©rite et l’égalitĂ© pour tous, nos dĂ©mocraties prĂ©tendent que tout le monde a sa chance et renforcent les aspirations de chacun. Pourtant, les places au sommet et Ă  l’élite de la sociĂ©tĂ© n’augmentent pas. Notre Ă©poque crĂ©e irrĂ©mĂ©diablement des déçus d’un monde matĂ©riel dont certains extrĂ©mistes avaient tant espĂ©rĂ©, et qu’ils prĂ©fĂšrent dĂ©sormais mĂ©priser. Les professeurs Fournier et Monroy, auteurs d’un livre sur La dĂ©rive sectaire, assuraient que les gourous [de sectes] incarnent la rĂ©volte fondamentale contre le sort qui nous est rĂ©servĂ© ». Avant d’ĂȘtre gourous, quelques uns avaient espĂ©rĂ© rĂ©ussir dans d’autres domaines. Alors que le fondateur de l’église de la scientologie Lafayette Ronald Hubbard avait d’abord entamĂ© une carriĂšre d’écrivain, le leader de la secte des Davidiens David Koresh a eu une carriĂšre manquĂ©e d’acteur et de rockstar. Quant Ă  l’extrĂ©miste islamiste Mehdi Nemmouche, auteur des attentats du musĂ©e juif de Bruxelles en mai 2014, il disait rĂȘver de passer dans l’émission de France 2 Faites entrer l’accusĂ© », selon son ancien prisonnier Nicolas HĂ©nin, retenu comme otage par Daesh pendant dix mois. L’extrĂ©miste adhĂšre encore Ă  un systĂšme de valeurs Pour autant, malgrĂ© leurs croyances extrĂȘmes, les valeurs de l’homme ordinaire n’ont pas disparu de l’esprit de l’extrĂ©miste le plus sanguinaire sinon, comment certains pourraient se repentir ? », explique GĂ©rald Bronner. Au contraire, l’extrĂ©miste ne mĂ©connaĂźt pas le mal. Il s’autorise Ă  enfreindre des rĂšgles morales au nom d’injustices auxquelles il est davantage sensible. Il peut donc dĂ©roger sans hĂ©sitation une valeur Ă  laquelle il adhĂšre par ailleurs. » L’anthropologue Scott Atran confirmait ces propos, en assurant que dĂšs lors que l’on est convaincu [du bien-fondĂ©] d’une mission, la violence ne constitue plus un obstacle. Au contraire, elle devient sublime et valorisante. [
] Être prĂȘt Ă  mourir pour tuer d’autres personnes demande une foi profonde dans la moralitĂ© de ses actions. » La terreur peut ainsi devenir une arme des crises politiques », considĂ©rĂ©e comme plus efficace et utilisĂ©e autant lors de la rĂ©volution française que par les extrĂ©mistes anarchistes. Bien avant les fanatiques islamistes, certains anarchistes ont en effet dĂ©cidĂ© de s’en prendre aveuglĂ©ment Ă  la foule, comme Emile Henry lors de l’attentat du cafĂ© Terminus en 1894. L’extrĂ©miste est bien plus conformiste que l’homme ordinaire » Mais, mĂȘme si la pensĂ©e extrĂȘme peut ĂȘtre justifiĂ©e par les fanatisques en invoquant leur soif de combattre des prĂ©tendues injustices, comment une croyance aussi inconditionnelle peut-elle perdurer ? Au vu des sacrifices importants qu’elle implique l’extrĂ©miste s’auto-exclut de son ancienne vie sociale et dĂ©roge Ă  son systĂšme de valeurs, ce dernier a constamment besoin de justifier son adhĂ©sion, et ses doutes sont une menace perpĂ©tuelle Ă  la survie de sa croyance. En penchant souvent pour une vie communautaire presque indispensable Ă  la pĂ©rennitĂ© d’une croyance telle, il ne peut que difficilement ĂȘtre influencĂ© par des idĂ©es extĂ©rieures. D’autant que le fanatique peut avoir adhĂ©rĂ© Ă  la croyance extrĂȘme par l’intermĂ©diaire de sa famille ou de ses amis. En effet, les cellules terroristes » islamistes sont loin d’ĂȘtre des groupes ultra structurĂ©s autour d’un leader charismatique. Au contraire, il s’agit le plus souvent de groupes d’amis qui se sont radicalisĂ©s ensemble », soutient GĂ©rald Bronner. A ce titre, le sociologue Marc Sageman a montrĂ© dans une Ă©tude de 2004 que 70 % des individus ayant rejoint al-QaĂŻda l’avaient fait sur la base d’une relation amicale, Ă  l’image des membres de la cellule islamiste de Lunel, qui se sont connus au collĂšge et jouaient au basket ensemble. Mais, depuis 2004 et le terrorisme islamiste d’al-QaĂŻda, la menace a changĂ© de nature. DĂ©sormais, l’organisation Etat islamique s’est imposĂ©e, et est le symbole des possibilitĂ©s dĂ©cuplĂ©es qu’offre Internet. En crĂ©ant des communautĂ©s virtuelles happant ceux qui s’intĂ©ressent aux idĂ©es de Daesh, Internet constitue un moyen inĂ©dit de sensibiliser de nombreux individus aux idĂ©es radicales. Aujourd’hui, avec la toile, chacun peut Ă©chapper au contrĂŽle social exercĂ© par ses proches, et dĂ©couvrir facilement des idĂ©es pourtant peu rĂ©pandues dans l’espace social, comme des pensĂ©es extrĂȘmes. GĂ©rald Bronner, La pensĂ©e extrĂȘme. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques, Puf, 2016. iKCDMjx.
  • a09e9q9ht6.pages.dev/104
  • a09e9q9ht6.pages.dev/218
  • a09e9q9ht6.pages.dev/539
  • a09e9q9ht6.pages.dev/191
  • a09e9q9ht6.pages.dev/292
  • a09e9q9ht6.pages.dev/424
  • a09e9q9ht6.pages.dev/157
  • a09e9q9ht6.pages.dev/315
  • Ă©crivain critiquant la sociĂ©tĂ© et les hommes